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Côté culture


Portrait de François Varcin, luthier
La boutique art et son
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François Varcin, luthier.


Rue Eugène Jumin, François Varcin répare violons et violoncelles qui ont presque rendu l’âme. Portrait d’un grand professionnel.

François Varcin a fait ses classes à l’Ecole de Lutherie de Mirecourt (ce fut une création de M. Vatelot) Après le B.E.P.C., il a obtenu un B.T. de luthier (en trois ans). Mais aujourd’hui l’étudiant peut compléter son cursus par un Diplôme de Métier d’Art. Avec les nouvelles régulations européennes, les luthiers français pourront, comme les Allemands, obtenir le titre de "Maître". François Varcin a débuté chez René Quenoil, luthier rue de Liège. puis chez Claude Biteur. Maintenant il s’est associé à Messieurs Rouveyre, luthier expert. Aouat son assistant et Raffin archetier expert. A l’origine. le luthier fabriquait aussi des luths. des guitares. des harpes et des clavecins. Maintenant, le métier s’est spécialisé dans les instruments du quatuor : violon. alto. violoncelle, et pour certains contrebasse.


Histoire du violon :

Les instruments anciens atteignent des sommes astronomiques. François Varcin cite les "Stradivarius", les "Guarnerius", les "Amati". violons du 18e siècle italiens.

Actuellement, il répare un "Gand et Bernardel" de la fin du 19e siècle. Ce jeune luthier vante la richesse du timbre et la patine des violons anciens.


Fabrication des violons

"An et Son" est une boutique, et aussi un atelier où François Varcin fait naître des violons. Pour la table d’harmonie. le luthier utilise de l’épicéa. Les éclisses (la couronne des côtés) sont faites d’érable : comme le fond. Les éclisses sont des plaquettes de bois pliées à chaud et posées dans un moule. Le dos et la table d’harmonie sont rabotés à la main, et la tête du violon est sculptée avec une gouge. La "robe" (la patine) de l’instrument est obtenue par un vernis spécial. Le débit des arbres destinés aux luthiers est très particulier. Les cercles de pousse des troncs doivent être perpendiculaires à la surface du fond ou de la table. Les vernis sont un mélange de produits très traditionnels. comme l’essence de térébenthine, l’huile de lin et des résines. Une fabrication industrielle des instruments d’étude est possible. mais rien ne remplace le travail de l’artisan pour la facture d’instruments de maîtres. Un bon luthier n’est pas forcement un bon violoniste. Tout est une question d’oreille.

La clientèle d’Art & Son vient surtout du Conservatoire, mais les gens du quartier viennent maintenant faire restaurer leurs anciens violons. La musique va renaître.


Lise Frenkel



Rencontre avec Sigrid Sarda, peintre

"Dans la rue Dénoyez au fond d"une courette, une petite maison de toutes les couleurs, auréolée de fleurs, de joie et de bonheur rayonne au coin du jour et vous chavire le cœur ! et ce nid enchanteur entouré d’un jardin, c’est l’atelier rieur où Sigrid chante et peint"


De New-York à Belleville
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Photo : P.-E. Weck.

Quartiers Libres : Sigrid, depuis combien de temps vivez-vous à Belleville ?

Sigrid Sarda : Depuis 4 ans.

Q.L. : Etes-vous venue habiter le quartier par choix ou par un hasard de circonstance ?

S.S. : Mon mari avait acheté un appartement ici il y a 4 ans. Mais je connaissais déjà le quartier depuis 9 ans. Lui, il avait choisi d’y habiter pour l’ambiance, la convivialité et cet échange cosmopolite qu’on ne trouve pas dans les autres coins de Paris.

Je suis née aux Etats-Unis, à Woodstock, mais j’ai vécu très longtemps à New-York.

A Belleville, on peut vivre comme on veut, sans être jugé par les autres. Et entre voisins il y a un partage extraordinaire !


Q.L. : Vous connaissez beaucoup de monde dans le quartier ?

S.S. : Oui, je connais beaucoup de gens et ce que j’aime ici, c’est qu’il est facile de rencontrer les personnes, de parler avec elles. Tous mes modèles, par exemple, sont des gens du quartier que j’ai rencontrés comme ça.


Q.L : Avez-vous commencé à peindre spontanément ou avez-vous fait des études de peinture ?

S.S. : A New-York, j’ai fait 2 ans d’études et ensuite j’ai travaillé dans mon propre atelier. J’ai peint d’abord à l’acrylique et ensuite fait des aquarelles. A présent, je travaille à l’huile depuis une quinzaine d’années.


Q.L. : Exposiez-vous à New-York ?

S.S. : Oui… et ici aussi.


Q.L. : Le fait de vivre à Belleville a-t-il une influence dans votre création ?

S.S. : Oui, mais pas seulement Belleville. La première fois que je suis venue à Paris, je suis tombée amoureuse de cette ville ! Parce que c’est une ville tranquille, vraiment. On a le temps de réfléchir et en même temps ça bouge beaucoup. C’est un peu la campagne. Dans une grande ville américaine comme New-York ou Los-Angeles, c’est impossible parce que tout va trop vite et on ne peut pas faire du bon travail. Ici, c’est un peu un village. Il m’est impossible de travailler dans un quartier moderne, froid, anonyme. J’ai besoin que ce soit plus humain, que les gens aient des relations entre eux. Et pour ça, Belleville m’apporte beaucoup !


Q.L. : Le quartier vous inspire-t-il des thèmes dans votre travail ?

S.S. : Non, c’est surtout l’atmosphère elle-même.


Q.L. : Qu’en est-il du danger de démolition qui menaçait votre atelier ?

S.S. : Ici, au 14-16 de la rue Dénoyez et aux Folies, nous sommes sauvés, pour le moment.


Q.L. : Depuis combien de temps faites-vous partie des Ateliers d’Artistes de Belleville ?

S.S. : Depuis le début, il y a 3 ans.


Q. L. : Pendant les Journées Portes Ouvertes, avez-vous eu beaucoup de visiteurs ?

S. S. : Oh oui ! En 1992, il est passé 3 ou 4 mille personnes. C’était bien parce que les gens venaient par curiosité, pour connaître, pour voir. Ils se sont déplacés exprès pour cela.


Q.L. : Et depuis, les gens reviennent-ils pour vous rencontrer ?

S. S. : Bien sûr ! C’est mignon ici, non ?

Q.L. : Féérique ! Un petit atelier tout couronné de fleurs !

Les Journées Portes Ouvertes sont-elles pour vous d’un grand appui pour défendre vos ateliers et y exposer vos œuvres ?

S.S. : Oui, et c’est un moyen d’échanges, de communication.


Q.L. : D’autres créations d’associations s’ouvrent de plus en plus et c’est très important de se regrouper ainsi.

S.S. : L’entraide est toujours importante.


Q.L : Sigrid, merci d’avoir partagé ce moment avec nous.

S.S. : Et si on allait prendre un café aux Folies ?


Entretien réalisé par Gérard Servigne et Pierre-Emmanuel Weck



Article mis en ligne en juillet 2015.

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