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Un jardin naturel dans le 20e


JPEG - 62.5 koChacun d’entre nous peut témoigner des bons soins apportés aux parcs et jardins de Paris. Aujourd’hui, on constate également un réel développement de l’originalité de leurs thèmes, notamment celle du jardin André Citroën dans le 15e ou plus récemment celle de Bercy pour son potager et ses plantes aromatiques.

Le dernier-né trouve sa singularité dans son aspect naturel, quoi de plus banal pour un jardin ? Il est néanmoins important de le mentionner car on a vu au fil des siècles les genres se succéder : jardin à la française comme celui de l’Hôtel de Sens ou jardin à l’anglaise comme les Buttes-Chaumont pour ne citer que les plus connus. La sophistication du dessin et le nettoyage des allées et des parterres ont abouti à un lieu de promenade, plaisant certes mais organisé au détriment d’une faune et d’une flore que l’on ne trouve plus guère que dans de rares endroits sauvages à la campagne. Raison pour laquelle on appelle ce nouveau jardin : le "jardin vivant".

Un véritable pari !

Il a été inauguré le 22 septembre 1996, après près de dix ans de réflexion et de recherches en tout genre, depuis celles des végétaux jusqu’à l’équipe des concepteurs dont les lauréats sont Agnès Bochet, paysagiste, Sylvestre Voisin, naturaliste-écologue et jean-Pierre Brun, économiste. Il se situe au pied du cimetière du Père-Lachaise, quand on descend la rue de Bagnolet en direction de Nation.

Son objectif : coordonner les relations entre les plantes et les animaux sauvages pour atteindre l’harmonie et maintenir l’équilibre biologique, en limitant, par exemple, les espèces trop envahissantes ou trop prédatrices, mais sans insecticide ni herbicide. Vagabondes donc, mais juste ce qu’il faut pour garder un certain esthétisme. Il est une sorte de compromis avec un jardin ornemental classique où l’on joue avec les formes et les couleurs des plantes sauvages qui ont vécu dans ce lieu autrefois, lorsque la campagne était encore dans Paris et qui, aujourd’hui méconnues, reprennent leurs droits. Ici même, dans cette région d’Ile-de-France où l’on extrayait la roche calcaire des carrières au XIXe siècle et qui, désormais, décore les allées de ce jardin, lui apportant une certaine luminosité par sa blancheur.



Quelques particularités

JPEG - 61.5 koIci, on laisse les plantes produire pollen, fruits et graines : pas de gazons tondus, pas de haies taillées. Ainsi, les plantes à nectar attirent les insectes pollinisateurs, les plantes nourricières des chenilles favorables au développement des papillons. Par ailleurs, les baies juteuses, les fruits secs et les graines nourrissent les oiseaux en automne et en hiver. Le couvert des buissons abritent les petits mammifères. La litière de feuilles mortes dissimule la faune du sol. La végétation de la mare alimente des petits herbivores, qui à leur tour font le régal des larves de libellules, des tritons et des grenouilles. Le cycle de la nature est ainsi rétabli.

Autre point positif, ce jardin est aussi évolutif. En effet, l’image d’aujourd’hui n’est pas celle de demain car nombre de plantes herbacées n’ont pas encore pris la place qui leur est destinée. De plus, la nature, dans sa fantaisie innée, fait apparaître de nombreux végétaux inattendus. Des micro-milieux, petit à petit se dessinent : bordures, lisières, zones de transition…

Du point de vue écologique, il s’agit de reproduire les caractéristiques naturelles des différents milieux qui évolueront harmonieusement vers une réelle diversité biologique. De même que l’entretien utilise des techniques de jardinage biologique : respect des cycles de végétation, conservation de la litière, tailles réduites au strict minimum, traitements chimiques exclus, tontes régulières supprimées.

Il est aussi prévu que la variété des sols utilisés et les soins donnés au jardin conduiront à terme à la différenciation des milieux. La prairie deviendra dense et régulière, le sous-bois s’étagera, le mur verdira peu à peu, etc. L’ensemble des zones devraient ainsi s’équilibrer et se stabiliser au fil du temps.

Il va sans dire que ce projet pédagogique satisfait la curiosité des petits parisiens qui s’y rendent avec leurs professeurs, mais également celle des adultes qui y retrouvent les jardins campagnards de leur jeunesse. Tous s’étonnent devant la beauté et les senteurs de ce jardin naturel pour ne pas dire de rêve, tant la sérénité y règne en maître. Sans oublier le gazouillis des oiseaux qui nous font oublier quelques instants les bruits de la capitale.


Sylviane MARTIN


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Entrées du jardin : Rue de la Réunion
Rue de Lesseps Paris 20e


Article mis en ligne en avril 2015.

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