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Portraits de résistants

Le colonel FABIEN

Le Colonel Fabien, de son vrai nom Pierre Georges, est né le 21 janvier 1919 à Paris dans le 19ème arrondissement. Il habitait au 100 Boulevard se la Villette, immeuble sur lequel est aujourd’hui apposée une plaque évoquant sa mort sur le Front d’Alsace, à Habsheim près de Mulhouse, le 27 décembre 1944.

Pierre Georges commence à travailler très jeune, tout d’abord comme apprenti boulanger.

Il deviendra plus tard ouvrier ajusteur dans la métallurgie. Pierre Georges, Jeune communiste engagé très tôt dans l’action contre le fascisme, s’engage en 1936 à 17 ans dans les Brigades Internationales pour combattre aux côtés des républicains espagnols après le coup de force du général Franco. Dès l’occupation allemande, Pierre Georges participe à la réorganisation des groupes clandestins des jeunes communistes dans le 19è arrondissement, et en 1941, il devient l’adjoint du colonel Albert Ouzoulias, chef des Bataillons de la jeunesse, au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Il réalise lui-même ce qui est considéré comme le premier attentat meurtrier contre les troupes d’occupation, en abattant le 21 août 1941 un militaire de la Kriegsmarine, l’aspirant Moser, au métro Barbès-Rochechouart. (Une plaque commémore aujourd’hui cet acte de résistance sur l’un des quais de cette station). Cet attentat est aussi un acte de représailles à la suite de l’arrestation lors d’une manifestation de rue au métro Strasbourg-St.-Denis, dans le 10è arrondissement, de deux jeunes résistants communistes, Samuel Tyszelman et Henri Gautherot et de leur exécution par les allemands, le 19 août dans les bois de Verrières.

Le 8 mars 1942, Pierre Georges part en Franche-Comté et met sur pied un des premiers maquis FTP sous le nom de guerre de « colonel Fabien ». Il est grièvement blessé à la tête le 25 octobre 1942.

La police française l’arrête à Paris, le 30 novembre 1942, et le livre aux allemands.

Il est interrogé et torturé, passe trois mois à la prison de Fresnes, est transféré à la prison de Dijon et s’évade finalement du fort de Romainville vers mai 1943. Il participe ensuite à l’organisation de maquis dans les Vosges, en Haute-Saône et dans le Nord.

En août 1944, il participe à la libération de Paris. Le colonel Fabien est désigné par Rol-Tanguy, pour assurer le commandement du secteur sud de Paris. Le 25 août, c’est lui qui se trouve à la tête d’un groupe de 400 FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) avec l’appui des chars d’avant-garde de la 2è DB du général Leclerc, pour prendre d’assaut le palais du Luxembourg où se trouve l’Etat-major de l’armée allemande.

Paris libéré, le colonel Fabien rassemble quelques centaines de combattants au sein d’une brigade, la « brigade de Paris », pour continuer la lutte contre l’armée allemande avec les forces françaises et alliées.

Cette « brigade de Paris » appelé aussi « colonne Fabien », grossie de centaines de nouveaux volontaires, deviendra le 151é régiment d’infanterie rattaché à la 1ère armée du général De Lattre sur le front d’Alsace, et puis en Allemagne.

Le 27 décembre 1944, le colonel Fabien est tué par l’explosion d’une mine qu’il était en train d’examiner.

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NOTES :

• Andrée Georges, la femme du colonel Fabien, arrêtée en même temps que son mari, a connu la déportation en 1943 aux camps de Ravensbrück et de Mathausen. Elle fut libérée et revint en France en mai 1945, quelques mois après la mort de son mari sur le front d’Alsace. Ils étaient parents d’une petite fille née en 1940. Andrée Georges est décédée le 5 février 2006.

• Le père du colonel Fabien et son beau-frère Scordia ont été fusillés comme otages le 11 août 1942

• Pierre Durand, l’adjoint du colonel Fabien pour le commandement en Franche-Comté fut arrêté en janvier 1944. Dans ses mémoires il écrit : « Amené dans les locaux de la Feld Gendarmerie, j’aperçu une affiche exposant le portrait de Fabien avec la mention suivante : « Recherché, très dangereux, à abattre sans sommation ».

• Le colonel Fabien, sera longtemps hébergé dans la cure de l’abbé Bouveresse à Montureux-les-Baulay près de Port d’Atelier. Quand il devait venir dans la région Parisienne où il était particulièrement recherché depuis le début de 1942, l’abbé Bouveresse lui prêtait sa soutane et son bréviaire.

Sur la fausse carte d’identité de Fabien on pouvait lire : profession prêtre, né le 22 février 1917 à Pont à Mousson, habitant Vesoul.

• Le colonel Fabien a été promu à titre posthume au grade de chevalier de la légion d’honneur.


Association Nationale des Anciens Combattants et Amis(es) de la Résistance - ANACR 19ème

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