« …Je ne suis pas l’acteur tout barbouillé de suie qui sanglote sa peine bras levés vers le ciel sous l’œil des caméras
Je ne suis pas non plus statue figée du révolté ou de la damnation je suis bête vivante bête de proie toujours prête à bondir à bondir sur la vie… »
Extrait de « Ghetto » de Guy Tirolie
« …Écoute plus souvent les choses que les êtres. La voix du feu s’entend, entends la voix de l’eau, écoute dans le vent le buisson en sanglots. C’est le souffle des ancêtres, Le souffle des ancêtres morts, qui ne sont pas partis, qui ne sont pas sous terre, qui ne sont pas morts. »
Extrait de « Souffles » de Birago Diop
Birago Diop, David Diop, Léopold Sédar Senghor, Jean Métellus, Aimé Césaire, Paul Niger, Guy Tirolien, Jacques Roumain, Nicolas Guillen, Roussan Camille, Bernard Binlin Dadié, Et Gilbert Gratiant…

Ils sont tous noirs, d’Afrique, des Antilles, de la Guyane, d’Haïti et de Cuba… Ils ont fait naître la poésie « négro-africaine d’expression française », dans les années 50/60.
« Pour moi, il s’agit d’une réelle appropriation de ces paroles, faire entendre à la manière du conteur africain cette poésie, ces mots, qui font rayonner la voix, le corps et le cœur.
Poésie chaude, apparentée au rythme du tam-tam, à la mélodie lyrique de la kora ou au libre souffle du jazz »
(Amadou GAYE)
A treize ans, il rêve d’être réalisateur et comédien.
Photographe, comédien, Amadou GAYE est né à St Louis du Sénégal, puis a grandi à Dakar. A treize ans, il rêve d’être réalisateur et comédien.
Il arrive à Paris en 1976, et suit des cours de photographie dans une école professionnelle. « J’ai cherché à retrouver mon identité dans la photographie, c’est alors que je me suis rappelé les griots de mon enfance. Depuis, je chante la beauté des petites gens, des anonymes. »
Parallèlement à son travail de photographe, il est aussi l’interprète des poètes Aimé Césaire et autres chantres de la négritude. « A travers mes photos et mes interprétations, je reviens à mes propres racines. »
Le 22 mars 2006 est paru « Paris la Douce », livre de photographies d’Amadou Gaye, préfacé par Josiane Balasko aux éditions Grandvaux (voir p. 3).
LE LOCAL est un lieu de création, d’actions culturelles et de pratiques artistiques animé par l’association OMBRE EN LUMIÈRE.
« NÉGRITUDES »
Depuis plus de trois ans, des parisiens, des bellevillois d’âges et origines divers, viennent au LOCAL pour assister à des spectacles et participer à des ateliers… Ils se laissent surprendre et émouvoir en s’ouvrant à des formes artistiques originales.
Les projets de création de l’équipe artistique s’axent sur la mémoire, les mémoires des populations issues de l’immigration présentes à Belleville.
Dans le cadre de l’année de la francophonie, « Négritudes » invite à découvrir des auteurs trop souvent méconnus.
Gabriel DEBRAY, metteur en scène : « J’ai rencontré Amadou GAYE lors du Printemps des Poètes au LOCAL, en mars 2005.
Son engagement physique, sa générosité avec le public, pour donner à entendre cette poésie multiple de la négritude m’ont ému… Je partage avec Amadou Gaye ce chemin en quête d’authenticité pour faire connaître la langue de ces poètes… »
Pour donner à voir et entendre ces textes poétiques, l’espace est vide. Les spectateurs sont en cercle. La mise en scène, sans artifice est au service des textes. Seules les lumières créent les Atmosphères qui scandent le rythme de la balade.
Après une formation de comédien, Gabriel DEBRAY assiste des metteurs en scène : Joël Jouanneau, Michel Ra skine, Christian Schiaretti...
De 1987 à 2005, il monte de nombreux spectacles comme metteur en scène. Parallèlement, il crée en 1994 l’association OMBRE EN LUMIÉRE , dont il est le directeur artistique et pédagogique.
Depuis 2002, il dirige LE LOCAL, lieu de CRÉATION et de PRATIQUES ARTISTIQUES dans le quartier de BELLEVILLE.
Négritudes, balade poétique De AMADOU GAYE Au LOCAL
Mise en scène Gabriel Debray
18, rue de l’Orillon Paris 11ème
Édito
Une lettre de félicitation du Maire de Paris, un article dans le Monde sur Belleville de Catherine Simon où Quartiers Libres est présenté comme « l’indispensable gazette du 19ème et de Belleville ».
Ces marques de reconnaissance nous réconfortent et nous espérons que nos lecteurs se retrouvent dans ces appréciations. Nous poursuivons avec l’aide de nos auteurs ces rubriques, où le passé, le présent et le futur de nos quartiers se retrouvent.

Notre couverture vous surprendra peut être. Oui, c’est Josiane BALASKO sur le marché de Belleville en 1998.
Amadou GAYE l’a photographiée et cette photo figure dans l’album « PARIS LA DOUCE », aux éditions Grandvaux, dont elle a écrit la préface.
Laissons lui la parole : « …Amadou Gaye… son œil se balade dans les quartiers, s’arrête aux terrasses de bistrots, s’attarde sur les amoureux, se pose sur les Parisiens au travail.. Amadou est comme moi un indécrottable optimiste.

Nous remercions Josiane Balasko et Amadou Gaye de nous avoir autorisés à reproduire cette photo extraite de l’ Album PARIS LA DOUCE, éditions Grandvaux, 2006
Le Paris de DOISNEAU et RONIS existe encore, et c’est Amadou, un titi parisien, né au Sénégal qui nous le prouve à travers chacune de ses photos. Et curieusement, tous ces visages souriants ou paisibles me sont familiers, je les reconnais, sans jamais les avoir rencontrés.
Peut-être parce qu’ils partagent avec moi l’intime conviction que l’espoir en un monde juste, dans lequel tous les êtres humains auraient leur place, n’est pas perdu . » Nous partageons leur espoir et espérons, que dans ce monde cruel cette note généreuse vous réconfortera.
L’EQUIPE
