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Bestiaire des Buttes-Chaumont


Un aussi vaste espace que celui du parc des Buttes-Chaumont (25 hectares), ne peut qu’être propice au développement de la faune. On rencontre en particulier de nombreuses espèces d’oiseaux : les unes nichent ici, les autres ne font que passer au cours de leur migration.

Toutes sont attirées par les 2500 arbres, parmi lesquels on distingue environ 90 variétés, et par la multitude d’arbustes qui leur apportent nourriture, coin tranquille pour faire leur nid ou simple repos.

En échange, tous les oiseaux nous offrent leurs chants merveilleux dès l’approche du printemps. Citons les plus caractéristiques : la fauvette, au plumage fauve comme l’indique son nom et à la tête noire, niche dans les buissons, aimant particulièrement les lilas. Son chant est très agréable.

JPEG - 64.8 koLa mésange nonnette porte bonnet et barrette noirs et fait son nid dans les saules. La mésange charbonnière et la mésange bleue chassent en bande en poussant d’incessants petits cris fins pour assurer la cohésion du groupe. La grive musicienne chante jusqu’à vingt motifs différents et se nourrit d’escargots dont elle brise la coquille sur une pierre qui lui sert d’enclume. La sittelle torchepot est un petit grimpeur actif, capable de descendre le long du tronc la tête en bas. Son nom vient de sa capacité à pétrir des boulettes d’argile et de boue pour maçonner l’entrée de son nid, et elle dispose de 52 variétés de cris.

La chouette hulotte commence à chanter une demi-heure après le coucher du soleil et ceci jusqu’à l’aube. Le hululement est le chant des mâles qui signalent leur territoire. Pour les femelles c’est un appel à l’accouplement qui se fait au cœur de l’hiver. Le rouge-gorge : contrairement aux autres oiseaux, ce sont les femelles qui chantent. De couleur brune avec la poitrine rouge, le rouge-gorge est sans aucun doute l’oiseau le plus vif. Il porte aussi le nom de rubiette.

Le merle est l’un des chanteurs parisiens les plus talentueux. Le mâle revêt un plumage noir très élégant, seulement égayé par son bec jaune et la femelle un plumage brun. Il faudrait encore citer le verdier d’Europe, le tarin des aulnes, le pigeon colombin, le roitelet triple-bandeau, l’étourneau, la pie, la corneille et bien d’autres encore qui, au gré des saisons, peuplent le parc pour le plaisir des promeneurs.


Ceux qui viennent d’ailleurs

Si en hiver on assiste à la migration de nombreuses espèces d’oiseaux, en revanche certaines s’abordent à Paris et notamment la mouette rieuse et le goéland qui remontent le cours des fleuves, le héron cendré et la poule d’eau.

JPEG - 67.4 koPar ailleurs, des canards colverts (du nom de la couleur de leur cou en période nuptiale) viennent se poser toute l’année contrairement aux canards milouins (plumage gris clair, ventre noir et tête rousse) ou des morillons (plumage noir et blanc) qui eux, préfèrent la saison froide. Certains promeneurs privilégiés ont même récemment vu des oies sauvages en partance pour les régions arctiques après avoir pris leurs quartiers d’hiver dans les pays méditerranéens. D’autres palmipèdes séjournent en toute saison sur le lac. Leur voyage est court car ils sont achetés dans un élevage spécialisé près de Caen. Parmi eux, on trouve les canards de barbarie, race commune des basses cours, qui sont plus gros que les canards sauvages, souvent blancs et noirs, avec une crête rouge sur le bec du mâle.

JPEG - 70.1 koLe parc s’enorgueillit de deux couples de casarcas (famille des tadornes) au magnifique plumage orange roux, avec bec et pattes noirs. Son caractère est souvent jugé "teigneux" quand il s’agit de défendre son territoire. Les mandarins sont d’origine chinoise ou indienne. Leur plumage flamboyant se compose de rouge, d’orange, de bleu, de vert et de jaune, mais aussi de rayures noir et blanc.

Proches de leurs cousins chinois, les carolins qui, comme leur nom l’indique, viennent de l’État de la Caroline en Amérique. On les reconnaît à leur bec jaune, à leurs rayures noir et blanc et surtout à leur large huppe vert irisé sur la tête. De taille plus grande, les bernaches du Canada, appartiennent à la famille des oies : plumage gris, beige et noir, bec court et longues pattes noires. Les dendrocygnes au plumage fauve et noir avec une bordure blanche sur l’aile se distinguent par de longues pattes et un bec bleuté.

Cygne noir avec plume blanche frisée.Les cygnes bien sûr, l’un noir, d’origine australienne, avec un superbe bec rouge et de taille plus petite que le cygne blanc tuberculé, symbole de noblesse et de pureté, très répandu dans nos parcs. Et bien non, ce n’est pas un couple, chacun ayant perdu son compagnon dans des circonstances mystérieuses… et faisant preuve d’une fidélité absolue après le disparition de leur conjoint. Le danger n’est donc pas exclu pour l’ensemble de ces animaux qui sont blessés, volés, ou mangés. Qui sait avec la pauvreté croissante ?… 
Les oiseaux reçoivent, de la part du personnel du parc, une nourriture quotidienne dans des distributeurs répartis sur l’île, sans compter les enfants qui partagent volontiers avec eux une part de leur goûter…

léon !…

Pour ceux qui ne les auraient pas encore remarqués, trois paons ont été introduits, voici quelques mois, un mâle à la longue traîne de plumes colorées et deux femelles coiffées de la même aigrette mais sans la queue éblouissante. Ne soyez pas surpris, amis du quartier, de les voir se pavaner devant votre porte ou sur votre balcon en criant leur fameux "léon", car ils ne sont pas du tout farouches. Pourvu qu’ils ne disparaissent pas par malveillance comme leurs prédécesseurs !

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Le lac abrite de belles tortues et une faune piscicole variée en dépit d’une profondeur qui ne dépasse pas 80 cm. Les pêcheurs de l’Association des "bons amis des Buttes" aiment à taquiner gardons, tanches, brochets et carpes qui peuvent atteindre 20 livres. Le cycle de la nature ne s’arrête pas là. En effet, les lignes des pêcheurs sont appâtées avec les vers de vase du lac. Ce sont des larves aquatiques d’un moucheron appelé chironome qui pond ses œufs à la surface de l’eau et ceux-ci donnent naissance à une sorte de petit ver unique pour avoir un sang rouge coloré par la même substance que celui de l’homme.


Autour du lac

JPEG - 92.7 koQuelques rongeurs d’eau s’y développent, au risque de dévorer les canetons. La loi de la nature est parfois cruelle, on le sait. Les canards peuvent aussi être la proie des chiens de race "chasseur", suivant leur instinct. Ce qui peut coûter une amende à leurs maîtres. Alors vigilance ! Les chiens donc, viennent y vivre leur vraie vie de chien, le temps d’une courte promenade. Là aussi, toutes les races, des plus nobles aux plus communes, s’y rencontrent et favorisent les échanges de convivialité entre maîtres, qui sans eux n’oseraient pas. Ainsi on observe de beaux spécimens de la race canine tels que le braque de Weimar, le labrador, le dalmatien, le cocker, le caniche et bien d’autres…

JPEG - 74.2 koLe chat quant à lui, vit caché dans les arbres et les taillis. La plupart du temps il a été abandonné et a rejoint un groupe dans lequel il devra se faire une place et se débrouiller seul. Heureusement, des personnes très dévouées leur apportent quotidiennement de la nourriture et des soins. Loin d’être de pauvres errants affamés, ils sont au contraire bien grassouillets. Qu’en serait-il s’ils ne pouvaient pas gambader à leur aise ?

Un animal très aimé des promeneurs manque à notre somptueux parc, c’est l’écureuil bien que certains prétendent avoir reconnu sa silhouette furtive. Le doute persiste encore. Il n’apprécie pas vraiment les parcs urbains mais s’il se cache, c’est de préférence du côté des conifères. Le hérisson, lui sort à la tombée du jour.

Bonne promenade et bonne leçon de nature car ce parc est un véritable poumon en plein Paris. Il accueille, indifféremment, tous les habitants de notre arrondissement. Qu’ils soient âgés, pauvres, émigrés, sportifs ou amoureux des bêtes, tous réunis sur ce coin de paradis, ce coin de verdure. Le vert n’est-il pas la couleur de l’espérance ?

Sylviane Martin

Les photos sont de Sylviane Martin


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Cygne noir avec plume blanche frisée.


Article mis en ligne en 2010 par Mr Antoine Seck, collaborateur à La Ville des Gens. Actualisé en décembre 2013.

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