La ville des gens : 18/décembre
Portraits de résistantes

Angèle MERCIER


Résistante morte en déportation à Auschwitz le 1er mars 1943.

Angèle Mercier.Angèle Mercier était originaire de Chaumes en Brie en Seine et Marne. Elle était gérante d’un petit hôtel situé au 3-5 rue de Lunéville dans le 19è arrondissement où elle était venue résider. Son compagnon, Pierre Landrieux dit René, un militant antifasciste, s’était engagé volontaire dans les brigades internationales en 1936 aux côtés des républicains espagnols victimes du coup de force militaire du général Franco.

Angèle Mercier participa elle aussi à ce grand élan populaire de solidarité en France. Pierre Landrieux écrira dans ses mémoires : « C’était une chrétienne très sincèrement attachée à ses convictions et d’une approche très sensible… Déjà avant la guerre de 1939, elle participait à la solidarité au profit des enfants et du peuple espagnol ». A peine revenu en France la guerre d’Espagne terminée, Landrieux est mobilisé, cette fois c’est la France qui entre en guerre contre l’Allemagne hitlérienne.

1940, la France est occupée et son compagnon est fait prisonnier en Allemagne. Angèle Mercier décide de prendre la place de Pierre dans le combat pour la liberté. Dès l’automne 1940, elle distribue des tracts contre l’occupant et le gouvernement de Pétain.

En mai 1941, elle devient l’agent de liaison de Georges Vallet, lui aussi un ancien volontaires des brigades internationales, responsable en région parisienne de l’Organisation Spéciale, « l’OS », première formation armée de la Résistance. En 1942, elle se voit confier les liaisons avec l’état-major des FTP (Francs tireurs et Partisans) en région parisienne entre Georges Vallet (qui sera fusillé en juillet 1943), Rol-Tangy le futur chef des FFI de l’Ile de France et Pierre Georges qui deviendra plus tard le colonel Fabien. C’est une tâche de confiance et de très haute responsabilité.

Le 21 décembre 1942, Angèle Mercier est arrêtée à Levallois-Perret par des policiers des « brigades spéciales » de la Préfecture de police. Torturée pendant plusieurs jours, elle ne livrera aucun des lourds secrets qu’elle détient. Le 24 janvier 1943, elle est déportée à Auschwitz. Le convoi qui l’emportait vers ce camp de la mort, comportait 230 résistantes françaises livrées par Pétain aux nazis. Parmi elles se trouvaient Danièle Casanova et Marie Claude Vaillant-Couturier.

Au début de mars 1943, épuisée, ses camarades la portent jusqu’à la place d’appel. C’est là qu’elle meurt à bout de force. 49 seulement de ces femmes revinrent de cet enfer en 1945.

La mention : « morte pour la France », lui a été attribuée.


Sa dernière lettre (copie)

« Bien chère mère, après avoir passé 25 jours à Frèsnes et 2 jours à Compiègne, nous partons demain pour l’Allemagne. Je vous espère en bonne santé. Pour moi, la santé est bonne si ce n’est que je souffre de la faim, du manque de nouvelles de mon René et de vous tous.

Je ne puis vous écrire toute la peine que je ressens de quitter mon sol natal ; mais j’espère bientôt vous revoir. Je vous recommande ma mère…Je suis avec beaucoup de femmes, avec la petite Simone Sampaix et il y a vraiment de braves femmes pour me remonter le moral. Enfin il faut prendre courage et beaucoup de patience. J’espère que je verrai mon René bientôt. Je souffre de ne pas avoir de ses nouvelles. J’espère que vous en avez de bonnes. Dites lui que je l’embrasse de tous mon cœur et que toutes mes plus douces pensées vont vers lui. Je vous quitte tous en vous embrassant et espérant être bientôt parmi vous.

Et vous, chère mère, je vous embrasse tendrement.

Votre Angèle. »
Cette lettre adressée à la mère de Pierre Landrieux, fut jetée du train qui emportait les déportés vers l’Allemagne. Elle fut récupérée par des cheminots qui la firent parvenir à la famille.

Son nom a été donné au Centre d’animation Solidarité situé : 133-135 Boulevard Sérurier.




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