C’était l’époque où La Forge était ouverte à tous les vents, à toutes les audaces, à tous les curieux. En 1996, au pas de la porte d’une adorable petite maison, Pierrot incitait les flâneurs à venir jeter un coup d’œil sur ses productions. Sur des morceaux de carton de magnifiques flammes colorées entrecoupées de textes poétiques y virevoltaient.

2005. Pierrot est un personnage incontournable de la rue de Belleville et des Folies, ce magnifique café où s’exprime encore quotidiennement la grande humanité des serveurs et des clients. L’esprit même de Paname y règne en maître.
Passant d’un jour ou de toujours, voici la vie de notre ami, tel qu’il me l’écrivit il y a peu : « Je M’appel Pierrot/ Né en 1958 à aubervilliers/ J’ai Travailler/ de 1975 à 1982/ à la Mort de Mon Père cette/ aNNée Là/ Je Me Suis Retrouver/ à la Rue à l’age de/ Vingt Quatre ans/ arriver à belleville/ Je Suis Rester dix ans/ à la Forge dans un/ local Qui fut bruler/ Je Travaillait sur/ du carton et/ ensuite J’ai Fait/ des Textes ».
Tout est dit. Naufragé du macadam, Pierrot survit grâce à la générosité des passants, grâce à son talent, à sa gentillesse et à sa grande intelligence. Il est fier – et à juste titre – de s’en sortir.
Mais chaque heure reste à gagner. Chaque jour est donc une grande victoire : celle de vouloir toujours rester debout et celle de la solidarité. Nul hasard si l’art et l’écriture demeurent ainsi pour notre ami les compagnons et les armes de sa vie. Écoutons-le encore une fois :
« L’art existe de Puis/la Préhistoire/ et il Survivra/ Grâce a des gens/ qui n’ont que Sa/ Pour Survivre ».

« La Mer est bleue « Le ciel est bleue « Mes yeux Sont bleue « et Tout est Merveilleux
« Dans la Jungle de la Vie « Il serait bon que tout le Monde « retrouve sa Liane « Le Singe la retrouve toujours
Merci Pierrot et à bientôt !
BRUNO CHÉNIQUE
