La ville des gens : 22/octobre
Portraits de résistants

Jeanne Borzakian

Responsable « technique » dans la Résistance MOI.

Jeanne Borzakian (26.12.2013).


Titulaire de la croix du combattant volontaire de la Résistance

Jeanne Borzakian née Cyvié, a vu le jour en Pologne le 14 décembre 1918. Arrivée en France avec ses parents en 1928, scolarisée aussitôt, elle quittera l’école à 12 ans et demi, soucieuse d’aider à subvenir aux besoins de sa famille où elle était l’ainée de 5 enfants.

Cette expérience précoce au travail, malgré son jeune âge, va la conduire à l’engagement politique et syndical.

Cet engagement, au moment de l’occupation allemande, va aussi rapidement la mener à participer à de premières actions de résistance avec ses camarades de la cellule du Parti Communiste de son quartier dans le 2è arrondissement.
 
Cette activité consiste tout d’abord à fabriquer, avec les moyens du bord, de petites affichettes et des tracts contre les nazis et de les distribuer.

Cette activité clandestine est vite repérée par la police et la plupart de ses camarades sont arrêtés. Elle-même échappe de peu à l’arrestation.

Coupée de tous contacts, elle parviendra à rejoindre le réseau de Résistance de la MOI à Paris dont les exploits seront connus plus tard avec l’affiche rouge allemande contre le groupe Manouchian dont tous les membres seront fusillés en février 1943.

Elle devient responsable « technique » dans cette organisation, c’est-à-dire chargée de faire la liaison entre les lieux clandestins d’impressions de journaux et de tracts et les divers groupes de langue composant la MOI.

Pour se faire, elle loue à Clichy sur Seine sous sa fausse identité de résistante de Madeleine Martin, un local équipé de tout le matériel d’impression nécessaire à cette fabrication. Pour éviter au mieux les rafles et les contrôles fréquents dans le métro, elle parcourt à pied les rues de Paris pour se rendre à ses rendez-vous, portant avec elle un matériel qui peut lui couter la vie.

La famille de Jeanne Borzakian a subi tragiquement la répression menée contre les juifs et les résistants. Ses parents arrêtés le 13 novembre 1942 furent emprisonnés l’un à la prison de la Santé, l’autre à la Roquette, puis transférés à Drancy et déportés en date du 13 février 1943 par le convoi n° 48 à destination d’Auschwitz d’où ils ne reviendront pas.
 
Sa sœur Rosette, également déportée dans ce camp de la mort en 1944, fut libérée par l’avance de l’armée soviétique.

Après la libération, Jeanne s’était consacrée à l’action du C.A.D.I. (Centre d’Action de Défense des Immigrés), association destinée à défendre les droits des étrangers ayant participé à la Résistance française. Elle était accréditée pour cela auprès de la Préfecture de Police et du Ministère du Travail. Habitant la rue de Meaux dans le 19è, Jeanne Borzakian restera toute sa vie une militante engagée. Elle est titulaire de la croix du combattant volontaire de la Résistance.




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