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Belleville :

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Il était une fois la fête !


La célébration, célèbre lieu de libation, de la Fête à Belleville trouve son origine dans la configuration naturelle du site, si si.

Les pentes, l’irrigation importante, l’ensoleillement, favorisèrent l’implantation de petits de petits plans de vignes de bonne qualité par les moines de congrégations religieuses installées là.

D’abord modeste et à usage interne la production s’étendit à celui des cabaretiers de la ville de Paris et devint le fait de vignerons et d’agriculteurs qui occupèrent progressivement ce lieu.

Mais ce site était aussi un lieu de promenades. Et pour étancher la soif des promeneurs, mais aussi des marchands, bouchers, meuniers et autres, et des paysans du cru : maraîchers, vignerons, agriculteurs, éleveurs de plus en plus nombreux dans ce coin de Paris, s’installèrent des cabarets, ancêtres de nos cafés. À la différence que l’on ne se contentait pas de consommer, mais aussi d’y biberonner, gobeloter, caqueter, festoyer, et cotillonner.
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Caricature de Ramponeau.


Création des marchands de vin installés près des anciennes fortifications depuis le XVIIè siècle, et servant d’intermédiaires entre les producteurs locaux et Paris, qui transformèrent quelques décennies plus tard leur rez-de- chaussée en ces cabarets aux noms les plus divers : Au Petit St Jean, Notre-Dame-des-Vertus, la Providence et aussi Le Pistolet Royal, le Chaudron, le Lion d’Or…

Un seul inconvénient à cette évolution, la qualité du vin baissa pour donner un petit vin aigrelet le guinguet, du verbe guinguer : sauter, d’où viendra également le nom de guinguettes donné aux cabarets où l’on dansait également.

Parmi ces lieux festifs, certains ont marqué leur temps : Le Tambour Royal de Jean Ramponeaux au cours de la deuxième moitié du XVIIIème puis celui de la famille Dénoyez à l’enseigne du Grand St-Martin dont l’héritier, Nicolas fut nommé Maire de Belleville par Napoléon III en 1856 on y ramponnait en référence à la famille du même nom. Autre lieu célèbre, le cabaret de l’Ile d’Amour où se réunissait la plus ancienne des "sociétés chantantes" fondée en 1792 : Les Joyeux.

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Parmi les éléments ayant favorisé le développement de ce caractère particulier de Belleville : la réalisation du Mur des fermiers généraux en 1787 à l’emplacement de nos actuels boulevards de Belleville et de la Villette. Coupant le quartier de la Courtille en deux, "Le Mur", nouvelle limite de Paris et de la taxe à payer pour toutes marchandises y entrant, favorisa le développement des cabarets de la partie bellevilloise restée extérieure.

Dès lors, outre le cabaret de la famille Dénoyez déjà cité (il était au 8, de la rue de Belleville) de nombreux et variés établissements prospérèrent jusqu’à un passé récent. Entre autres : le Théâtre de Belleville ouvert le 25 Octobre 1828, détruit en 1867 par un incendie puis reconstruit, il subsista jusqu’à notre époque, démoli en 1941 pour être remplacé par un cinéma, lui-même devenu supermarché en 1962. Le Bal Favié, au 13 rue de Belleville, fondé en 1830 ; dès 1906 un cinéma au 36, rue Compans qui fut créé grâce à un marchand de vins et liqueur dénommé Charles Chardenal qui à cet effet installa un moteur à gaz et une dynamo dans son jardin. La Vielleuse un café porte encore ce nom.

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Danseurs.

Ainsi au fil des ans l’animation et l’ambiance festive montaient graduellement la colline de Belleville : en 1853, au 296, rue de Belleville, c’est au bord du lac St Fargeau que fut implanté une guinguette, et réalisé une île artificielle. Le Tout Paris s’y bouscula au point que fut prolongé jusque-là la ligne d’omnibus Arts et Métiers-Belleville. Où l’on vit Georges Sand, Alexandre Dumas, Jules Ferry, Louis Blanc, Léon Gambetta…

Encore au-delà, à l’emplacement des actuels boulevards des maréchaux, la réalisation de l’enceinte de Thiers en 1845, les talus des fortifications deviennent lieu de pique-niques, et aux alentours du bois de Romainville, lieu de promenades, s’installent des fêtes foraines.

Dans ce contexte s’inscrit la place des Fêtes, devenue ainsi lors du rattachement de la commune de Belleville à Paris. Elle était destinée effectivement à recevoir des parades militaires et à être un lieu de festivités, en particulier à travers ses bals populaires fréquemment organisés.

Que reste-t-il de tout cela aujourd’hui ?… Un peu d’esprit.

Mille anecdotes nous sont contées dans les livres de Emmanuel Jacomin et de Clément Lépidis.


Isabelle Pellati


Article mis en ligne en novembre 2013.

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