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Ruines amorales

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Paris donne l’exemple : cynisme et culture


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Photo : Dominique Chassaing.


Parmi les "priorités culturelles que s’est données la Ville de Paris pour 1991 avec "500 000,00 F…" et quelques autres opérations d’exception - il en est une dans le cadre de l’enseignement artistique, l’école municipale des Beaux-Arts, qui va naître sur des ruines particulièrement amorales.

Si l’incendie du 10 février 1990, qui a détruit complètement l’un des deux bâtiments des Magasins généraux du XIXe, n’avait pas eu lieu, il eût été nécessaire de l’inventer afin de pouvoir implanter, sur le site dégagé, cette future mais combien tardive école d’art ! Le problème, né de la destruction de ce bâtiment, mais qui n’en est pas un pour la Ville, est dû à l’existence d’une pléiade de créateurs et de petites entreprises innovantes qui doivent supporter, seuls, aujourd’hui, le prix d’une sinistre catastrophe et d’un cynisme municipal particulièrement éloquent. Dès le 13 février, délégués à l’une des premières assemblées générales, MM. Rabut et Riveron, sont intervenus spontanément pour affirmer, devant plus d’une centaine de personnes, l’intention de la Ville de reconstruire le 68 et d’y reloger ses occupants.

Dix mois plus tard , au cours d’une conférence de presse, le 13 décembre, Mme de Panafieu annonce la décision de la Ville de construire sur ce site l’école municipale des Beaux-Arts sans le moindre commentaire pour les sinistrés. Tant que ce quartier est resté à l’abandon, le mercantilisme boutiquier du concessionnaire et la grande tolérance de la Ville, quant aux contrôles et aux exigences qu’elle était en droit d’exercer·sur les travaux d’équipement et de sécurité qu’avait en charge le concessionnaire, ont fait bon ménage. Aujourd’hui, les boutiquiers ont cédé leur pas de porte aux managers de l’immobilier. Enfin disparues toutes traces du passé (ou presque… ), peut naître dans un contexte déjà sulfureux un nouveau quartier, bâti. Il n’est pas dans ce propos d’apprécier la justesse du choix des aménagements qui furent décidés pour ce quartier, mais de rappeler que certaines méthodes et agissements sont inacceptables.

Rappelons que la Ville de Paris a proposé à quelques artistes seulement des locaux précaires, souvent inadaptés, sans chercher à mettre sur pied une solution globale et cohérente. En dépit des promesses lénifiantes de ses représentants, la Ville n’a, dans ses projets, jamais réellement envisagé une réintégration des sinistrés dans les locaux reconstruits du 68.

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Sauf à proposer sans cohérence quelques locaux à certains sinistrés pendant quelques semaines après l’incendie, la Ville a immédiatement considéré l’affaire classée.

La quasi impossibilité d’établir un dialogue réel sur le devenir des lieux, sinon de nous faire savoir, sans autre explication au cours d’une entrevue, que le bâtiment reconstruit pourrait intégrer jusqu’à 50 % des occupants sinistrés. Information immédiatement infirmée par le responsable du projet de l’école d’art, pour qui il était impensable de partager les surfaces créées sur ce site.

Aujourd’hui des procédures judiciaires sont engagées par les sinistrés et l’association Quai de Seine / Quai de Loire. L’expert nommé auprès des tribunaux administratifs et de grande instance, M. Guéchot, doit remettre prochainement ses conclusions.

Il paraît donc très inconvenant de la pan de la Ville, de s’arroger le droit d’annoncer la construction d’une école municipale d’an sur un site pour lequel des décisions de justice doivent intervenir et qui porte toujours les stigmates des incompétences multiples dont il fut l’objet.

Nous disons que le choix de ce site pour l’implantation de l’école est ressenti par tous comme une provocation.

Nous sommes toujours dans un pays de droit et le "fait du prince" est d’un autre temps !


Association Quai de Seine / Quai de Loire
41 bis quai de la Loire - 75019 Paris



Article mis en ligne en juillet 2015.

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