La mairie du 20e présente une exposition de la photographe Claudine Doury au pavillon Carré de Baudouin, en partenariat avec l’agence VU’ et l’association Paris Culture 20e. Cette exposition rassemble plusieurs séries de photographies sur le thème de l’enfance et de l’adolescence : Shasha (2007-2010) et Les princes charmants, Artek – un été en Crimée (1999-2003) et Loulan Beauty (2002-2005).

Cet événement s’accompagne de rencontres avec l’artiste ainsi que de projections de films qui ont inspiré la photographe dans son travail.
La photographe Claudine Doury
Basée à Paris, Claudine Doury mène depuis des années des projets de grande envergure. Elle a reçu le prix Leica Oscar Barnack en 1999 et un World Press Award la même année pour sa série « Peuples de Sibérie » qui a donné lieu à la publication de sa première monographie (éditions du Seuil). En 2004, elle obtient le prix Niépce pour l’ensemble de son travail et publie « Artek, un été en Crimée » (éditions de la Martinière). Trois ans plus tard, c’est sa série « Loulan Beauty », prolongement de ses premiers voyages entre la Russie et l’Asie Centrale, qui fait l’objet d’un livre (éditions du Chêne).
Si Claudine Doury est issue de la photographie de presse, elle se consacre désormais davantage à des projets plus personnels, notamment celui de l’adolescence, thématique centrale de son travail. Sa dernière série, Sasha, poursuit cette exploration de l’adolescence et fera l’objet d’un livre à l’automne prochain (éditions Le Caillou bleu).
Membre de l’Agence Vu, elle est aussi représentée par la Galerie Camera Obscura et la Galerie Particulière à Paris.
Les œuvres présentées au pavillon Carré de Baudouin
Sasha (2007-2010) et Les princes charmants
Claudine Doury réunit ici deux séries distinctes, Sasha et Les princes charmants, en s’attachant à dévoiler les mécanismes de l’adolescence de différentes manières.
Dans la série Sasha, réalisée sur trois ans, la photographe capture le glissement d’une jeune fille de l’enfance à l’âge adulte, questionnant la construction de la personnalité à travers les jeux secrets, les rites intimes, les peurs et les rêves de l’adolescence.
La série Les princes charmants (travail en cours) est davantage une exploration de l’identité masculine et questionne la relation fille-garçon.
Associer ces deux séries met en scène, le temps de l’exposition au pavillon Carré de Baudouin, ce duel intime où la fille, à peine femme, doit faire face au garçon tout juste homme.

Artek, un été en Crimée (1999-2003)
« C’est une fiction qui dure depuis trois quarts de siècle, à la fois grandiose et dérisoire, sublime et cauchemardesque, et qui invente, par-delà l’histoire, son propre temps, ses propres règles, ses rites et ses rêves. Un lieu parfait, donc, pour que s’exprime l’intensité des émotions adolescentes des jeunes gens et des jeunes filles auxquels Artek est dévolu…
C’est là que tout a commencé en 1925, avec la création de la République des Pionniers. A la fragilité des tentes du début ont succédé des constructions en dur, des installations confortables, de cantines en dortoirs, de gymnases en belles salles de spectacle. Aux milliers d’enfants méritants ont succédé les rejetons de la nouvelle classe dirigeante, celle de l’argent roi et des enrichissements contestables.
Mais Artek reste un îlot hors du temps où une forme singulière de « communisme libéral » s’est mise en place, où l’on achète à prix fort un bonheur factice pour des enfants qui, le temps d’un été, pourront vivre à la fois hors du temps réel et se plonger dans un passé qu’ils n’ont pas connu et qui projetait pour eux un monde idéal.
Artek installe des adolescents dans un espace, dans un temps et dans des fonctionnements qui les détachent du réel, ils s’y échappent de la contingence pour laisser s’exprimer leurs doutes, leur identité, leurs contradictions et leurs désirs. » Christian Caujolle (extrait de la préface de Artek, éditions de la Martinière)

Loulan Beauty (2002-2005)
« C’est l’histoire d’une lente disparition, dans les sables et dans le temps, la fin d’un monde, un voyage dans l’Asie Centrale post-soviétique et le xinjiang chinois.
J’avais lu Djamila du poète Kirghiz Tchinguiz Aïtmatov, et je rêvais aux kolkhozes perdus dans la steppe et à ses peuples, ouzbeks, kazakhs, kirghiz, karakalpaks…
De 2002 à 2005, j’ai pu me rendre dans la région de l’Aral au Kazakhstan, en Ouzbékistan, au Xinjiang et sur les rives de l’Issyk koul au Kirghizstan.
Loulan beauty témoigne de ces hommes du milieu des mondes, héritiers de royaumes engloutis, des pêcheurs sans mer, des enfants qui dansent pour faire revenir leurs parents partis travailler au loin, de Lola qui rêve d’Amérique, des hommes qui écoutent les sables chanter, et des filles aux mille nattes, les mêmes que celles, retrouvées sur Loulan, leur ancêtre de quatre mille ans. » Claudine Doury
Autour de l’exposition
Ces événements ont lieu au pavillon Carré de Baudouin. L’entrée est libre dans la limite des places disponibles.
Visites et rencontres avec la photographe
Des visites guidées de l’exposition et des rencontres avec Claudine Doury sont organisées les :
samedi 22 octobre 2011 à partir de 15h
samedi 12 novembre 2011 à partir de 15h
Projection en continu : La peur du loup de Claudine Natkin (2006, France, 2006, 6’49).
A l’occasion des 20 ans de l’agence VU’ et de la Fémis, la réalisatrice Claudine Natkin, passionnée tout comme Claudine Doury par les thématiques de l’enfance et de l’adolescence, a choisi de suivre avec la photographe les déambulations de Louise, une enfant de 10 ans dans les jardins et les cours d’école de Paris, lieux où les enfants réinventent sans cesse les jeux merveilleux d’un monde secret dont ils sont seuls les gardiens.
Projections de films
Claudine Doury a sélectionné quelques films qui ont été pour elle des sources d’inspiration et des repères tout au long de son travail photographique : des films russes, soviétiques, kirghizes, et d’autres traversant l’adolescence de l’âme soeur aux rêves dansants.
Vendredi 30 septembre 2011 à 19h : L’âme sœur de Fredi M. Mürer (Suisse, 1985, 2h)
Vendredi 7 octobre 2011 à 19h : Le fils adoptif d’Aktan Abdykalykov (Kirghizistan-France, 1998, 1h21)
Samedi 29 octobre 2011 à 15h : Le miroir d’Andreï Tarkovski (Russie, 1974, 1h45). (sous réserve)
Samedi 5 novembre 2011 à 15h : Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann (Allemagne, 2010, 1h29)
Vendredi 18 novembre 2011 à 19h : Virgin Suicides de Sofia Coppola (États-Unis, 1999, 1h36)
Claudine Doury - Photographies
Du 23 septembre au 26 novembre 2011
Au Pavillon Carré de Baudouin - 121 rue de Ménilmontant - 75020 Paris
Accès : Métro Gambetta (L3)
Bus lignes 96 et 26, arrêt Pyrénées ou Ménilmontant
Tél : 01 58 53 55 40
Horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 11h à 18h.
Fermé les jours fériés.
Entrée libre.
