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Rencontre avec un libraire


Gérard Dutray est un détaillant, c’est-à-dire qu’il a le souci du détail qui permet lorsqu’il est peaufiné, c’est-à-dire inaperçu, que l’ensemble soit réussi. Il a la passion du travail bien fait. "Si l’ingénieur calcule mal un pont, le médecin donne un mauvais diagnostic, il encourt le risque de conduire à la mort. Il y a dans ma famille des ingénieurs et des médecins : ils ont ce souci du détail qui permet de réduire le risque… grâce à cette vieille idée familiale du respect des autres que nous ont inculqué mon grand-père et ma mère. Certes un libraire n’a pas la responsabilité d’une vie, mais il doit posséder la conscience de ce qu’il fait, car il prend le risque de perdre la culture".

Aussi ce qui anime Gérard Dutray est-ce le contact humain. Mais comme sa femme qui l’aide il ne se sent pas l’âme d’un commerçant et il avoue ne pas faire d’effort dans ce sens. Non, il désire surtout accueillir et de ce fait nombre de ses clients viennent dans la librairie rendre visite à un ami. Laisser ceux qui entrent regarder, toucher, lire… et surtout parler, discuter de tout en toute liberté avec un homme plein de ressources. Mais, attention, Gérard veut rester libre, comme il l’a toujours été, même lors de son expérience chez "Bata", libre d’accepter qui il veut : "Il y a aussi des gens à qui je ne dis rien, parce qu’il n’y a souvent rien à dire et trop souvent à médire". Et les enfants ne s’y trompent pas qui viennent en toute liberté saluer leur copain, détenteur de trésor, prêt à écouter et à s’amuser, témoin la "verve" de ce jeune écrivain :


Les Enfants. Voila que sa fille nous rejoint qui veut me faire lire "ses" livres : "regarde, c’est beau, hein !". Alors le regard de Gérard s’allume : "Tiens, j’ai un projet auquel je pense depuis longtemps. J’ai même mis mes idées par écrit, pris des contacts. C’est un idée de ma femme au départ : un salon de lecture pour enfants. Et puis les attitudes de ma fille m’ont conforté. Alors, voilà, je pense à un local aménagé pour les enfants où des animateurs, bénévoles ou pas, tenteraient d’animer des activités à partir des livres. Tout est presque prêt, avis aux enfants".

Des projets, le libraire en a plein la tête malgré ceux déjà réalisés depuis 7 ans de métier. Ce fut d’abord le travail en duplex avec le studio des Buttes- Chaumont qui l’a préparé aux animations de boutique. Mais son désir est d’aller plus loin : "Animer le quartier, oui bien car, je ne veux pas être seul. J’ai déjà tenté une telle expérience, mais j’ai du m’occuper de tout : les autres "commerçants" étaient moins motivés. Et puis je suis venu dans ce quartier par hasard, bien que je m’y plaise. Alors je commence par faire vivre ma boutique".

Certes son premier but est de "se marrer" avec ses clients, non seulement "vendre son stock", mais au contraire faire connaitre la richesse littéraire et si possible en tentant de préciser les goûts, les désirs de son "visiteur", voire son aptitude littéraire puisqu’il accepte parfois des manuscrits."Mais je ne veux pas être un éditeur, simplement mettre en contact" Tout ceci demande une culture littéraire qu’il est conscient de ne pas posséder, mais qu’il sait à construire : voilà pour le travail très personnel. Il lui faut élargir ses horizons, pour multiplier les contacts, jusqu’à se faire rencontrer lecteurs et auteurs : "Voilà plusieurs années que je fais des signatures. Ce n’est pas toujours aisé quand on sait que les écrivains n’aiment pas ces séances marathons. Mais quelle joie quand le succès est au bout d’un travail passionnant de recherche que nous entreprenons pour décorer la boutique en fonction de l’œuvre de l’auteur, d’animation de la séance, car il créer une atmosphère".

La dernière "signature" a été celle de René Fallet en décembre 1980 dans une salle où il "fleurait bon" la soupe aux choux et où l’ambiance était plutôt réjouie… malgré la pluie à verse. C’est donc une librairie bon enfant que j’ai quittée en rêvant d’y faire vivre notre journal.

Quartiers Libres


Article mis en ligne par Mr Antoine Seck, collaborateur à La Ville des Gens, actualisé en septembre 2013.

Quartiers Libres, le canard de Belleville et du 19ème (1978-2006) numérisé sur le site internet La Ville des Gens depuis 2009.

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