La ville des gens : 15/octobre

La complainte de la Butte

( Paroles Jean Renoir * Musique Georges Van Parys)

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Vidéo de la chanson en bas d’article

En haut de la rue St-Vincent,
Un poète et une inconnue
S’aimèrent l’espace d’un instant
Mais il ne l’a jamais revue.
Cette chanson il composa,
Espérant que son inconnue,
Un matin d’ printemps l’entendra
Quelque part au coin d’une rue.
La lune trop blême
Pose un diadème
Sur tes cheveux roux ;
La lune trop rousse
De gloire éclabousse
Ton jupon plein d’ trous.
La lune trop pâle
Caresse l’opale
De tes yeux blasés ;
Princesse de la rue
Soit la bienvenue
Dans mon cœur blessé.
Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux,
Les ailes des moulins protègent les amoureux.
Petite mandigote,
Je sens ta menotte
Qui cherche ma main ;
Je sens ta poitrine
Et ta taille fine
J’oublie mon chagrin.
Je sens sur tes lèvres
Une odeur de fièvre
De gosse mal nourri ;
Et sous ta caresse,
Je sens une ivresse
Qui m’anéantit.
Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux,
Les ailes des moulins protègent les amoureux.
Mais voilà qu’il flotte,
La lune se trotte,
La princesse aussi ;
Sous le ciel sans lune,
Je pleure, à la brune,
Mon rêve évanoui.