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Histoire en chantant

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Goualantes de la Villette (2) : « L’amour à la barrière »


Emile Chautard, "ouvrier typographe" et membre de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Ecole de France publie, en 1929 "Goualantes de La Villette et d’ailleurs". Nous vous proposons une suite aux extraits publiés dans le n° 50 de Quartiers Libres.

La chanson qui suit a été écrite pour les prévenues de Saint-Lazare, par Louise Régnier, elle-même cliente du lieu. Emile Chautard nous la présente comme une "belle fille robuste et remuante, cambrioleuse à la poigne solide, ne craignant pas de se "flanquer un coup de torchon" avec ses semblables et de "bigorner" même un bonhomme lorsque l’occasion se présente".

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La barrière de La Villette Auguste Gouviot, 1859 Reproduction d’une photographie positive sur papier albuminé Bibliothèque historique de la Ville de Paris © C.H.V.P.


L’amour à la barrière
1
L’on se voit l’on se plait de suite
L’on s’est rencontré par hasard
A la barrière l’on aime vite
Il suffit souvent d’un regard
L’on s’adore ou se le prouve
Sur les fortifs un peu partout
Lorsque l’on a tous deux les mêmes
goûts
Du bonheur joyeux l’on éprouve.
Refrain
C’est un rêve un bien beau
rêve
Dans lequel on vit tous les
deux
Le bonheur jamais ne s’achève
On existe le cœur heureux
L’on donnerait sa vie entière
Pour mieux s’adorer tous les
jours
C’est ainsi que l’on fait toujours
L’amour à la Barrière.
2
Mais au bout d’une semaine
L’on s’aperçoit qu’il faut manger
Au départ la bourse était pleine
Mais elle commence à s’apaiser
Il dit à la chère Petite
Il faudrait aller travailler
A nous deux nous pourrions
gagner
Assez pour devenir riche bien vite.
Au refrain
3
Cependant bientôt elle se lasse
De lui rapporter son argent
D’être toujours dans la mélasse
D’être battu par son amant.
Alors sans tambour ni trompette,
Elle s’enfuit avec son copain
Pour lui faire passer le goût du pain
Monsieur la cherche au bal
musette
Refrain
Adieu le rêve le bien beau
rêve
Dans lequel on vivait tous
deux
Ah ! Jamais le bonheur
s’achève
On est seul le cœur malheureux,
L’on ne peut plus sortir de
l’ornière
On pleure de chagrin tous les
jours
C’est ainsi que finit toujours
L’amour à la barrière.

Louise Régnier
Atelier 2
107 Faubourg St-Denis
Aux Prévenues qui s’emmerdent
Dimanche 12 octobre 1902



(Ci-dessous le fac-simile)

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Article mis en ligne en juillet 2015.

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