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Rue André-Danjon

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Requiem pour un espace vert


Dans le numéro 50 de Quartiers Libres, nous avions vanté la beauté de ce site en vous invitant à venir l’admirer. Aujourd’hui, hélas, il est irrémédiablement détruit. Voilà le récit de "l’affaire".

Elle commence le 5 août 1991 avec des travaux d’élargissement du trottoir et de la rue, qui débutent dans un bruit infernal.

Deux jours auparavant, les riverains, avertis par une lettre de la SEMA VIP, s’étaient inquiétés puis rassurés au sujet de cet espace vert : M. Petel, le directeur de la SEMA VIP, nous ayant affirmé, par téléphone, que l’abattage des arbres n’aurait pas lieu au mois d’août.

Nous avions encore un petit espoir !… Qui fut de courte durée, car, le matin du 12 août, les riverains alertés par des bruits différents du marteau-piqueur habituel, se rendent compte, depuis leurs appartements, qu’une remorque de camion découverte est là, dans la rue, déjà jonchée de branches coupées. Ils pensent d’abord à un élagage. En prêtant plus d’attention, on aperçoit un homme tenant une tronçonneuse.

Très rapidement, les deux érables du coin de la rue sont abattus. Stupeur ! Le téléphone sonne ; d’autres résidents appellent angoissés : " ils abattent les arbres ". Il est 9h15.

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Les tronçonneuses sont impitoyables.

Nous descendons rapidement et, impuissants, nous assistons au massacre. L’action est rapide : il semble qu’un véritable commando exécute la sentence avec une précision de professionnels. Les petits arbustes sont déjà tombés, puis les prunus, si beaux au printemps ; enfin c’est la chute majestueuse et mortelle de l’érable le plus ancien et le plus haut.

Le travail se termine avec la rangée de cyprès en bordure de la voie ferrée. Les tronçonneuses sont impitoyables. À 10h15 c’est fini, les arbres gisent sur le terre-plein, tels le corps et les cheveux d’un guillotiné. Moins d’une heure pour détruire ce que la nature a fait s’élever de terre pendant 14 années.

À cette place, s’élèvera bientôt un immeuble de bureaux avec parkings. Tout cela, au mépris de la concertation avec les riverains et les habitants du quartier. Désormais, nous ne pourrons plus jouir du parfum de verdure et des premiers pépiements d’oiseaux.

Entre la préservation d’un cadre de vie et le profit à court terme, le choix de Messieurs Chirac et Féron est clair. Ils portent la responsabilité directe de ce : « Massacre à la Tronçonneuse ». Combien d’autres lieux dans Paris vont subir le même sort ?… Devons-nous laisser faire ?


Claudie Lombardo


Article mis en ligne par Mr Antoine Seck, collaborateur à La Ville des Gens. Actualisé en septembre 2013.

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