Les travestis vont se raser
Les strip-teaseuses sont rhabillées
Les traversins sont écrasés
Les amoureux sont fatigués
Cette chanson, qui fut l’un des tubes de mai 68, reste comme l’une des plus belles descriptions de Paris au petit matin. Le quartier de La Villette est seulement cité une fois au détour d’un couplet, parmi d’autres lieux typiques de la Capitale. A noter que cette chanson a connu une version « révolutionnaire », interprétée par Vanessa Hachloum, qui se termine ainsi : « Il est cinq heures, le nouveau monde s’éveille / Il est cinq heures, et nous n’aurons jamais sommeil... »

- Jacques Dutronc, 1968
- © Vogue
Je suis le dauphin de la place Dauphine
Et la place Blanche a mauvaise mine
Les camions sont pleins de lait
Les balayeurs sont pleins de balais
Il est cinq heures, Paris s’éveille,
Paris s’éveille...
Les travestis vont se raser
Les strip-teaseuses sont rhabillées
Les traversins sont écrasés
Les amoureux sont fatigués
Le café est dans les tasses
Les cafés nettoient leurs glaces
Et sur le boulevard Montparnasse
La gare n’est plus qu’une carcasse
Il est cinq heures, Paris s’éveille,
Paris s’éveille...
Les banlieusards sont dans les gares
A la Villette on tranche le lard
Paris-by-night regagne les cars
Les boulangers font des bâtards
Il est cinq heures, Paris s’éveille,
Paris s’éveille...
La Tour Eiffel a froid aux pieds
L’Arc de Triomphe est ranimé
Et l’Obélisque est bien dressé
Entre la nuit et la journée
Il est cinq heures, Paris s’éveille,
Paris s’éveille...
Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C’est l’heure où je vais me coucher
Il est cinq heures, Paris se lève
Il est cinq heures, je n’ai pas sommeil.
