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Mon libraire sur Internet


Dessin de Yan Bonizec.Internet bouleverse le livre, mais ne le tue pas. Les investissements engagés par les grands groupes pour s’imposer dans la vente de livres en ligne - les cyberlibrairies - en sont bien la preuve. Mais l’acte d’achat n’est pas le seul concerné par Internet. L’écriture, la diffusion, l’édition et la réédition trouvent aussi un nouveau souffle sur le réseau des réseaux.

Lorsque l’on habite en plein cœur de Paris, se procurer un bouquin ne pose pas trop de problèmes. Du petit libraire de quartier aux grands magasins culturels, en passant par les bibliothèques municipales, il est difficile de ne pas trouver satisfaction.

Allumer son ordinateur, se connecter sur Internet, et acheter dans une cyberlibrairie ne fait pas (encore) parti de nos réflexes quotidiens.

En France, les ventes de livres en ligne ne représentent actuellement que 30 millions de francs par an (une librairie IRL -In reallife, comme disent les internautes !- pouvant réaliser un chiffre d’affaires de 50 millions). Mais le marché pourrait se développer rapidement pour atteindre plusieurs centaines de millions en l’an 2000.

On le sent bien, la bataille va commencer. Nombre de libraires posent un pied sur Internet et convoitent l’acheteur potentiel qui, à toute heure du jour et de la nuit, pourra d’un seul clic, acheter le livre dont il vient d’entendre parler dans Bouillon de culture, par exemple.

À priori, toute librairie, y compris et surtout la petite enseigne de quartier peut avoir un site sur Internet. Votre libraire peut ainsi, sur son site, vous proposer tout un tas de services : actualité des sorties littéraires, portraits d’auteurs, résumés d’ouvrages, cercles de lectures… et surtout personnaliser son service. Par exemple, en vous envoyant par courrier électronique (e-mail) une sélection d’ouvrages adaptée à vos goûts, ou à vos activités professionnelles… tout est envisageable. Le réseau lui offre la possibilité de fidéliser une clientèle de quartier, voire d’élargir cette clientèle vers les pays francophones, en proposant, sur Internet, des services complémentaires et personnalisés.

Mais ce sont surtout les grands groupes qui arrivent en force sur le réseau. Le 4 février dernier, Bertelsmann, grand éditeur mondial, et Havas, leader dans le secteur de l’édition en France, lancent BOL France (BOL pour Books On Line), un service de ventes de livres francophones sur Internet. BOL propose un catalogue de 400000 titres en français, la possibilité de personnaliser plus ou moins son interface et de recevoir des lettres de diffusion en fonction de son profil, des sélections de livres par thème, et du contenu éditorial (critiques, présentation d’ouvrage, dossiers thématiques… ) en partenariat avec les librairies et des éditeurs… Le quotidien Libération vient de signer un partenariat avec BOL. Le cyber-lecteur pourra dorénavant commander directement sur BOL les livres chroniqués dans le cahier Livres du quotidien, ou en rapport avec les dossiers d’actualités, grâce à un bouton BOL placé sur toutes les pages du site de Libération.

Le lancement de BOL a de quoi faire trembler les libraires en ligne français. Certains, comme Decitre, Chapitre et Le Furet du Nord, ont choisi d’adopter une stratégie différente des grands groupes. Les responsables de la librairie Decitre, implantée en Rhône-Alpes (9 magasins, 180 personnes, 190 millions de francs de chiffre d’affaires), ne chercheront pas à surenchérir sur la communication des plus grands. 40 % des clients du site en ligne sont des habitants de la région Rhône-Alpes, Decitre compte surtout offrir la possibilité de commander un livre qui n’est pas en magasin (25 % des clients de la librairie rencontrent ce problème) sans se déplacer.

La librairie Chapitre compte fidéliser ses 30 000 clients par la qualité du service et par une liste de diffusion hebdomadaire personnalisée sur les nouveautés. Le site s’appuiera sur ses partenariats avec Libération, Télérama ou l’espace shopping de Wanadoo. Depuis novembre 98, Chapitre propose 60 000 livres épuisés, grâce à son réseau de libraires spécialisés dans les anciens livres. Très prochainement, chaque utilisateur aura la possibilité de créer son propre catalogue de livres épuisés.

Le Furet du Nord, quant à lui, s’appuie sur la notoriété de sa marque. Le site a défriché le terrain du commerce en ligne. Même si cette activité ne représente que 1 % du chiffre d’affaires total du Furet (2 millions de francs chiffre d’affaires).



L’imagination au pouvoir

Quoi qu’il en soit, si la tendance des librairies en ligne est plutôt orientée "gros budget", l’imagination et la valeur ajoutée aux services rendus à la clientèle feront la différence. Et d’imagination, les pionniers de l’Internet n’en manquent pas. "30 jours à tuer", c’est le titre du roman conçu par les internautes sous l’autorité de Yann Queffélec. "Il s’agit d’abord d’une curiosité", admet Yann Queffélec dans sa préface, ajoutant que "grâce à Internet, on a, à la fois, l’acte solitaire de l’écriture et, en même temps, un acte collectif Il y a là un véritable encouragement à la création littéraire". Le Prix Goncourt 1985 s’est chargé de la rédaction du premier chapitre. Il a ensuite sélectionné, avec un jury, les meilleurs textes envoyés sur Internet et qui ont donc composé les chapitres suivants. Les six gagnants ont gagné 1000 francs chacun en droits d’auteur.

Achat en ligne, écriture en ligne… tout en ligne ! L’édition aussi s’y met et bouscule la distribution du livre en France. Alors si recevoir un ouvrage numérique dans votre boîte aux lettres électroniques vous tente. Rendez-vous dans le prochain numéro de Quartiers Libres pour une visite guidée des cyberéditeurs.


Stéphanie Rouget


Article mis en ligne en 2010 par Mr Antoine Seck, collaborateur à La Ville des Gens. Actualisé en janvier 2014.

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