La ville des gens : 11/mars
Portraits de résistants

Histoire d’un dépôt d’arme dans le 19ème. Les époux Lefebvre et Simone Schloss


Le 7 avril 1942, un tribunal militaire allemand s’était installé à la Maison de la Chimie dans le 7è arrondissement pour y juger 28 résistants. Parmi eux se trouvaient Marie-Thérèse et son mari Paul Lefèbvre. Ils étaient propriétaires d’un magasin de vélos situé Boulevard de la Villette. Sous l’apparence de paisibles commerçants, ils avaient transformé leur boutique en dépôt d’armes, en atelier de réparation d’armement les plus divers.

La police avait réussi à localiser cette boutique et l’acte d’accusation au procès mentionnait qu’on avait trouvé sous le plancher : « cinq paquets avec en tout cinquante-deux rouleaux de poudre, huit tubes à bombes avec cannelures et vis, cinq pistolets à chargeurs automatiques de 7,65 et 8mm, trois révolvers à barillets, 4 vieux pistolets à aiguilles, un lot de cartouches ».
 
Simone Schloss, une jeune fille agent de liaison de Conrado Miret-Most, l’un des dirigeants des FTP-MOI lui aussi présenté à ce procès, rencontrait souvent Marie-Thérèse au magasin pour y prendre les armes nécessaires aux actions ponctuelles des francs-tireurs.


Ce lieu n’était pas seulement un dépôt, dans l’atelier de réparation des vélos attenant au magasin, après la fermeture du soir, Paul se mettait à confectionner des tuyaux pour des bombes et des grenades. Il réparait des révolvers et d’autres armes qu’il cachait sous le plancher. Simone Schloss fut elle aussi arrêtée.

Lors du procès, les deux femmes feront tout pour sauver Paul de la peine de mort. Elles le disculperont prenant sur elles l’entière et unique responsabilité de leurs actes.

Simone et Thérèse seront condamnées à mort. Paul sera condamné à cinq ans de prison mais finalement subira la déportation dont il reviendra vivant.
 
La mise à mort par fusillade épargnant les femmes, elles furent elles aussi déportées. Marie Thérèse en reviendra, mais Simone Schloss sera assassinée à Francfort en Allemagne par les bourreaux nazis par décapitation le 2 juillet 1942.
 
Marie-Thérèse Lefèbvre est décédée en avril 1987 à Mers-les-Bains et son mari 10 ans plus tard dans la même ville.
 
Conrado Miret-Most péri sous la torture avant l’ouverture du procès.


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