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La butte Bergeyre

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Découvrez-moi



Si je suis proche de ma grande voisine verte et ouverte, moi, je suis cachée dans un écrin comme un joyau à contempler. Mon accès ressemble à un château fort, dont la cour intérieure est insérée dans de hautes murailles. Je suis un village verdoyant et pittoresque protégé au centre d’une ville bruyante. Un poète faillit perdre la vie à quelques toises de moi, quelques siècles plus tard deux écrivains, un étranger et un français donnèrent leurs noms à la moitié de mes rues. Si Napoléon III est involontairement à l’origine de ma création, et que des sportifs ont foulé mon sol, phonétiquement je suis la gardienne de moutons attendant son prince charmant. Mon beau prince, si vous ne m’avez pas reconnue il est grand temps que nous fassions connaissance, vous serez peut-être sous le charme en me voyant.


Située dans le 19ème arrondissement prés des Buttes-Chaumont, je suis…
La butte Bergeyre

L’accès est assez difficile : deux très longs escaliers gravissent mon sommet à partir de l’avenue Simon Bolivar et de la rue Manin. Une autre possibilité s’offre à vous, la très alambiquée rue de Lardennois, qui est la seule voie desservant la butte, elle est doublée par un escalier appelé rue Michel Tagrine.

Au début du XXème siècle un stade couvrait le sol, ce n’est que dans l’année 1927 que des rues furent créées et qu’une vie de village a commencé.

Caché est bien le mot pour cet îlot de calme et de verdure entouré d’immeubles. L’accès de ce pain de sucre qui culmine à 90 mètres est préférable par les escaliers bien que la montée soit rude et fatigante. Il faut mériter le bonheur de se trouver dans ce havre de paix. L’effort permet d’évaluer à quel point la ville est bruyante et le calme de mes rues, agréable, qu’en montant les marches, le passage incessant des voitures fait place progressivement aux chants des oiseaux et à la lumière. Un chat viendra peut-être vous accueillir, en tous les cas il vous observe déjà.

Promenez-vous à votre guise, impossible de vous perdre…

En arrivant rue Barrelet de Ricou, vos pieds sont au cinquième étage des immeubles environnants donnant sur l’avenue Simon Bolivar. Ces constructions en forme de râteau sont là pour renforcer la tenue de cette colline, ce qui fait qu’elles ont une butte comme cour intérieure. Promenez-vous à votre guise, impossible de vous perdre, les quatre rues donnent immanquablement Rue Lardennois. Musardez devant les propriétés couvertes de lierre ou de vigne vierge, certaines ont une architecture classique d’autres moins. Le dépaysement est total, quelquefois on a l’impression d’être devant une maison d’un pays nordique, un peu plus loin un bananier devant un mur vieux rose perturbe notre esprit en lui donnant des réminiscences de Caraïbes. Les habitants ont aussi de l’humour, sur une avancée de porte un chat s’apprête à bondir sur une souris, n’ayez crainte ils seront encore là pour renouveler leurs facéties à votre arrivée, ils sont en céramique. Une devanture d’épicerie subsiste pour le souvenir. Avant, la butte était un quartier à part entière avec ses commerçants et sa vie propre, cette boutique est actuellement le siège de l’Association de la Butte et se nomme Utopicerie, tout un programme. Une clinique annexe de l’hôpital de Maison-Blanche, une autre de la Fondation Rothschild créent un peu d’animation. Mais que recherche le promeneur si ce n’est le calme et le dépaysement ? Installez-vous sur l’unique banc public pour admirer le panorama sur le Nord de Paris, face à vous la butte Montmartre et le Sacré-Cœur, qu’il est admirable d’observer au coucher du soleil, vous n’êtes plus dans la capitale, vous pouvez rêver. En dessous de vos pieds, une vigne, c’est d’ailleurs au pied de cette vigne, rue des Chaufourniers que vous pourrez mieux vous rendre compte de l’importance de cette colline. Une pente abrupte commence au niveau du trottoir, du moins c’est l’impression que l’on a, le vert de la vigne s’élève jusqu’à la végétation couvrant les murs de la villa qui se trouve face à vous, la nature se termine sur un firmament d’azur, une vision enchanteresse,
une montée au ciel.


René MINOLI (texte et photos)


Article mis en ligne en juillet 2014.

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