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Les urgences de l’hôpital Robert Debré


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L’hôpital Roben Debré, hôpital pédiatrique le plus récent de l’Assistance publique de Paris, a été, dès son ouverture, l’objet d’une attraction liée à la multitude des spécialités pédiatriques, à la compétence de ses équipes de soins et de recherche, à la richesse de son plateau technique (laboratoire, service radiologique et d’explorations fonctionnelles).

L’impact de notre nouvel hôpital a conduit à des chiffres d’activité très supérieurs aux prévisions dans tous les secteurs : consultations, admissions, rapidité de la durée de séjour. Cette activité a surtout de très loin dépassé les prévisions dans le secteur Je plus souvent et disponible à l’environnement qu’est celui des urgences… Ainsi 100 à 140 enfants sont examinés par jour aux urgences de médecine et 60 à 80 aux urgences de chirurgie… (nombre Je plus élevé d’enfants examinés dans les urgences pédiatriques sur la totalité du territoire français). Un tel flux est rapidement apparu inadapté aux locaux et aux équipes médicales, chirurgicales et infirmières d’accueil, entraînant de trop longues attentes (3 à 4 heures en moyenne au cours de l’hiver) source du mécontentement de la plu pan des utilisateurs… et de très lourdes fatigues des équipes de soins.

Quelques précisions doivent être apportées pour commenter de telles difficultés et trouver une source de remèdes.

Qu’est-ce qu’une consultation d’urgence ?

1. Les urgences "vraies" concernent les enfants qui viennent pour une affection nécessitant des soins immédiats sous peine de conséquences graves pour leur santé voire leur vie… (détresses respiratoires, convulsions, diarrhées aigües avec déshydratation… ).

L’hôpital Robert Debré fait face à ces impératifs avec une équipe médicale, chirurgicale et infirmière formée à l’urgence et à la réanimation et des locaux spécialisés d’accueil (salle de déchoquage située au carrefour géographique du service de réanimation polyvalente, de la radiologie et du bloc opératoire). Ce dispositif est composé par un service mobile d’urgence (SMUR).

Un tel dispositif permet une sécurité optimale pour ces urgences vraies… qui ne représentent heureusement que 5 % des enfants examinés aux urgences de notre hôpital.

2. Les urgences "ressenties" concernent les enfants dont la vie n’est pas menacée mais qui sont amenés par leurs parents devant l’apparition ou l’aggravation récente de symptômes qui les inquiètent (par exemple une diarrhée aigüe, une fièvre supérieure à 41°, des cris laissant craindre des douleurs abdominales). Un tel groupe ne dépasse cependant pas 20 % des enfants examinés…

3. Les consultations… "aux urgences" sont des demandes de soins exprimées pour des enfants dont l’état de santé, de l’aveu même des parents, ne nécessite pas une visite médicale urgente, des symptômes étant anciens et non aggravées… Elles représentent 75 %de notre recrutement.

Ainsi, un quart seulement des enfant examinés aux urgences de notre hôpital justifie d’une consultation dans ce lieu.


Quelle est la "clientèle" des urgences de Roben Debré ?

(enquête département de Santé publique : avril 1989).

- des enfants très jeunes (moyenne d’âge 3 ans).

- des enfants amenés pour 75 %d’entre eux "spontanément" par leurs parents sans aucune consultation médicale antérieure.

- 10 % sont des utilisateurs exclusifs des urgences !

- les pathologies observées sont, pour la plupart, des rhinopharyngites… ou bronchites… "banales"…

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Mesures d’adaptation proposées à l’hôpital Robert Debré :

Face à une telle pression, l’Assistance Publique et les directions successives de notre hôpital ont, en inter-relation étroite avec la communauté médicale, dû réagir de façon rapide et adaptée.

1. Les locaux ont été agrandis et rendus plus fonctionnels (autonomisation de salles d’attente).

2. Les équipes médicales et infirmières ont été renforcées.

3. Les capacités d’accueil en pédiatrie générale (globalement réduite à Robert Debré) ont été rendues plus fonctionnelles par l’établissement de circuits courts d’orientation (hospitalisation brève reliée à l’urgence : lits d’urgence de nuit et plus récemment de jour) permettant une surveillance et des traitements inférieurs à douze heures : relais par une hospitalisation traditionnelle supérieure à vingt-quatre heures, en inter-relation étroite avec le service des urgences ; relais éventuel de ces hospitalisations prolongées par des hospitalisations de jour pour réduire globalement la durée de séjours des enfants).

Ainsi, la majorité des enfants examinés dans une structure d’accueil spécialisée d’enfants en détresse le sont pour des petites maladies. Ce nombre élevé, compte tenu du nombre de consultants, allonge désespérément les files d’attente et peut mettre en défaut la vigilance d’un tri d’accueil médical et infirmier qui est destiné à favoriser l’examen prioritaire des enfants relevant effectivement d’une telle structure de soins spécialisés.

Cependant, face à une augmentation croissante du nombre des malades examinés ( + 10 % par an) ces mesures pourront apparaître rapidement insuffisantes. D’autres mesures apparaissent-elles réalisables ? Il faut ici réfléchir sur le fait que 80 % de nos consultants devraient pouvoir bénéficier de consultations médicales habituelles dans d’autres lieux d’accueil. Qu’il nous soit permis de rappeler à cette occasion aux parents des enfants de notre environnement le conseil avisé qui consiste à consulter, si inquiétude, en premier lieu leur médecin traitant généraliste ou pédiatre, les centres de PMI ou les médecins consultants des consultations sur rendez-vous de notre hôpital. Ils auront pour la majorité de leur demande des consultations de qualité leur permettant une prise en charge rapide, confortable et efficace des maladies les plus habituelles de leurs enfants.

A nous, médecins d’urgences, de continuer notre tâche au profit prioritaire des enfants susceptibles de bénéficier de soins rapides et spécifiquement hospitaliers… Puisse l’année 1991 nous permettre avec vous de mieux réorienter notre mission dans l’intérêt privilégié de tous les enfants.


Pr. Antoine BOURRILLON, chef des urgences pédiatriques médicales du service de pédiatrie générale de l’hôpital Robert Debré.



Article mis en ligne en juillet 2015.

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