Symbole d’un Montmartre vivant, joyeux et festif, haut-lieu des noctambules parisiens, cette collection d’affiches de Jules Chéret, artiste qui donna ses lettres de noblesse à cet art coloré, est présentée au « Musée de Montmartre ».

À la fin du XIXeme et au début du XXeme siècle, on assiste à l’explosion artistique de la Butte Montmartre : de nouveaux lieux de divertissements se multiplient, où toutes classes sociales viennent se côtoyer. Cabarets, théâtres, cirques…, tous ont recours à la publicité naissante et le développement de l’affichage en ville s’accélère. C’est l’époque à laquelle Jules Chéret se passionne pour la lithographie et offre aux grands établissements montmartrois leurs lettres de noblesse.
Lithographie
Jusqu’au XVIIIème siècle, les procédés techniques utilisés par les imprimeurs
pour reproduire les images sont lents et difficiles à mettre en œuvre. C’est avec la lithographie, inventée en 1796, que le procédé devient rapide. Au début du XIXème siècle son développement permet celui de l’art affiche.
Le succès de la lithographie tient à sa facilité, comparativement aux techniques de la gravure qu’on n’acquiert qu’après un long apprentissage. Meilleur marché que la peinture, elle sert également aux reproductions d’œuvres peintes, aussi bien qu’aux créations originales, qui intéressent plus particulièrement des artistes comme Chéret ou Toulouse-Lautrec.
Jules Chéret et sa « Chérette »
Réputé pour sa maîtrise de l’esquisse de mémoire et son art du mouvement, Jules Chéret ouvre, en 1866, son atelier de lithographie à Paris. Il y réalise des centaines d’affiches. À la suite d’une exposition de ses œuvres en 1889, il obtient la médaille d’or de l’Exposition universelle.

Chéret donne ses lettres de noblesse à cet art coloré, chargé de figures
féminines vives et gaies : la « Chérette ». Le mouvement est palpable et la couleur omniprésente pour valoriser l’image de cette jeune femme insouciante,
symbole du rythme de vie effréné des cabarets du quartier de Montmartre.
Les créations de Jules Chéret sont joyeuses et ses techniques variées. Son
œuvre lithographique constitue une riche collection, témoignage émouvant des
différents lieux, souvent mondains, de l’époque.
Si Chéret est celui qui va perfectionner le style et la technique, c’est entre les mains de Toulouse-Lautrec, à la fin du XIXème siècle, que la lithographie devient une « rivale » de la peinture à l’huile.

Chéret est l’une des figures centrales de la culture visuelle européenne au tournant des XXeme et XXeme siècles et, avec Toulouse-Lautrec et Steinlen, sans nul doute l’un des plus brillants dessinateurs de son temps.
Ses œuvres représentent aujourd’hui le symbole de ce Montmartre vivant, joyeux et festif et témoignent d’une époque tournée vers la recherche du plaisir, une quête largement évoquée, reprise ou suscitée par des affiches publicitaires de toutes sortes. . Elles sont à l’image de Montmartre et de ses
grands établissements : décadentes, joyeuses et hautes en couleurs. Elles sont
un reflet de la renommée du quartier et de ses si particuliers habitants de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.
Iconographie : Jules Chéret, Affiches lithographiques originales, Collection Musée
Cette exposition est organisée en parallèle à l’exposition « La Belle Époque de Jules Chéret. De l’affiche au décor » au Musée des Arts Décoratifs de Paris.
« Jules Chéret, bals & cabarets »
Exposition permanente
Du mardi au dimanche, de 11h00 à 18h00
(Fermé le 1er janvier et le 25 décembre)
Tarifs du Musée (avec audioguide) :
Plein tarif 8 € - Tarif réduit 6 € - Tarif groupe 6 €
Étudiants 4 € - Enfant (jusqu’à 12 ans) Gratuit
Tél : 01 49 25 89 39
Fax : 01 46 06 30 75
Site : Le Musée de Montmartre
