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Le métro

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Les dessous du 19ème


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Porte des Lilas, la publicité en céramique.


Dans cet arrondissement, il y a de nombreux joyaux souterrains : les carrières, les regards surmontés de leurs coupoles et le métro. Dans les années cinquante, j’étais comme beaucoup d’entre vous, habitants du 19e , mon grand plaisir était de prendre la navette, Porte des Lilas / Pré-Saint-Gervais.

Cette voiture unique à la conception elle aussi unique, puisque circulant sur pneumatiques, était l’attraction. Elle parcourait les pistes de roulement à grande vitesse pour l’époque, en se dodelinant un peu trop dans les courbes. Les temps ont bien changé, le confort, la vitesse et la sécurité des nouvelles rames se sont bien améliorés. La petite ligne de cette navette n’est plus utilisée, mais à quoi servent ses voies ?

A Porte des Lilas, une station accueille depuis des décennies les acteurs et réalisateurs les plus renommés. Elle est située sous l’ancien cinéma "Les Tourelles" et le café qui fait l’angle, pratiquement à la frontière des 19 et 20e arrondissements. La moitié du quai navette est utilisée par des locaux, l’autre quai paraît mort. Il ne l’est pas toujours, en réalité c’est une vedette, il est devenu le quai cinéma. Des centaines de films, de publicités, d’émissions de télévision ont été tournés ici.

La liste serait trop longue à énumérer, pour moi c’est certainement le film "les frères Pétard"* qui fut le plus spectaculaire. Ce jour là, une centaine de figurants évoluaient, un avion et des monceaux de détritus jonchaient les voies. Une rame de métro avait été transformée en dortoir, des graffitis décoraient le train. Moins de deux heures après la dernière séquence, tout était revenu dans l’ordre, les trains pouvaient de nouveau circuler.

Une séance de tournage.

Une séance de tournage

Une séance de tournage.


Ça c’est du cinéma !

Ça c’est du cinéma ! Ce quai a aussi une autre particularité : une des dernières publicités en céramique et en relief du métro, celle des "bijoux Murat". C’est aussi à partir d’ici que l’on peut joindre une autre station fantôme "Haxo". Ne cherchez pas sur vos plans de métro, vous ne la trouverez pas.

Elle se situe approximativement sous le boulevard Sérurier à l’angle de la rue Haxo. Elle fut creusée dans l’euphorie du moment, sans réelle réflexion et concertation. Les quais ont attendu le moment propice pour s’ouvrir sur l’extérieur et au public. Très vite on s’aperçut de l’inutilité d’une station à cet endroit et les accès ne furent jamais ouverts.

La seule façon d’accéder à Haxo c’est par les voies. Le visiteur entreprend alors de longues minutes de marche dans l’obscurité. Soudain une lumière, la voûte s’élargit, un petit escalier permet de monter sur ce quai, des cadres attendent impatiemment leurs publicités, tout semble figé aux années d’avant la première guerre mondiale. Le visiteur est bien dans le présent et dans l’irréel en même temps. Il est seul à cent lieues des stations République ou Opéra à 18 heures et pourtant il aurait tendance à attendre le prochain métro, car cette station ressemble à toutes les autres.

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Haxo, station fantôme !


Le 19e arrondissement, fier sur ses buttes, a d’autres particularités. Étant un des arrondissements les plus hauts de Paris, il se trouve que le métro est le plus profond de la capitale, les escaliers mécaniques également. Voici quelques années encore la station Place des Fêtes s’enorgueillissait d’avoir des lattes de bois formant l’escalator le plus long du métro urbain.

Dans les années trente, un abri étanche aux gaz fut construit afin de permettre à la population importante dans ce secteur d’être protégée d’une attaque aux gaz possible en cas de conflit. [1] Nous n’en avons pas fini des particularités, le voyageur ne perçoit pas toujours l’attrait de la ligne 7bis. Cette ligne avec ses quelques stations, sa boucle et ses rames de métro d’un autre temps a pourtant plein de charme.

Cette petite ligne ressemble à un métro de province, mais n’est-ce pas le cas ? La ligne étreint au plus près la Mouzaïa avec ses ruelles, ses maisons basses et jardinets. La boucle prend naissance au pied des Buttes-Chaumont, cet immense jardin montagneux aux allures de campagne avec ses habitants toujours un peu frondeurs. Cet ensemble ne forme-t-il pas un "quartier libre" à part, loin de toute ressemblance ?


René MINOLI


Article mis en ligne en 2010 par Mr Antoine Seck, collaborateur à La Ville des Gens. Actualisé en octobre 2014.

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[1dont je parle plus longuement dans "l’inconnu des Lilas "

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