Aller au contenu | Aller au menu

859 visites sur cet article

De l’École municipale… au lycée Diderot

JPEG - 171.1 ko

L’atelier de serrurerie.


"L’École municipale d’APPRENTIS de la ville de Paris, dont le Monde Illustré s’est occupé dans les premiers mois de 1873, était alors à ses débuts, car sa fondation ne date que du mois de janvier de la même année. Il n’y a donc guère aujourd’hui qu’un an et demi qu’elle est ouverte. [1] ; et les services qu’elle a déjà rendus sont l ’heureux présage de ceux qu’elle doit rendre par la suite.

Organisée avec des visées moins élevées, mais non moins profitables, sur le plan des écoles nationales d’arts et métiers, elle a pour but de former, non comme celles-ci, des chefs d’atelier, mais des ouvriers instruits et habiles dans l’ensemble du travail de leur état. L’enseignement y est entièrement gratuit.

L’école ne reçoit que des enfants âgés de treize à seize ans qui se présentent munis du certificat d’études, ou qui passent avec succès un examen témoignant qu’ils possèdent les connaissances qui peuvent être acquises aux écoles primaires. Les élèves, tous externes, sont admis pour trois années, pendant lesquelles leur temps de séjour à l’école se partage entre la classe qui occupe les heures de la matinée, et l’atelier où ils passent l’après-midi.

Le programme de l’enseignement comprend des notions plus ou moins étendues de langue française, de langue anglaise, de mathématiques, de chimie, physique, mécanique, technologie, d’histoire et de géographie, de dessin et de droit usuel. A l’atelier, sous la direction d’habiles praticiens, ils sont graduellement formés à tout ce qui concerne le travail du bois et du fer en général, et c’est vraiment plaisir de voir cette jeune et très active légion donner le spectacle de l’adresse, de l’habileté précoce.

L’école qui s’ouvrit avec dix-sept élèves, en janvier 1873, en comptait cent vingt à la rentrée de 1874, et tout porte à croire que ce personnel s’élèvera l’an prochain à deux cents.

Il y a à l’école quatre forges journellement allumées et dont l’installation est due en grande partie au travail des élèves eux-mêmes.

Huit tours à métaux mus par la vapeur donnent à l’atelier du fer un cachet d’importance qui lui permet d’aborder déjà certains travaux d’ajustage très délicats que de grands industriels confient à l’école et de l’exécution desquels ils se montrent très satisfaits.

JPEG - 136.7 ko

Dans l’atelier du bois, où quatre tours sont en mouvement, se confectionnent des tableaux noirs, des meubles, des bancs, pour le matériel scolaire de la ville, ainsi que des modèles de fonderie.

Il y a l’atelier spécial de sculpture, où nous avons vu entre autres objets encore en main, certain dessus de table en vieux chêne, qui sera certainement une pièce des mieux réussies.

Au résumé, un plan d’études intellectuelles bien méthodiques, une succession d’exercices manuels bien gradués, bien ordonnés constituent l’ensemble d’un enseignement théorique et pratique qui doit désormais donner chaque année à notre industrie un groupe d’artisans à la fois munis d’un fonds solide d’instruction et formés aux meilleurs principes professionnels. Rien de plus vivant, rien de plus gaiement sérieux que cette jeune ruche en activité. Là, tout bruit, tout s’agite, tout est heureux dans le travail et par le travail.

Nous avons autrefois applaudi à l’idée de cette fondation d’une indéniable utilité i nous sommes heureux de constater aujourd’hui que les résultats obtenus en ont pleinement consacré l’existence.

L’école municipale de la ville de Paris est et restera certainement une de nos institutions les plus populaires."


Signé E.M. 

Extrait du journal hebdomadaire "LE MONDE ILLUSTRÉ" (lire Illustré) 18e année N° 904 du 8 août 1874. Bureaux 13, quai Voltaire. Directeur M. Paul DALLOZ - Dessins M. GASTL.


Et maintenant…

JPEG - 59.9 koLe lycée Diderot n’a pas toujours été dans le quartier Danube. Sa 1re rentrée date de septembre 95.

Il en a fallu des manifestations, des grèves et des pétitions pour y arriver. Elles ont véritablement débuté en 1979. Il a même fallu une pétition, unanimement signée par toute la communauté scolaire, pour déménager avec la gardienne, Madame Marin.

Et lors de l’inauguration officielle en décembre 95, Michel Giraud, alors président de la Région Ile-de-France, était très fier de sa procédure des marchés publics et très agressif contre ceux qui esquissaient une critique !

Quant au 60 boulevard de la Villette ? Quelques mois après le déménagement, les locaux ont été occupés par des artistes. Détournement sympathique des lieux, alors que les locaux manquent cruellement à Paris… Mais, il faut aussi des règles, une utilisation responsable des lieux et un respect du voisinage. Cet espace éphémère a duré 18 mois. Comment faire pour que cette durée, pour d’autres lieux, ne soit pas une fatalité ?

JPEG - 40.8 koD’abord école municipale, Diderot est devenu lycée d’état en 1973, puis régional avec la loi de régionalisation. Le 60 boulevard de la Villette devrait, après reconstruction des bâtiments et rénovation de la façade, accueillir l’Ecole d’architecture de la rue Rébéval

Opération de 220 millions de Francs, la reconstruction de Diderot était devenue incontournable. Le "bateau" s’intègre bien dans le quartier. De nouveaux équipements ont permis d’accentuer la qualité de l’enseignement.

Pour autant, deux erreurs importantes de conception sont à noter : l’absence d’équipements sportifs et l’absence de lieux pour les élèves hors des cours, excepté une petite cafétéria. L’aménagement du terrain libre de l’ancien hôpital Hérold pourrait permettre de les corriger avec d’autres équipements collectifs pour les habitants et les jeunes du quartier.


Joel Houzet

Lycée technologique Diderot
61, rue David d’Angers Paris 75019


Diderot en quelques mots :

De la seconde au bac, puis au BTS et même au-delà … ainsi qu’un centre de formation continu GRETA appelé GITA.
950 élèves, 140 professeurs, 30 personnels non-enseignants, 200 stagiaires. 5 bacs : scientifique, génie mécanique productique et micromécanique, génie électrique électronique et électrotechnique.
8 BTS : productique, micromécanique, conception des produits industrialisés, mécanique et automatisme industriels, électronique, électrotechnique, informatique industrielle, traitements des matériaux.
Classe préparatoire aux grandes écoles pour les élèves titulaires d’un BTS.



Article mis en ligne en 2010 par Mr Antoine Seck, collaborateur à La Ville des Gens. Actualisé en février 2014.

Quartiers Libres, le canard de Belleville et du 19ème (1978-2006) numérisé sur le site internet La Ville des Gens depuis 2009.

Consultez les archives et les nouveaux articles jamais parus dans la version papier de Quartiers Libres numérique

Toute utilisation en dehors du cadre privé ou scolaire doit faire l’objet d’une demande auprès de l’association Quartiers Libres et/ou de la Ville des Gens

Quartiers Libres - Contact et renseignements :

Michel Fabreguet et Richard Denis :quartierslibr1 chez gmail.com

La Ville des Gens - Salvatore Ursini

Rédacteur – Chargé des relations avec les publics

Téléphone 01 77 35 80 88 / Fax 01 40 36 81 57

Nous contacter

Consultez nos archives sur :
Quartiers Libres Numérique sur la Ville des Gens

[160, boulevard de la Villette 19e

Partagez cet article :


Réactions
modération a priori

A cause du SPAM ce forum est modéré :

- Votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.
- l'insertion de code, ou la mise en forme de votre texte est désactivée
- les commentaires comportant des liens sont supprimés.

Si vous souhaitez faire connaitre votre activité, contactez nous plutôt que de poster un commentaire, ce sera beaucoup plus valorisant et efficace pour votre activité.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Thematiques Quartiers Libres par Thèmes
Archives des numéros