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Visite gourmande à la cité des enfants


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Nous avons vu récemment que notre arrondissement, avec la Cité des Sciences, est riche en centres d’animation et de transmission du savoir. Afin d’éveiller aux merveilles des sciences et techniques une population juvénile avide de connaissances, les concepteurs de la Cité font appel, à la fois à l’esprit ludique de la jeunesse et à son intelligence.

La chose est si rare qu’elle mérite d’être signalée, en ces temps de communication démagogique racolant le plus grand nombre en flattant la curiosité la plus malsaine. Le citoyen ouvert prend sa progéniture par la main pour un parcours de "leçons de choses", comme on les aimait aux temps heureux de l’Instruction Publique, lorsque les instituteurs étaient considérés comme des maîtres, au sens compagnonnique du terme, transmetteurs du savoir plutôt qu’éducateurs et surveillants. Ils avaient à cœur de faire des "têtes bien faites, plus que des têtes bien pleines", pour que les futurs citoyens développent leur sens du devoir en pleine connaissance de leurs droits et responsabilités. "Être homme, c’est être responsable" Antoine de Saint-Exupéry.


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Le pèlerin humaniste sait que tout est relatif et que tout est limité. L’apprentissage de la sagesse débute tôt et dans un temps imparti d’une heure et trente minutes, les enfants de 2 à 5 ans, puis de 5 à 12 ans découvrent une science sans limite dans un espace et un temps restreints. Les endroits de cette nature qui ne prennent pas les enfants pour des niais sont si peu nombreux que le gourmet avide de connaissances pour sa progéniture conduit et reconduit ses "chères têtes blondes" sur des trajets pleins de surprises et d’enseignement. Les concepteurs font appel à l’intelligence et à la curiosité et ouvrent le dialogue entre les générations, obligeant les parents à se poser les vraies questions pour répondre aux multiples interrogations que ne manquent pas de susciter l’itinéraire à travers les techniques naturelles ou les mécaniques sorties de l’esprit pragmatique de l’homme de sciences au service de l’humanité. "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme". Le parcours des premières découvertes prend en compte l’intelligence enfantine et la met à l’épreuve de l’objet usuel, de l’animal commun, de la société en marche. L’éducation du bon goût commence par la dégustation du bon pain, croustillant et souple. Le petit gourmet apprend à faire sa baguette, des semailles de grains sélectionnés à la conduite du four du boulanger qu’il surveille à l’écran d’un document audiovisuel. Il prend lui-même en main chaque phase de l’élaboration boulangère en chargeant le grain dans une trémie, en broyant le blé pour obtenir la farine qui, mêlée au levain, donne la pâte à cuire.

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Passant rapidement à une autre activité, le jeune artisan devient ingénieur hydrologiste, spécialiste en motricité aquatique. Les mains dans l’eau, habillé d’un plastron imperméable, il canalise, segmente, oriente, transvase un flot maîtrisé par son action, ouvrant des barrages pour remplir des canaux, actionner des moulins, alimenter des jets de pompiers.

Il change d’univers et participe au biotope des animaux du monde en se glissant dans la carapace d’une tortue ou dans la poche d’une maman kangourou. Il est surpris par les capacités d’adaptation des mériones, petits mammifères rongeurs des régions désertiques, qui ne boivent pas une goutte d’eau durant leur existence. L’enfant joue en associant la peau à l’animal correspondant, les rayures au zèbre, les grosses taches à la girafe, le mouchetis à la panthère, etc. Quittant la nature sauvage pour la civilisation citadine, il s’associe à quelques congénères pour construire la maison inachevée en prenant la direction du chantier. Qui va ouvrir la barrière pour laisser entrer les camions, qui charge et déplace les wagonnets, qui conduit la grue, qui monte les parpaings et comment ? Autant de questions qu’il faut résoudre ensemble ; apprentissage de la vie sociale et de l’association des compétences. Parents angoissés, s’abstenir de toute intervention !

Le garage voisin réclame une équipe plus restreinte, partant, un dialogue plus facile. Un véhicule attend les soins de réparateurs qui, les outils et les pièces à portée de la main, vont pouvoir changer le moteur ou remplacer les roues. Les notices succinctes et les éléments techniques sont à la disposition des apprentis.

Le parcours des plus grands n’est pas moins initiatique. Ils enquêtent sur le monde vivant dans la ferme à papillons où les chrysalides attendent le regard de l’entomologiste en herbe pour éclore. La fourmilière est accessible à l’envers et à l’endroit. La lumière noire éclaire le travail sans le ralentir et le jeune savant peut identifier le monde des fourmis au monde des humains. Chacun son rôle, chacun sa place, chacun sa vie : cette vision totalitaire qui mérite réflexion permet au petit d’homme de laisser son esprit flotter des sciences techniques aux sciences sociales. Pour calmer un peu son angoisse existentielle, il prend l’ascenseur pour un voyage au centre de la serre. Quelques minutes parmi les bambous et les fougères arborescentes le plongent dans une réflexion qui pourra devenir métaphysique. Toutes les portes s’ouvrent à son esprit, à lui d’en trouver les clefs, les serrures, les paumelles pour les ouvrir et les fermer selon sa volonté.

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De retour parmi les siens, il s’empare des machines et mécanismes pour construire une cité idéale avec un robot qu’il programme selon ses désirs. Il s’associe à d’autres "Shadoks" pour pomper, tandis que des "Gibis" tournent une vis sans fin pour remplir le bac d’une fontaine renversante ; tel un tonneau de modernes danaïdes, le récipient une fois plein se vide d’un seul coup : "Vanitas, vanitatum".

Quittant ce travail de Sisyphe, il rejoint le studio de télévision pour informer le monde de ses nouvelles découvertes. Il a soin d’établir sa fiche d’identité génétique et de passer par le laboratoire de langues pour apprendre à dire "Bonjour, soyez les bienvenus" dans tous les idiomes de la planète.

JPEG - 67.1 koGastronome avisé et tolérant, il accepte la différence en partageant le repas des autres invités de la "Cité des enfants". La petite japonaise lui offre un sushi, l’explorateur lui propose de partager ses nourritures lyophilisées, l’américain apporte son hamburger avec une boisson brune et pétillante et le jeune africain avance un plat de chenilles panachées de poissons séchés. Le partage permet la compréhension et l’acceptation de l’autre. Le jeune visiteur parisien se réserve la possibilité de les inviter tous pour leur faire découvrir les trésors infinis de la gastronomie française qui, par les apports exotiques, au sens scientifique du terme, devient la référence de l’art culinaire. Que serait-elle devenue sans la pomme de terre de Chiloé, le riz de l’Inde, la tomate péruvienne, le safran maure, le sucre de Candi, le moka d’Arabie, le vin grec, le garum latin, les pâtes chinoises, la semoule berbère, le maïs inca, le froment d’Egypte, la pintade guinéenne, le caviar de la Caspienne, le crabe du Kamtchatka ou le gingembre de Zanzibar ? On ne réussit jamais seul.


Cité des Sciences et de l’Industrie
Parc de la Villette
30, avenue Corentin Cariou - 75019-Paris



Panaché de meringues
au naturel, au café, à la vanille et au chocolat

L’instructeur commence par une pâtisserie simple appréciée des enfants. Patience, initiative et imagination permettent de varier à l’infini les déclinaisons d’une base facile à mettre en œuvre.

Pour 12 juniors :

- 9 blancs d’œufs
- 300 gr de sucre de canne en poudre
- 200 gr de sucre glace
- 2 traits d’extrait de café
- 2 traits d’extrait de vanille
- 2 traits d’extrait de chocolat
- Une pincée de sel

Dans un grand saladier profond, battre les blancs en neige très ferme après avoir ajouté une pincée de sel. Incorporer le mélange de sucre glace avec le sucre de canne en poudre, sans faire tomber les blancs. Tourner, sans battre, pendant une dizaine de minutes. Séparer dans quatre terrines. Dans la première préparation, incorporer l’extrait de vanille, dans la seconde, ajouter l’extrait de café et dans la troisième l’extrait de chocolat. Laisser la quatrième telle quelle.

Huiler au tampon la plaque pâtissière et saupoudrer d’une légère pluie de farine.

Déposer par cuillerée ou à la poche à grosse douille, en rangs réguliers, des petits tas espacés de chacune des préparations.

Cuire à four doux, thermostat à 5, pendant 35 à 50 minutes selon l’épaisseur de chaque meringue.

Déguster avec un cocktail de fruits sans alcool pour le goûter.


Jean-François DECRAENE



Article mis en ligne en avril 2015.

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