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Q.L N° 088-089 - PRINTEMPS 2002

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Brèves et cetera…


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En couverture : non ce n’est pas un martien, mais un membre de l’équipe de nettoyage de la Ville de Paris qui enlève affiches et graffitis sur les murs, Yves GÉANT l’a suivi le long de la rue de l’Ourcq.

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Suite du travail de nettoyage des murs. Cela nous donne l’occasion de revoir le bonhomme blanc de Mesnager, le zoo de Mosko et associés et la jolie maison à l’angle de la rue de l’Ourcq et de la rue de l’Aisne.

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JPEG - 28.5 koCABU a dédicacé « MA 5e RÉPUBLIQUE » à la librairie : Le Presse-Papier 97, rue de Belleville.

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Photo : Presse-Papier.



« La vie de ma mère »
Livre de Thierry Jonquet [1]

JPEG - 61.8 koCent quarante-trois pages, éditées chez Gallimard dans la série noire, est-ce vraiment un "polar" ?

Tranche de vie plutôt d’un gamin de Belleville, pris dans un engrenage de hasards malencontreux, de rencontres dangereuses ou, comment on devient délinquant quand, sans être un enfant de chœur on est plutôt bon bougre mais abandonné à soi-même avec des règles de morale et de vie en société apprises sur le tas, et plutôt individualistes, même si l’on est dans une bande. "C’était juste le SMIC, faut pas déconner ! J’avais déjà 300 keusses, qu’est-ce que j’allais me prendre la tête avec un CAP de chaudronnerie ?"

La présentation des ces confidences, de ces aveux, le récit de cette plongée dans l’horreur se fait pour le juge au moyen du magnétophone :

Face A : le CM2, puis la S.E.S’ jusqu’à la découverte grâce à un voisin d’un poème d’amour d’Aragon, car le gamin est amoureux d’une petite élève de 6e normale : Clarisse. Face B : la bande à Djamel qui utilise sa jeunesse et sa taille pour lui faire faire des petits boulots : envoyer un ballon dans un parking afin d’occuper le gardien pendant que les copains entrent pour voler les autoradios, pénétrer dans un local par une fenêtre étroite pour ouvrir le verrou et là encore laisser le champ libre aux plus grands. Puis la drogue pour les plus âgés jusqu’à ce qu’ils font subir à la mère de Clarisse quand elle découvre enfin la cachette du plus jeune qui s’est enfui de chez sa mère, en voyant qu’il y avait du grabuge : les pères bourgeois ont découvert les cassettes porno visionnées par leur fils vendues par le "héros" et la valeur marchande d’un collier volé donné à Clarisse et qui n’était pas du toc. Tout ce monde habite dans le 19e arrondissement, rue Rémyde-Gourmont pour les plus riches, Belleville pour les autres, balades aux Buttes-Chaumont, à Auchan, promenade donc dans le quartier mais zones à couches sociales différentes… Les origines ethniques et religieuses sont encore plus variées : juifs, arabes, noirs, chinois, français avec des comportements différents, les uns insultent facilement, les autres travaillent davantage, la religion peut jouer un rôle mais tout n’est pas toujours très logique. A l’école aussi ces origines se remarquent, plus avec les enseignants qu’entre élèves, semble-t-il… Et, sauf les bourgeois, tous parlent verlan : zicmu, reurtis (tireurs = voleurs), phrases répétées et définitives : "La vie de ma mère", "vas-y c’est n’importe quoi", "faut pas déconner quand même !". Avec quelques difficultés pour l’écrivain : "J’y étais jamais allé" = sans négation complète mais "aller" ?, "Il pouvait plus se rappeler de rien" : pas de négation complète, "de" incorrect, mais ailleurs : "je me rappelle", l’incorrection fréquente aurait dû donner : "je m’en rappelle". "Il y a des cadeaux "spécials", mais que dire du subjonctif : "après qu’elle soit partie"  ? Détails qui montrent la difficulté d’utiliser un langage aussi populaire pour un écrivain… bien documenté pourtant ! Ce "zarma" = "soi-disant" étonne, par quelles transformations, quelles influences a-t-on (?) obtenu ce résultat ?

JPEG - 10.7 koCe petit livre ressemble aux "Apaches" de Marc Tardieu, mêmes lieux et presque cent ans entre les deux histoires. Cruauté, indifférence des jeunes à la souffrance physique et affective des autres, même si le personnage de Thierry Jonquet s’arrête au vol, lui-même, il n’en est pas moins spectateur de violence "à coups de battes", de viols et de "défonces" inhumaines ; horrifié, sans doute, mais, sans son arrestation, où se serait-il arrêté ? Bien sûr ce livre se lit "bien", et… ne manque pas d’humour, mais…


Jacqueline HERFRAY

P.S. Thierry Jonquet avait promis, il y a quelque temps, un texte à Quartiers Libres se déroulant au métro Stalingrad, n’est-ce pas celui-ci qui, étoffé, a abouti à "La vie de ma mère" ?



Reza et l’Afghanistan… un pays en devenir

JPEG - 41.4 koLe peuple kurde est un très ancien peuple nomade dont on ignore la population exacte. Certains disent 10 millions, d’autres plus de 20 millions. Il est à la fois un peuple réfugié, exilé, déporté, massacré dans les pays du Moyen Orient : Iran-Turquie-Syrie-Irak (en 1918 le Kurdistan fut partagé par les alliés entre ces quatre pays). Reza, lui, est iranien et né à Tabriz en 1952 ; il a rencontré des Kurdes, lorsqu’il était prisonnier politique, qui lui ont fait comprendre ce qu’était le drame des Kurdes. Prisonnier politique, il le fut dans les années 1970 car en Iran, photographe, il témoignait par ses images de la misère d’une partie du peuple iranien sous un régime qui ne supportait pas que cette réalité soit visible.

Après des études d’architecture à Téhéran, c’est la photographie apprise dès 1968 qui lui a permis de traduire l’image des autres, les plus malheureux. Être en quelque sorte un porte-parole, par l’image. En Iran, l’évolution de la politique, la révolte populaire de 1978 ont consacré sa prise de position. Défendre les plus pauvres par la représentation photographique. C’est ainsi que ses contacts avec les Kurdes et leurs révoltes contre les gouvernements des quatre pays où ils sont fixés l’ont bouleversé. En 1981, lorsque l’insurrection kurde a éclaté, il a dû s’exiler. " … Pourquoi tant de violences dirigées contre ce peuple ? Pourquoi refuser et anéantir les richesses d’une culture accumulée au fil des civilisations prestigieuses… de la Haute-Mésopotamie." Danielle Mitterrand.

C’est comme habitant de nos quartiers que nous avons rencontré Reza. Il a fondé une association : AÏNA qui milite pour le développement des médias indépendants et de l’expression culturelle en Mghanistan. Soutenue par l’Unesco, Reporters sans frontière, International Media Support, US Aid, elle est basée à Paris dans le 19e. A Kaboul depuis le début 2002, AÏNA avec Mghan Media et Culture Center a apporté un soutien humain, financier et logistique à quatre publications indépendantes dont un hebdomadaire destiné aux femmes [2]. Plus de 60 journalistes se sont réunis pour élaborer des projets de presse, radio, cinéma. Des partenariats sont mis en place pour que les journalistes puissent trouver un centre de ressources, bibliothèque, studios et bureaux de travail, salles de formation. A Paris, pour soutenir ces projets, Reza a organisé des expositions avec la vente aux enchères de ses photos au profit de AÏNA chez Central Color puis au Sénat. " … Au Sénat cette vente aux enchères (photos du commandant Massoud et de la libération de Kaboul) a pour objectif de participer étroitement au processus de démocratisation d’un peuple qui a trop longtemps souffert… ".



« Mémé d’Arménie » de Farid Boudjellal

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Le troisième tome de PETIT POLIO de Farid Boudjellal MÉMÉ d’ARMÉNIE est paru : " … un événement inattendu va changer le cours de la vie de MAHMOUD, le petit polio… l’arrivée inopinée de Mémé d’Arménie, une grand-mère chrétienne et de surcroît porteuse d’un douloureux secret… blessures pour blessures, peur pour peur, ils vont tenter d’effacer les cicatrices d’un génocide… mais le pourront-ils ? Une chose est sûre, chrétien, musulman, Mahmoud se mélange les racines".

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Farid Boudjellal - Photo : M.A.A.


Martine LAGARDETTE



Article mis en ligne en février 2015.

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[1Série noire - Gallimard nrf

[2Rédigé en dari, patcho et anglais

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