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Humeur

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Main B.A.S (*) sur les immigrés


Depuis de longs mois, 132 travailleurs immigrés (maliens, sénégalais, mauritaniens travaillant pour la plupart pour la Ville de Paris) se battent pour obtenir la réhabilitation de leur foyer dans le cadre de la rénovation du quartier Belleville. Certains vivent là depuis plus de 10 ans.

JPEG - 52.2 koMais la mairie de Paris et son bureau d’aide sociale, gérant du foyer, ne l’entendent pas ainsi, puisqu’ils ont décidé sans aucune concertation la fermeture et la démolition de ce bâtiment construit il y a tout juste 10 ans, démolition qui n’est pas prévue dans les plans de restructuration de cette zone.

Des relogements ont été proposés aux résidents, 30% sur Paris, le reste en lointaine banlieue dans des foyers qui rencontrent eux-mêmes de grandes difficultés avec le bureau d’aide sociale. Les résidents ont refusé ces propositions qui en auraient amené un grand nombre à perdre leur emploi compte-tenu de l’éloignement.

Les motifs invoqués pour fermer le foyer déficit chronique et dégradation du bâtiment sont difficilement acceptables. En effet, les résidents payant leur loyer très cher (1620 F pour une chambre à 1 lit de 8 m2 et 1150 F pour une chambre à 3 lits de 20 m2 sans aucun confort). Les travaux d’entretien exigés par les services de la Prévention et de la Protection Civile en 83 et 87 ne sont pas réalisés, et les subventions versées par le Fond d’Action Sociale ne sont pas utilisées.

Depuis octobre dernier, malgré les intimidations et les provocations du Bureau d’Aide Sociale qui n’a pas hésité à faire intervenir les forces de l’ordre lors d’une conférence de presse, qui a interdit une journée portes-ouvertes, qui a fermé les salles communes, malgré les accusations de trafics de tous ordres qui amènent trop facilement à l’amalgame travailleurs immigrés = trafiquants = délinquants. Les résidents du foyer, aidés par un comité de soutien regroupant une trentaine d’associations, partis politiques et syndicats n’ont pas cessé de lutter.

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Le 23 janvier 88, ils étaient assignés par le BAS au tribunal administratif dans le cadre d’une procédure en référé pour expulsion. Le 1er février 88, le tribunal rejetait la requête estimant légitime la contestation des résidents quant aux conditions irrégulières dans lesquelles leur aurait été notifiée la rupture de leur contrat de résidence.

Encouragés par cette première victoire, les résidents poursuivent leur action et puisque ni le Maire de Paris, ni le BAS, ni la Préfecture ne daignent répondre à leurs courriers, ils décident avec le Comité de Soutien et le Comité de Liaison des foyers BAS de se rendre le 18 mars en délégation auprès de ces différents services, après les en avoir informés.

À la mairie de Paris, le responsable chargé du dossier refuse de les recevoir. Même refus auprès du directeur du BAS. Seuls les services de la Préfecture de Paris proposent un rendez-vous pour le 22 mars. Entre temps, le Bureau d’Aide Sociale a déposé une nouvelle procédure aux fins d’expulsion auprès du tribunal administratif. Le jugement pourrait avoir lieu courant avril 88.

Les résidents devaient avoir quitté les lieux pour le 10 janvier 88, leur détermination a réussi à montrer que la défense d’une cause juste peut mettre en échec un service administratif aussi puissant soit-il, mais rien n’est encore gagné définitivement. La mobilisation doit s’intensifier et plus que jamais, les travailleurs immigrés du foyer Bisson ont besoin du soutien du plus grand nombre d’habitants du quartier.

K.R.

(*) Bureau d’Aide Sociale


Article mis en ligne par Mr Antoine Seck, collaborateur à La Ville des Gens. Actualisé en septembre 2013.

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