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Histoire

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Promenade à travers l’Histoire… de Belleville


J’ai foi dans l’avenir, je suis Bellevillois !

Peut-on trouver l’explication de cette tranquille assurance dans l’histoire de Belleville ?

Sans l’érection en 1543 d’une chapelle, Belleville, avec en son centre l’antique ferme de Savies, au Sud-Ouest les cultures puis les maisons de bourgeois de Paris, au Nord-Est les vignes, les bois, la seigneurie de Mesnil-Mautemps, au Nord le domaine des Bruyères, n’aurait pas trouvé l’unité que l’histoire, par deux partitions successives, a failli lui enlever, mais qui, peut-être, lui reste encore.

Moulins des Buttes-Chaumont, d'après Manesson-Mallet.


Savies

Le plateau a sans doute été habité depuis l’époque néolithique, Jules César y aurait séjourné et en tous cas son premier nom Savies, par sa racine Sav -préceltique- pourrait donner une idée d’une de ses vocations essentielles : l’eau (cf plus loin l’article : eaux et soifs). Ce nom désigne également une terre sauvage, de l’herbe, ou mauvaise terre dans les langues franques, celtes ou pré-celtiques.

Par ailleurs la forêt primitive se maintint, en certains endroits, jusqu’au 18ème siècle. Dans les clairières défrichées (les essarts) les cultures se diversifièrent autour des actuelles rues Clavel et des Pyrénées : les blés, sur le haut du plateau, de la rue de Belleville au Père Lachaise : les pâturages à moutons, les moulins à vent côtoient à partir du 16ème siècle les tuiliers et les briquetiers utilisant la terre argileuse.


Potronville ou Poitronville

Du plateau deux vallons partent : l’un correspondant aux actuelles rues d’Hautpoul, Compans, Pixéricourt, l’autre vers le Pré-Saint-Gervais en descendant de la Butte de Beauregard, par la rue des Bois. Cette dernière partie était, elle aussi, propice à l’écoulement de nombreux ruisseaux qui allaient jusqu’à l’étang des Marchais, au Pré-Saint-Gervais, alimenté par d’autres sources venant de Romainville. Les religieux de Saint-Lazare acheminèrent au 12ème siècle cette eau par des pierrées et un aqueduc vers leur maladrerie du faubourg Saint Denis, plusieurs regards en témoignent encore.

Un hameau cité Potronville en 1273 se construisit autour des hostises - demeures des hôtes du chapitre Saint-Merry, du nom d’un seigneur Boitron ou Poitron. La vigne s’y développa comme sur la partie méridionale du plateau, autour, par exemple, des rues des Annelets et de l’Encheval.

On parlait en 1324 du vignoir de Poitronville et, au 15ème siècle, celui-ci était l’un des principaux fournisseurs de vin de Paris . Une taverne La Mondole où l’on jouait aux boules et au jeu de paume y précéda celles qui, plus tard, seront célèbres au bas-Belleville.

Autre activité : l’exploitation des carrières de plâtre, comme au Mesnil-Mautemps, du côté de l’actuelle avenue Simon-Bolivar (le Val Saint-Martin d’alors) avec leurs fours d’où les chaufourniers tiraient les blocs de plâtre brûlants à partir de la cuisson du gypse. Ce quartier, avec ses galeries souterraines impressionnait la population, l’une d’elles fut baptisée la Chaudière d’Enfer.

La guerre de cent ans y sema un désordre considérable, les maisons se vidèrent, les terres changèrent de propriétaires ou de locataires sans grande rigueur, ce n’est qu’après 1450 que les fontaines et les regards furent remis en état.


15ème et 16ème siècles : de Poitronville à Belleville

Au 15ème siècle, Belleville-sur-Sablon, puis Belleville, se substituèrent peu à peu à Poitronville sans qu’on sache bien pourquoi. La plus ancienne mention date de 1451 et concerne un bail consenti à la Pointe-Daignelet (rue des Annelets), une autre, de 1478, concerne l’hôtel de Savies sur le chemin menant vers Belleville-sur-Sablon. Ce changement est-il dû au fait que Marguerite, fille de Charles VI et d’Odette de Champdivers reçut en dot une seigneurie de Belleville en Poitou, après que sa mère ait eu, elle, en cadeau du roi un manoir à Bagnolet, c’est-à-dire aux portes de Poitronville ? La dame de Belleville (en Poitou) ayant donné son nom au manoir parisien. Pendant un siècle Poitronville et Belleville seront tour à tour employés avant que Belleville, plus flatteur, ne l’emporte.

Pendant deux siècles le plateau a donc deux activités importantes : l’une, liée aux carrières, englobe des métiers divers : plâtriers, maçons, tuiliers, l’autre, à la vigne, a peut-être donné aux Bellevillois leur esprit indépendant, les vignerons attachés à leurs terres et leurs cultures ayant reçu le statut d’artisan de Louis XI (1467) comme les jardiniers et les maraîchers de la Courtille.

Puis au 16ème siècle apparaît la meunerie et les moulins à vent se multiplient.


Mesnil-Mautemps

Jouxtant ces propriétés la seigneurie de Mesnil-Mautemps s’étendait jusqu’à la rue du Surmelin et à l’ouest jusqu’au chemin de Belleville à Charonne (rue Pelleport) et plus loin on trouvait les maisons du hameau, environnées elles aussi de vignes et de pressoirs appartenant à des communautés religieuses ou des bourgeois de Paris : pressoir aux Flamans, du Ruyau de Saint-Martin des Champs, Bourgeois, l’Évêque…

On y pratiquait l’extraction du plâtre dans des carrières s’enfonçant jusqu’à 20 mètres de profondeur.

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L’église de Belleville vers 1833, lithographie par Saurieu.


Après la mort de Jehan des Essarts sa veuve vendit le manoir et les terres qui furent morcelées et acquises par divers vignerons parisiens et les religieux de Sainte-Croix. C’est en leur souvenir que l’église actuelle de la rue de Ménilmontant fut dédiée à Notre- Dame de la Croix.


Les Courtilles

Au Sud de la ferme de Savies, des vergers ou jardins d’agrément appelés courtilles, entre la rue des Amandiers et la rue de la Grange-aux-Belles offraient aux Parisiennes des fleurs appréciées pour leurs coiffures, et des poires, prunes, pêches, pommes, amandes. Petites propriétés parfois mais aussi folies y furent construites : au 14ème siècle la Folie-Régnault, ou la Folie-Marcourt (rue de la Folie-Méricourt), les lieux-dits Carême-Prenant ou Bel-Esbat évoquent les fêtes du Mardi-Gras.


Mauny et les Bruyères

Ces terres formaient, avec Savies au centre, et les Courtilles au sud, une quatrième partie de ce qui deviendra Belleville. Elles se situaient entre la porte de Pantin et la rue de Romainville et étaient également plantées de vignes, mais aussi d’avoine, de froment. Des bois, des pâturages, des landes de bruyère entouraient un manoir dont dépendait la sablonnière d’où les potiers et les tuiliers tiraient leur matière première.

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Barrière de Belleville, aquarelle par Palaiseau.


La Vigne

Enfin la périphérie du plateau vit se développer la vigne, en concurrence, à partir du 17ème siècle, avec l’extraction du gypse pour la construction de Paris. Successivement l’abbaye de Saint-Denis en 862, puis de Saint-Maur, de Saint-Merry, de Saint-Magloire (997), de Saint-Eloy, de Saint-Victor de Montmartre (au 12ème siècle), le monastère de Saint-Martin des Champs obtinrent des parcelles de vigne prises sur le domaine royal.

Les crus ecclésiastiques s’étendirent sur le versant méridional du Mont-Chauve (devenu Chaumont) et la qualité comptant plus que la quantité, ce n’est que plus tard que le cépage, dit Gouais, augmentera le rendement pour le bonheur des cabaretiers de la Courtille. La ferme de Savies appartenant à Saint-Martin des Champs peu à peu se morcela entre le 13ème et le 17ème siècle. En 1403 déjà, 60 locataires exploitaient chacun quelques arpents de cette vigne dont la culture rythmait et animait la vie des paysans.


Les moulins-la Tilloye

Fin du 17ème siècle sur la butte de Beauregard qui correspond à l’espace délimité, d’une part par les actuelles rues Augustin Thierry, Henri Ribière, Compans, Thuliez et Lilas (en fait il s’agit du secteur de l’actuelle dalle de la place des Fêtes qui va être aménagée) et d’autre part surtout sur l’espace situé à la place de la Poste, de la grande surface, des tours Orient et Occident, sur les écoles de la rue Eugénie Cotton, des immeubles du 64, rue Compans et 25-27, rue des Lilas, le tout fermé au nord par la rue Bellevue, on trouvait les moulins suivants : le moulin de la Motte, le vieux moulin de Beaufort (ou moulin Vieux), le moulin Neuf, le moulin de la Costre, le moulin Basset, le petit Moulin.

Un septième moulin situé rue des Bois avait pour nom le moulin Endiablé ou moulin du Diable. On le localise près de l’impasse Pétain (sans doute du nom d’une deuxième butte dite Pitoin), qui prolongeait à l’est la butte de Beauregard. En contrebas, un espace proche de ce lieu appelé La Tilloye (l’actuel square Mgr Maillet, avec une superficie supérieure à sa délimitation actuelle), fut acheté en 1530 par François 1er à une dame Chedeville. Ce terrain contenait de nombreuses sources qui allaient alimenter l’hôtel des Tournelles près de la Bastille, lieu de résidence de François 1er. Puis, plus tard, le roi s’en désintéressant, il reviendra à l’hôpital St-Louis de capter les eaux de la Tilloye à partir de 1611. Pour en revenir aux moulins, ils ne furent pas seulement sur la butte de Beauregard ; on en trouvait aussi rue Fessart et Préault notamment le moulin de la Galette. Les Bellevillois pourraient d’ailleurs sur ce point polémiquer avec les Montmartrois pour connaître la première origine. Ce serait une polémique un peu tardive.

Deux autres moulins déployaient également leurs ailes à l’emplacement de la villa Ottoz, actuelle rue Piat. Il y en avait encore rue Clavel, aux Buttes-Chaumont, sur la butte-Bergeyre (rue Georges Lardennois) que l’on appelait moulin de la Folie. Ceci représentait une vingtaine de moulins pour le territoire.

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Report du plan Garrez (1791)

Zones 1+7 Village de Belleville avant 1790.
Zone 2 Augmentation de Belleville au détriment de Pantin.
Zone 3 Augm. au détriment de Bagnolet.
Zone 4 Augm. au détriment de Paris.
Zone 5 Augm. au détriment de Paris.
Zone 6 Augm. au détriment de La Villette.
Zone 7 Diminution de Belleville au profit de Paris.

La limite Nord, indiquée en - - - est approximative. En effet, le bornage des limites du village fut contesté par les paroisses voisines, bouleversé par les carrières, les cultures, les ventes de terrains, l’urbanisme et la disparition de chemins ou la création de rues ; ce qui rend impossible l’exécution d’un report précis.

Les zones 1 et 7 correspondent sensiblement à celles déterminées en 1618.
Les limites résultantes 1 à 6 furent attribuées à Belleville le 19 octobre 1790 par l’Assemblée Nationale.


L’Église

Au 16ème siècle, donc, l’essentiel du territoire appartenait à diverses communautés religieuses, mais était loué en très nombreuses petites parcelles à des paysans, vignerons bellevillois ou artisans et bourgeois parisiens. Quatre fiefs laïques existaient malgré tout : La Fosse Turquam à la Courtille, le Mesnil-Mautemps avec un château à l’angle des rues Pelleport et Saint-Fargeau, Maulny à la porte des Lilas et Marcadé, rue de Meaux, vers la Villette.

Les habitants du haut-Belleville allaient à la messe à Pantin, les fermiers de Savies à Saint-Laurent, les gens de Maulny à Romainville, ceux de la Courtille dans diverses églises parisiennes, quant à ceux du Mesnil-Mautemps ils se retrouvaient à Bagnolet.

Grâce à la communauté de Saint-Merry, dont l’église mère était trop loin, en 1543, le principe de la construction d’une église à Belleville est accepté. En 1552, cette chapelle, petite, voit enfin le jour, à l’emplacement de l’église Saint Jean-Baptiste actuelle. Belleville existe, unifiée par sa paroisse. Neuf bornes en indiquent les limites : au cimetière du Père-Lachaise, rue Saint-Maur, rue de la Folie-Méricourt, au nord du faubourg du Temple, au pied de la montagne de Chaumont, puis rue des Mignottes, enfin rue de l’Orme et chemin de la Duée proche du bois de Mesnil.

À la fin du siècle, après les troubles dus aux guerres de religion et à la position
stratégique du plateau (encore utilisé à la Commune de 1870) une église -qui précède l’édifice actuel- est édifiée. Et "le village de Belleville va devenir un bourg accueillant aux citadins, et gardant, par son quartier de la Courtille, une fenêtre ouverte sur Paris (Jacomin)

Aux 17ème et 18ème siècles l’église s’agrandit encore, les cabarets de la Courtille sont à la mode En 1790, chef-lieu d’un canton englobant Charonne, Bagnolet, le Pré-Saint-Gervais, une partie de la Villette et de Pantin, est devenue Belleville-lez-Paris, la commune a pourtant déjà, depuis cinq ans, été séparée de la basse-Courtille intégrée dans Paris par le mur d’octroi.

La promenade continuera, si vous n’êtes pas lassés, dans les articles suivants : du village à la commune … et après, Eaux et soifs … etc. où sont détaillées certaines caractéristiques de ce village qui au cours du 19ème siècle marqué par la Commune et les transformations du 20ème siècle est devenu une part de quatre arrondissements sans perdre tout à fait de sa personnalité.


J. H. et Y. J. (Jacqueline Herfray et Yves Joly)


Pour cet article nous avons largement puisé dans « Les origines du village de Belleville  » d’Emmanuel Jacomin, Editions Veyrier, 1975, et dans les papiers de notre confrère l’Ami du 20° 1982-1983. Les illustrations sont tirées du livre du Docteur Dally.



Du village à la commune et après…

Les archives les plus anciennes nous montrent que le territoire de Savy était attaché au royaume de France dès sa fondation. En effet parmi les premières dotations en terre on relève celle faite à l’abbaye de Saint- Maur-des-Fossés par Clovis III roi de Neustrie de 657 à 673. Cela suppose une population lointaine descendante des Celtes qui occupèrent le plateau bellevillois. Une villa gallo-romaine meublait la porte des Lilas au deuxième ou troisième siècle. Il faut faire mention de la pierre druidique qui se dressait aux approches de la Courtille, rue de la Pierre-Levée. Voici les signes de l’occupation humaine de ce territoire de Belleville dont les premiers habitants se fixèrent à proximité d’une source en haut de l’actuelle rue de la Mare qui à ces époques laissait s’écouler un filet d’eau. On peut penser que le plateau était stratégiquement intéressant tout au moins comme observatoire des routes de l’Est et du Nord.

Plus près de nous, Claude Chappe installera la première tour télégraphique. Difficile d’accès et peu attractif aux voyageurs de tout poils, marchands et militaires, le village restera à l’écart des grandes voies de communication. Cela influencera le caractère des bellevillois.

Au 12ème siècle apparaissent les noms de lieux-dits, époque des grands travaux d’abduction d’eau. Savy devient Poitronville. En 1393, la taverne Mondole existe, elle devait se situer rue de Belleville entre les rues du Jourdain et Levert. C’est le signe d’une activité sociale, c’est un lieu de rencontre. Le village prend le nom de Belleville dès 1451 (première mention). Pendant les années 1491, 1618, 1642 les limites du territoire sont définies par bornages ou processions.

En 1543 une chapelle est accordée aux Bellevillois, elle était comme les églises de 1635 et 1859 qui lui ont succédé dédiée à Saint-Jean-Baptiste, cette fois on peut employer le terme de paroisse.

C’est en 1702 qu’apparaît le terme de commune, qui permet de jeter les premières bases d’une organisation autonome du territoire et des personnes. Les affaires temporelles de la paroisse étaient gérées par la fabrique et son responsable était le marguillier, élu à Belleville depuis 1584.

En 1729 est mentionnée la salle de la commune de Belleville, ébauche de la première Mairie, distincte des locaux paroissiaux.

Mais il faudra attendre la construction du mur des Fermiers Généraux entre 1784 et 1787, et la Révolution pour que les limites de la commune soient nettement arrêtées, consacrant son autonomie. Ambroise Pottier en sera le premier Maire. C’est pendant cette période qu’une partie du territoire, celle de la Basse-Courtille, est rattachée à Paris.

L'Ile d'amour… s'agissait-il d'une maison close ? Non ! c'était le nom de la mairie de Belleville démolie en 1874, située au 130 rue de Belleville et où a été percée la rue Jourdain.

L’Ile d’amour… s’agissait-il d’une maison close ? Non ! c’était le nom de la mairie de Belleville démolie en 1874, située au 130 rue de Belleville et où a été percée la rue Jourdain.


Dans la première partie du 19ème siècle, les parisiens font de Belleville leur lieu de résidence secondaire. Plus tard l’industrialisation amènera de nombreux ouvriers fuyant la cherté des loyers parisiens.

La population de Belleville peu nombreuse en 1815, moins de 3.000 habitants, passera en 1836 à 9.858 puis à 25 736 en 1846 et enfin à 57 699 en 1856.

C’est en 1809 que le cimetière de Belleville qui avait été déplacé en 1765, à l’Ouest de l’église est transféré du pourtour de l’église Saint-Jean-Baptiste à ce qui est maintenant Télégraphe.

1819 voit l’installation de l’éclairage public et des premières plaques de rue. En 1835, la commune de Belleville, à l’étroit sur sa place de l’église, achète le terrain de la Tilloye aux hospices de Paris. Bordé de quatre rangées de tilleuls, ce terrain deviendra l’année suivante la place Sainte-Geneviève. La population l’appellera Place des Fêtes et ce nom lui restera. La Mairie se fixe en 1847 dans la guinguette de l’Ile d’Amour (à la hauteur du 132-134, rue de Belleville).

Lors de la Révolution de février 1848, une barricade est construite dans la nuit du 23 au 24, devant la barrière entre Paris et Belleville (à la hauteur du métro actuel de Belleville). Le 24 au matin, les bellevillois la prennent d’assaut et descendent à la République afin de participer aux combats.

La révolution, provoquée par une crise économique, entraîne une plus forte misère encore et 2.500 Bellevillois au chômage s’inscrivent dans les ateliers nationaux. En 1852-54, la ligne de chemin de fer de la Petite Ceinture est construite.

L’église de Belleville de 1635, bien que classée est détruite. L’église actuelle est construite à partir de 1859. Son architecte Lassus est mort avant de la terminer, c’est son adjoint qui terminera la construction.

En 1860, Paris s’agrandit en englobant plusieurs communes limitrophes de la capitale, dont Charonne, Belleville et La Villette. Belleville est coupée en deux arrondissements (19ème et 20ème).

Le parc des Buttes-Chaumont est inauguré en 1867.

En 1871, ce sont les événements de la Commune et leurs effets tragiques sur Belleville. Sur la période de la Commune, le lecteur pourra se reporter utilement à la plaquette éditée par l’association La Bellevilleuse ainsi qu’aux numéros de Quartiers Libres n°36, 37 et 38.
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Barricade de la Chaussée Ménilmontant 18 mars 1871.


En 1874 la mairie de Belleville est rasée. La mairie du 20ème est alors transférée place Gambetta.

La colline est difficile à monter pour les chevaux et, l’idée vient de construire, en 1891, un funiculaire qui perdurera jusqu’en 1924. Le métro, en circulation sur l’ex-commune (la petite ligne Le-Pré-St-Gervais /Louis-Blanc) est partiellement créé en 1908, comme dans d’autres lieux de Paris.

Entre 1912 et 1914, Jean Jaurès tiendra plusieurs meetings sur la butte du Chapeau-Rouge.

Durant la guerre 1914/1918, Belleville est bombardée par le dirigeable Zeppelin et par le canon à longue portée La Grosse Bertha.

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Légende de la carte postale d’origine : Les Zeppelins sur Paris - Crimes odieux des pirates boches, la voûte du Métropolitain de la station des Couronnes.


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Bombardement de Paris par la Grosse Bertha, Rue de Meaux, le 24 mars 1918.

La population de Belleville durant cette période évolue. Cependant, depuis 1860 la commune étant annexée, il est difficile d’établir une comparaison exacte avec les chiffres antérieurs. Sur les cinq quartiers [1] des 19ème et 20ème arrondissements étant totalement ou partiellement situés sur l’ex-commune, la population passe de 96.147 habitants en 1861 à 216.620 en 1911.

Après la guerre 14/18, essentiellement à partir de 1921, une forte croissance de l’immigration étrangère originaire d’Europe centrale (Polonais, Russes… ) et du bassin méditerranéen (Turcs, Grecs, Arméniens… ) modifie la population de Belleville.

La guerre, la résistance, comme dans tous les quartiers populaires toucha particulièrement les habitants dont les origines furent souvent la cause de drames et de tragédies.


J. R. et Y. J.



Article mis en ligne en 2010 par Mr Antoine Seck, collaborateur à La Ville des Gens. Actualisé en septembre 2013.

Quartiers Libres, le canard de Belleville et du 19ème (1978-2006) numérisé sur le site internet La Ville des Gens depuis 2009.

Consultez les archives et les nouveaux articles jamais parus dans la version papier de Quartiers Libres numérique

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[1Ces quartiers selon l’INSEE sont : Amérique et Combat dans le 19ème, St.Fargeau, Belleville et Père-Lachaise dans le 20ème

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Réactions
par Jean-Yves Delahaye - le : 6 février 2017

Promenade à travers l’Histoire… de Belleville

Bonjour,
Pourriez-vous s’il vous plaît préciser la source du document cité "plan Garrez (1791)", en particulier où il est possible de le consulter ?
Je vous en remercie d’avance.
Cordialement,
Jean-Yves Delahaye

Répondre à Jean-Yves Delahaye

par RENAUT Blandjne - le : 8 juin 2017

LES MOULINS Belleville 1775

Bonjour
Je recherche désespérément depuis des années des renseignements sur l’ascendance de LEFÈVRE Françoise née en novembre 1775 fille de Charles (certainement meunier)et SINGUILEN Marie. L’acte de baptême trouvé aux AD de Paris a St Jean Baptiste indique le nom du parrain Côme Damien LE BORGNE, meunier et DEJARDIN Françoise. L’enfant à été abandonnée le lendemain de sa naissance sur le parvis de N D de Paris.
J’ai lu avec attention le livre de Mr FIERO sur l’histoire des 300 moulins de Paris sans aucun indice sur le couple qui m’intéresse.
Si vous avez des archives concernant la population de Belleville vers 1775, j’en serais ravie. Rien aux AD de PARIS, ni à l’église St Jean Baptiste De Belleville, ni aux archives de L’APHP .
Remerciements anticipés.
Blandine des P O

Répondre à RENAUT Blandjne

le : 9 juin 2017 par Salvatore en réponse à RENAUT Blandjne

LES MOULINS Belleville 1775

Bonjour Madame Renault,

J’ai bien pris connaissance de votre message que j’ai validé sur le forum de l’article, je transmets aux historiens qui collaborent à notre site, je ne manquerai pas de revenir vers vous si j’obtiens des renseignements.

Cordialement.
S.Ursini
SCIC R2K

par Salvatore - le : 13 juin 2017

Promenade à travers l’Histoire… de Belleville

Réponse de Maxime Braquet le 13 juin 2017 :

Chère madame Blandine Renaut

M. Salvatore Ursini, conservateur du Website La Ville des gens, m’a fait part de vos recherches généalogiques :

Historien de Belleville (contributeur audit Website à ce titre), j’aurais aimé pouvoir vous aider davantage mais je sais, hélas, peu de chose sur les meuniers de Belleville en général et dans l’époque de Françoise Lefèvre en particulier.

Je suppose que vous avez déjà vu les sites de généalogie sur le Net. J’ai personnellement regardé les ressources de Geneanet et, pour Françoise Lefèvre, née en 1775, fille de Charles Lefèvre et de Marie Singuilen, il n’y a (encore) rien.

Je puis cependant vous certifier que des Leborgne meuniers ont bien existé sur notre « montagne » parisienne de l’Est. L’information archivée est maigre, rare en vérité, à ce propos mais une liste de citoyens bellevillois établie en 1794 (Offrande à la République d’un cavalier Jacobin par la Société populaire de la commune de Belleville, avec le nom de citoyens souscripteurs, téléchargeable à partir du Website Gallica de la BNF) mentionne, page 11, « Leborgne, meunier » — et aucun Lefèvre, de la corporation ou autrement. Ce Leborgne de 1794 est vraisemblablement le même que le Damien Leborgne listé en tant que propriétaire du moulin Neuf (sis sur la butte de Chaumont [Paris 19e], partie aujourd’hui dite Bergeyre) par les enquêteurs parlementaires à visée fiscaliste au sujet des moulins périparisiens en activité en 1801. Le même document fait mention d’un autre Leborgne, pour sa part prénommé Charles et installé au moulin Petit, sur la butte de Beauregard (au nord de l’actuelle place des Fêtes, Paris 19e). Il y était encore actif d’après la nouvelle enquête de 1809, qui ne cite plus Damien mais une dame Leborgne, non pas au moulin Neuf mais à son voisin, le moulin de la Grande-Charrue. Les résultats de ces enquêtes sont visibles sous la cote des Archives nationales F/20/2096, au site de Pierrefitte (près de l’université Saint-Denis, banlieue de Paris). Centrées sur la production minotière, évidemment, ces enquêtes n’apportent que des renseignements personnels très sommaires sur les meuniers.

Je vous assure enfin que les deux principaux historiens du vieux Belleville, Emmanuel Jacomin et Philippe Dally, restent muets et sur Lefèvre, et sur Leborgne et sur Dejardin.

Conscient de ne vous avoir certainement guère avancée, je vous souhaite une poursuite d’investigation plus heureuse.

Avec mes compliments, je vous salue en toute cordialité,

Maxime Braquet - Le 13/06/2017

Répondre à Salvatore

par RENAUT Blandjne - le : 21 juin 2017

Promenade à travers l’Histoire… de Belleville

Bonjour Monsieur
Je vous remercie chaleureusement pour votre réponse. J’ai fait, de mon côté , des recherches sur ce couple et viens d’acheter le livre de Mr FIERRO, relatif aux moulins de Paris, mais aucun autre indice.
Cordialement
Mme RENAUT Blandine

Répondre à RENAUT Blandjne

par Salvatore - le : 22 juin 2017

Promenade à travers l’Histoire… de Belleville

Le 21/06/2017

Bonjour Mr URSINI

Mr BRAQUET m’a gentiment répondu mais je voudrais lui faire parvenir l’extrait lu sur le livre de Me FIERRO relatif au moulin L’ENDIABLE concernant LE BORGNE Come Damien. Les recherches continuent…Remerciements à vous deux

Cordialement
Mme RENAUT Blandine

Le 21/06/2017
Réponse de Maxime Brasquet à madame Renaut :

Chère madame

Il s’agit à l’évidence du même personnage qui, en 1789, possédait et/ou exploitait en outre le moulin que cite M. Fierro, historien tout à fait fiable (il fut, je crois, conservateur à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris). C’était donc un gros meunier que ce Leborgne ! Comme tous les gens, parisiens et circumparisiens, de sa confrérie, il a vu cependant son activité perdre régulièrement en importance après 1810, à mesure que les avancées urbaines faisaient reculer les céréalicultures ; vers 1850, c’était, à Belleville et ailleurs, tout à fait« plié ».

Tout ça ne nous met pas directement , hélas, sur la piste du bébé abandonné. Essayez de voir ; qui sait ? aux archives de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Belleville, qui doivent être conservées aux archives de l’archevêché de Paris.

Bien à vous, madame

Maxime Braquet

Répondre à Salvatore

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