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Humeur

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Place des Fêtes


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Place aux piétons

Au moment où nous mettons sous presse, des pères et mères de famille, des associations recueillent sur le marché des signatures pour que la dalle de la Place des Fêtes redevienne une zone réservée aux piétons.

Cinq cents signatures sont collectées ce 20 mars. L’association "Place des Fêtes", elle même, le 24 mars, demande la même chose au Conseil d’arrondissement réuni en C.I.C.A… En effet, la situation actuelle ne peut durer ; chaque jour on frôle l’accident ; chaque semaine un conflit explose entre un piéton, un jeune ou un passant et un auto mobiliste sur le droit à passer, à jouer ou à stationner.

Pourtant, un arrêté, sous le numéro 80-16 530, promu le 10 août 1981, réservait bien cette partie de la place aux piétons… Le malheur est qu’il n’ a jamais été appliqué.

Après de nombreux échanges de lettres, de rencontres avec les élus et avec les architectes compétents, il ressort que ce problème sera résolu dans le cadre du réa ménagement de la Place des Fêtes qui doit intervenir en 1990.

Monsieur le Maire du 19ème arrondissement, dans un journal électoral, y fait lui-même une allusion, promettant l’aménagement de 2000 m2 de jardins… Nous avons essayé d’en savoir plus.

« La dalle du sol de la Place des Fêtes sera redessinée. Des jardinières construites devront a voir un effet dissuasif vis à vis des automobiles ; ces dernières, en dehors d’un espace très restreint, ne pourront pas pénétrer sur la dalle. Par ailleurs, les grilles du Square Mgr Maillet seront enlevées pour permettre un lien direct entre le square et le périmètre du marché ».

Ces informations recueillies auprès de techniciens sont encore à mettre au conditionnel puisque la décision finale appartient aux élus. Nous les donnons pour susciter un dialogue au sein du mouvement associatif et avec la population.

Cependant, d’ici 1990, on ne peut pas tolérer le statu quo et des mesures urgentes devront être prises pour protéger les enfants et les piétons. Chacun doit pouvoir rapidement s’exprimer, pour une action concertée et commune.

Bien sur, il faut trouver une solution pour les voitures. La place existe puisque les trois étages en sous-sol de la dalle disposent encore de nombreuses places. Il convient a lors de résoudre, pour l’accès, le problème de l’insécurité. Là aussi, des solutions peuvent être trouvées. Vous en avez ? Nous aussi !

Premier rendez-vous : le samedi 23 Avril 1988 de 14h30 à 17h30 pour se connaître, échanger ; des activités seront prévues pour les enfants. Nous verrons aussi ce que nous pourrons faire ensemble.


J. Reby et M. Montant



Point de vue d’un urbaniste

Il est inutile de revenir sur le gâchis qui a fait de la « rénovation urbaine » de la Place des Fêtes, un des derniers témoignages, à Paris, de l’urbanisme triomphant des années 70.

Aujourd’hui, la Place des Fêtes existe, avec son urbanisme de tours, en rupture avec le reste de la ville, et en particulier du quartier avoisinant, où se trouvent de nombre uses petites maisons qui sont, heureusement, le plus souvent protégées ; mais elle est forte d’une population d’environ 35000 habitants, ce qui représente en France une ville de moyenne importance : Vierzon par exemple.

La population qui, au fil des années, est venue constituer cette ville, en fait un des endroits les plus cosmopolites de Paris. Aux arméniens, grecs, yougoslaves, installés depuis des décennies, se sont ajoutés progressivement des portugais, des rapatriés d’Afrique du Nord, des africains, des maghrébins, et plus récemment des asiatiques. Ce qui évoque une tour différente de celles baptisées, sans grande imagination, Orient et Occident : celle de Babel.

Cette population, venue d’horizons aussi variés , est certainement un atout unique pour ce quartier, et fait la preuve qu’à partir de communautés aussi différentes peut se créer une entité.

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Car, maintenant, malgré le traumatisme de la rénovation, il y a incontestablement « entité » et sentiment d’appartenance à un lieu, pour la plupart des habitants du quartier. Alors n’y aurait-il aucun problème ? Bien sûr, il y en a.

Si la Place des Fêtes était ailleurs qu’à Paris, ce serait une ville, avec un Conseil Municipal à l’écoute des besoins de la population. Nous sommes dans Paris, et, un de nos problèmes, c’est que malgré l’existence de Conseils d’arrondissements, il est difficile de trouver un interlocuteur efficace pour régler nos problèmes de vie quotidienne.

C’est une des questions qui nous est posée à présent : comment obtenir que des règles de circulation et de stationnement soient clairement définies et surtout respectées ?

Que les transports en commun soient améliorées ? (La ligne Lilas-Châtelet est totalement saturée aux heures de pointe. Nous n’avons qu’une ligne d’autobus (le 60) dont la fréquence est mauvaise et qui ne dessert pas le centre de Paris).

Dans le cadre du plan programme de l’Est Parisien, publié dans Paris-Projet, la revue de l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR), la Place des Fêtes fait partie des lieux qui doivent faire l’objet d’un réaménagement.

Essayons de faire en sorte que cet aménagement soit fait avec nous, et non pas comme d’habitude, (la fontaine par exemple), sans aucun souci de la façon dont les habitants utilisent l’espace.

Exigeons d’être associé à cette réalisation.


Anne-Marie Fribourg
Architecte urbaniste
Vice-présidente de l’association
« Villette et Alentours »



Un local associatif

A 11 heures, le 29 mai 1988, 10 rue Augustin Thierry, un local destiné à la vie associative sera inauguré, soit 18 ans après les premières réunions des habitants de la place des Fêtes. Ce local a une histoire… la voici brièvement racontée.

Dès 1970, dans le cadre de l’aménagement de la place des Fêtes, les associations du quartier avaient proposé un projet socio-culturel ; mais son coût fût jugé trop élevé par la Ville de Paris.

L’association Place des Fêtes Avenir (P.F.A.) est alors créée ; elle propose un nouveau projet : un centre de 2733 m2. Ce projet d’abord approuvé sera finalement refusé le 7 décembre 1975. Pourtant, avec des locaux prêtés par une congrégation religieuse au 9 rue du Pré-Saint-Gervais et ceux occupés au 43 de la même rue, la vie locale s’organise et la place des Fêtes grâce au mouvement associatif vit de 1972 à 1975 ses heures de gloire.

Cependant le quartier subit de profondes mutations. Des habitants le quittent, d’autres arrivent et en 1981, P.F.A. se voit refuser ses derniers crédits d’animation et doit quitter les locaux prêtés par la congrégation religieuse.

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En 1983, avec l’impulsion des « nouveaux habitants », l’association « Place des Fêtes » se constitue et prend le flambeau de la défunte P.F.A.… Les objectifs sont les mêmes : obtenir pour le quartier des locaux, proposer des animations qui montrent la détermination des habitants d’agir et de se faire entendre.

L’association souligne sa volonté de reprendre le dialogue avec les organes représentatifs et la municipalité de Paris. Le Conseil d’arrondissement du 19ème répond favorablement à 11 unanimité des élus. Ce dernier propose aux associations du quartier d’avoir un interlocuteur associatif unique. « Place des Fêtes » rassemble alors les associations du quartier, lesquelles crééent ensemble le 20 mai 1984, le groupement associatif de la Place des fêtes. A lui, revient alors la charge de négocier avec la mairie un crédit pour l’aménagement d’un bout d’immeuble (brut de béton), situé au 10 rue Augustin Thierry et dans lequel d’énormes travaux sont à faire.

Mais l’accord de la Mairie du 19ème arrondissement ne suffit pas, il faut également celui de la ville de Paris pour obtenir ces crédits. 1985 et 1986 seront consacrés à ces négociations. L’accord de la S.A.G.I., promoteur propriétaire des lieux sera donné en 1986 également.

L’année 1987 permettra de mettre le tout en harmonie, d’avoir l’assurance des différents financements et de trouver les entreprises. Les travaux commenceront début 1988. Le local ouvrira enfin en Juin 1988.

Avec 75m2 pour 15 associations… que peut-on faire ? Le miracle sera de procurer un espace aux associations qui n’en avaient pas. Espace indispensable, pour tenir des permanences, réaliser des débats et animer des ateliers.

Le mouvement associatif du quartier prouvera par ce moyen, sa capacité à gérer, à créer et indiquera par là-même et très clairement aux élus de Paris que le quartier vaut mieux que ces 75m2.

Au départ, il était question de 2733 m2 ! … Il en reste 2658 à conquérir. Ce sera dur, mais n’est-ce pas le moment puisque de nouveau on parle de réaménager la place des Fêtes.


Jean REBY



Article mis en ligne en septembre 2015.

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