La ville des gens : 6/avril
Portraits de résistants

Henri Bajtsztok


Henri Bajtsztok.Henri Bajtsztok est né le 23 octobre 1923 dans une famille de travailleurs juifs immigrés. Il poursuivait des études d’électricité à l’école Diderot, à l’époque située Boulevard de la Villette. Son nom a été donné à la salle de conférence du Lycée Technologique Diderot (61, rue David d’Angers).

Henri Bajtsztok, s’engage à 18 ans dans la Résistance avec les FTP (Francs-Tireurs et Partisans). Il participe notamment à des actions contre des trains militaires allemands.

Le 1er juin 1943, il est arrêté au cours d’une opération et le 1er octobre de la même année, il comparait avec 24 autres jeunes devant un tribunal militaire allemand. Cet élève de 20 ans, tombe héroïquement au Mont Valérien le 6 octobre 1943 sous les balles d’un peloton allemand. Ses dernières lettres avant de mourir sont belles et poignantes, elles témoignent de ses incomparables qualités.

A ses parents, il dit attendre la mort avec calme et la conscience au repos.
 
Parlant de son petit frère Eloi, il écrit : « j’ai travaillé pour le bonheur de tous les petits Eloi du monde entier…. ».
De sa prison de Fresnes, il écrit le 6 octobre à 13 heures une dernière lettre à son professeur Mr. Peyreigne :

« Je ne pensais pas vous écrire un jour dans de telles conditions et un tel texte. Je vais en effet être exécuté dans trois heures. .J’ai été arrêté le 1er juin pour acte de franc-tireur et condamné avec 24 frères d’armes le 1er octobre, jour de la rentrée des classes. Et je me permets de vous adresser l’une des mes trois dernières lettres.Tout d’abord et encore, je me dois de vous remercier de la bonne année 1941-1942 que je vous dois en grande partie. Pour vous remercier d’avoir essayé, mais en vain évidemment, de me détourner de cette voie où vous présentiez, je le voyais, que je m’engageais….

Je vais peut-être abuser de votre obligeance, mais je vous prie d’écrire à mon ancien professeur de français, Mr. Bouquet, en lui exprimant également mes remerciements et pour le prier de s’occuper activement de mon jeune frère qui est actuellement dans son établissement. Je vous prie de faire savoir mon sort à mes autres professeurs ainsi qu’à Mr. Rousson au concierge de l’école qui le fera savoir à Mr. Plaud.

C’est, en gros, tout ce que j’avais à vous dire. Ce que je pense, vous le devinez, je ne regrette rien. Je crois que ma mort sera digne de ma vie. Je sais pourquoi j’ai vécu et péri.

Je vous embrasse très sincèrement en vous remerciant à l’avance. Au revoir, mon cher professeur.

Votre Chuna Henri Bajtsztock »



La médaille de la Résistance lui a été attribuée à titre posthume en 1947 à la demande du lycée diderot.
 
Désormais, la salle des conférences de l’établissement porte le nom d’Henri Bajtsztok et une plaque commémorative est apposée à son entrée.
 
Il figure également sur le monument aux morts situé dans la cour du lycée en hommage à tous les fusillés de ce 6 octobre 1943.
 
Une rue de Livry-Gargan où il demeurait porte aujourd’hui également son nom.

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