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Histoire

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Jean-Jaurès


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Photo Nadar.

(Castres 1859 - Paris 1914)
Noms de rues avenue Jean-Jaurès, Paris 19ème…

« Pour moi, j’appartiens tout entier au Parti républicain parce qu’il affirme le droit de l’homme, et j’appartiens au Parti socialiste parce qu’il veut soumettre au droit de l’homme le régime de la propriété. » Jean-Jaurès.

Station de métro, places, avenues, rues de moindre importance… le nom de Jean-Jaurès a été donné à tant de lieux en France ! Et pourtant, celui qui lève les yeux vers la plaque bleue portant l’inscription : Jean-Jaurès (1859 - 1914) Homme politique, sait-il tout ce que cet homme incarne, quel symbole il a été et reste encore pour nombre de français ? Homme politique, certes, mais avant tout socialiste et défenseur de la justice et du droit des hommes à disposer d’eux-mêmes.

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Jaurès en 1878 à l’École normale supérieure.

« Jaurès a été un socialiste… Il a été pendant quinze ans, en France et hors de France, le socialiste par excellence ; non pas le créateur de la doctrine… mais l’homme qui en France et hors de France, personnifié le socialisme. Sa personne, son œuvre, son nom ont incarné le Socialisme, le Socialisme international, le Socialisme révolutionnaire. » Léon Blum 1933.

Jean-Jaurès est né le 3 septembre 1859 à Castres dans le Tarn aux portes de la Montagne Noire, fief de la famille Reille,bonapartiste, alliée aux propriétaires des mines de Carmaux, les de Solages. Originaire d’une famille bourgeoise, touchée par des revers de fortune, il fait de brillantes études à Castres. En 1878 il est admis à l’École Normale Supérieure, dont il sortira en 1881 agrégé de philosophie. Tout d’abord professeur à Albi, puis maître de conférences à Toulouse, il se fait élire dès 1885 député républicain du Tarn.

Améliorer la condition ouvrière en s’appuyant sur les syndicats.

Battu aux élections de 1889 auxquelles il se présentait à l’incitation de ses anciens professeurs à entrer dans la bataille républicaine, il se représente en 1893 et dès lors il se consacre à la politique et abandonne l’université. Sa marche vers le socialisme va se dérouler sur deux plans : celui de la réflexion philosophique et celui de la découverte de la classe ouvrière et de la lutte des classes. Il lutte pour la création de caisses de secours et de retraite propres aux mineurs. Parallèlement il s’intéresse de très près à l’Instruction Publique : il défend les institutions culturelles locales, les langues régionales (la langue d’oc en particulier), la laïcité et le droit des femmes. Mais jusqu’en 1892, être socialiste c’est, pour lui, avoir une vision socialiste de l’avenir et améliorer la condition ouvrière en s’appuyant sur les syndicats.

Ce n’est qu’au moment de la grande grève de Carmaux (Tarn) du 16 Août au 3 Novembre 1892 que le choc se produit et qu’il se prononce pour la première fois pour le droit du "parti socialiste" : à partir de 1896 il élargira sa vision du socialisme en direction de l’Internationale.

Élu député socialiste de Carmaux en 1893, il y apprend à connaître de près, que ce soit au conseil municipal comme à la Bourse du Travail, ouverte en 1888, des ouvriers compétents, experts en métiers anciens, engagés dans le socialisme. Il y apprend que les riches peuvent diriger des villes où les pauvres sont majoritaires. Il y apprend aussi, avec le scandale de Panama de 1892, à s’interroger sur l’intégrité des parlementaires républicains.

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1904 (…) "l’Humanité"

Afin de lutter contre ce qu’il sentait comme l’éparpillement des forces de gauche, Jaurès rêvait d’un quotidien "authentiquement et activement socialiste". Il fonde alors en 1904 un nouveau journal qu’il nommera "l’Humanité", nom symbolique entre tous. Depuis 1885 il n’avait cessé de lier étroitement ses activités d’homme politique et de journaliste : en 1893 il assure une rubrique littéraire bimensuelle à la "Dépêche de Toulouse" et pendant l’été 1898 il est nommé codirecteur de "la Petite République", quotidien socialiste parisien, dans lequel, très fermement, il entreprend de démontrer l’innocence du capitaine Dreyfus. « Et Dreyfus lui-même, condamné à faux par la société que nous combattons devient, quelles qu’aient été ses origines, et quel que doive être son destin, une protestation aiguë contre l’ordre social. » Jean-Jaurès

C’est dans "l’Humanité" qu’il mène campagne en faveur de la révolution russe et appelle le monde socialiste à demeurer vigilant face aux risques de guerre qui menacent. Mais il est bien seul et déjà accusé "d’antipatriotisme". En septembre 1905 il propose l’étude de mesures propres à empêcher la guerre. Dans le même temps il soutient les grandes grèves (Courrières, Carmaux … ) et défend des instituteurs poursuivis pour avoir créé un syndicat : tout en souhaitant que les instituteurs adhèrent à la C.G.T. afin d’unir la culture des livres et celle du prolétariat.

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Discours de Jaurès au Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913.

Conférences, commissions, débats à la Chambre des députés … il est partout où il y a une cause juste à défendre : il dénonce en particulier le vote de la loi des trois ans sur le service militaire. « Ce n’est pas en empilant contingent sur contingent … ce n’est pas en revenant vers les formes surannées de l’armée de métier qu’ils assureront la force française. » Jean-Jaurès 5 juillet 1914.

Qu’allez-vous faire de vos vingt ans ?

Le 25 juillet 1914, à l’annonce de l’ultimatum autrichien à la Serbie, il évoque la responsabilité de tous les pays, de tous les peuples dans le massacre qu’il entrevoit. Le 29 juillet il met en avant l’appel pacifique de l’Internationale. « Je demande à tous ceux qui prennent au sérieux la vie, si brève même pour eux, qui nous est donnée à tous, je leur demande : qu’allez-vous faire de vos vingt ans ? » Jean-Jaurès 1914.

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

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© Albert Harlingue / Roger-Viollet _ *La foule devant le café du Croissant, 146 rue Montmartre, après l’assassinat de Jean Jaurès - Paris, 31 juillet 1914.


Le 31 juillet 1914 à 21 heures 30 Jean-Jaurès est assassiné au café du Croissant à Paris par Raoul Villain, un obscur, un médiocre, un obsédé du nationalisme. Ses funérailles se déroulent le 4 août : la veille l’Allemagne a déclaré la guerre à la France. Les habitants des faubourgs, les mineurs, les instituteurs… tous pleurent ce défenseur des prolétaires, ce guide des socialistes, ce farouche partisan de la laïcité. Le culte de Jaurès s’étend dans tout le pays :

« Il en est un qui par sa science,
Par son savoir et sa bonté,
Plus que tout honora la France
Et défendit l’humanité. »

(Chanson de Gaston Montéhus)

La guerre finie, le 6 avril 1919, son assassin est acquitté. Il aura passé cinq ans en prison éloigné de la guerre qu’il prônait : comble de dérision, c’est la veuve de Jean-Jaurès, partie civile, qui sera condamnée aux dépens. Le 23 novembre 1924 les cendres de Jaurès sont transférées au Panthéon.

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« Demandez-vous, belle jeunesse,
Le temps de l’ombre d’un souvenir
Le temps du souffle d’un soupir
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? »

(Chanson de Jacques Brel)

Cécile Horn


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Tombe de Jean-Jaurès au Panthéon.


Article mis en ligne par Mr Antoine Seck, collaborateur à La Ville des Gens. Actualisé en décembre 2013.

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