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Nos poètes



Jours heureux à Belleville
La nostalgie des jours heureux
Lorsque rides cernent les yeux
Fait face du fond du cœur
Remontant parfois sans douceur,
Aux folles années de nos printemps
L’absinthe avait couleur de l’eau
Mais en bien plus revigorant
Pour la brûlure de notre peau.
Où sont passés ies refrains tendres
Que nous aimions toujours entendre
Toi et moi au coin de la rue
Eux aussi ont tous disparus.
Le gris que l’on roulait avant,
Un souvenir dénaturé
L’a privé de son âcreté,
Sa fumée jetée dans le vent.
Ce même vent qui emporta
Amis au pays de l’absence.
Pas d’avantage ne resta
D’un air de guitare la présence.
Pareil au sable de la plage
Entre les doigts glisse le temps
N’oublions jamais cette image
Les jours heureux en font autant.

Louis-Bernard PAPIN



L’abri des abus généreux, mais… pas trop
Chics gens des beaux quartiers
Vous qui êtes à l’abri… et vous demandez
Est-ce bien un homme que je viens de croiser ?
Pitié pour les gueux, faites preuve au moins…
D’un peu de générosité l
Nul besoin de vous y inviter dites vous
Donner à qui est dans l’embarras est dans votre nature
A vous entendre vous ne rêvez… que de partage !
Pourtant…
Dans ce bel élan où dans l’instant vous vous égarez
Quelque chose souvent…
Comme la voix d’1 conseiller qu’on ne peut qu’écouter
Vous dit :
Ressaisissez-vous Braves gens… et gardez votre argent !
Car à donner sans même compter
Demain,
Ne risquez-vous pas de crever de faim ?
Pareils à ce gueux qui pèle de froid en rongeant son frein
Sous un porche où la vie… obstinément l’écorche !
S’abîme qui veut dans semblable raisonnement
Mais que dire qui l’incite à changer à qui s’y reconnaît ?
Comme rebut abandonné
Tenu pour déchet, pauvre et délaissé
Dans le tumulte assourdissant de l’indifférence commune
Sur un banc… affalé, au cœur de la ville
Une bouteille de mauvais vin à ma main
Le gueux triste et alcoolisé
Ce n’est pas tant qu’il a faim
N’ayant pour se nourrir…
Que rognures putrides glanées au cul des bennes !
Et… bien que les joues creuses et le ventre grinçant
Ce qui lui manque
Ce qui lui manque surtout, qui lui manque avant tout
C’est le goût de cet épice rare, fort et suave à la fois
Qu’on ne trouve plus, il faut croire…
Qu’en terre lointaine !
Lointaine ?… Pourquoi lointaine ?
Cette terre qu’on appelle… l’Amour !
… Sans bien la connaître.

Gram (Hiver 2006)
JPEG - 91.8 ko

La bienfaisance à Paris au 19e siècle. Pauvres attendant la distribution à la porte de l’œuvre « La bouchée de pain ». Dessin de Henri Gauguet. Le Monde illustré, 1886


Article mis en ligne en juillet 2014.

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