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VILLA OTTOZ : dernières riches heures avant la disparition

Le Belleville effacé et ses personnalités
Révisée plusieurs fois depuis 2015, la rédaction d’origine a bénéficié à ce jour : 24 juillet 2019, des renseignements très précis que nous a aimablement apportés M. Richard Stepniewski — merci à lui — qui, enfant puis jeune homme, a habité au 8 de la villa de 1947 à 1971. Nous avons également profité des informations elles aussi « pointues » apportées par Pierre Alechinsky dans le portfolio « Belleville sur un nuage », sorti publiquement au printemps de 2019 chez l’éditeur YellowNow et réalisé par le fils aîné de ce peintre, Ivan Alechine (l’un et l’autre sont évoqués dans le présent article). Nous en recommandons vivement la lecture car il renferme un bon lot de vues vraiment inédites sur Belleville.


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La grille d’entrée de l’ex-villa Ottoz aujourd’hui. Photo Maxime Braquet.

Comme nous, faites le test. Au milieu de la montée (ou de la descente) de la rue Piat — cette artère de Belleville dont le sommet offre l’une des plus grandioses vues de Paris —, à la hauteur du n° 43, donc, afficher un air perdu, arrêter un passant et lui demander : « Excusez-moi, vous êtes du quartier ? – Oui. – Je cherche la villa Ottoz. — La villa Ottoz ? c’est quoi : une boutique ? une adresse d’habitation ? – Non, ce serait plutôt une rue. – Ah ! bon, désolé, je ne peux pas vous aider car, même juste le nom, je n’en ai jamais entendu parler. » S’amuser alors gentiment de la stupéfaction de la personne quand, après l’avoir priée de lever la tête pour examiner le portail en ferronnerie ajourée avec art qui, en cette place, se propose au regard, elle y épellera l’inscription en grandes lettres : « VILLA OTTOZ ». Ce n’est pas du tout là une expérience extraordinaire mais au contraire une révélation banale : la plupart des habitants du quartier ignorent le pourquoi de cette inscription et il se trouvera certainement nombre d’autochtones qui avoueront ne l’avoir jamais lue en dépit de constants passages devant le portail. 

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Le portail vu au sein des années 1970. Photo DR. Pendant les jours travaillés, le concierge le tenait grand ouvert aux voitures car quelques ateliers artisanaux fonctionnaient dans les maisons de la villa. Au fond du cliché, à droite, la maison du n° 2 de la voie.


Regret : la villa Ottoz a expiré en 1976-1978. Ce n’était d’ailleurs pas une villa dans l’acception « pavillon » du mot mais une voie privée en forme de L qui desservait des… villas. A partir d’un rond-point central auquel on parvenait en remontant une rampe qui courait entre deux murs aveugles, ces habitations formaient, dans la partie terminale de la venelle en impasse, une agglomération encore forte de huit unités en 1976. Le nombre avait été jusqu’à 11 dans le passé. Le caractère exceptionnel de la disposition naturelle : un balcon face à Paris et à flanc de colline, désignait en effet les lieux à la constitution d’un hameau résidentiel. C’est ce qui se réalisa entre 1850 et 1875 en gros [1]. Prétendre que ses habitants furent pendant quelque cent vingt ans des privilégiés [2] n’est pas un abus de langage. D’autant moins que le hameau figurait une manière d’oasis protégée au sein d’un environnement dominé par les signes de la civilisation industrielle. De la configuration ancienne de l’heureux endroit ne subsiste précisément plus de nos jours que le portail d’entrée [3], qui ouvre désormais le chemin à une allée du parc de Belleville. Encore chanceux qu’il ait été sauvé, ce portail. 

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Etat de la villa Ottoz, 1947-1976, d’après le « Plan parcellaire municipal de Paris », 1890. Les notations en bleu sont des ajouts de la rédaction. Indices, A : portail d’entrée ; B : conciergerie ; C : escaliers d’accès au plateau de la propriété formant le n° 1 ; D : pierre dressée du rond-point.


Lorsque les engins à chenilles de l’urbanisme entreprirent, en 1976-1978, de tout démolir pour faire place nette au parc de Belleville, on devine sans peine que les derniers occupants, expropriés, n’abandonnèrent pas ces lieux de charme la gaîté au cœur. Deux ans après son exil contraint, et alors que s’achevait la besogne destructrice à la villa et tout autour, l’un d’eux fit entendre son désagrément dans des termes passablement persifleurs : « Attendez. Une information vient juste de tomber du télex, ce jour d’hui, dimanche, 19 mars 1978, à 23 h 45 : encore une victoire de l’immobilier : Belleville est tombé. Donc ça y est. Ils l’ont eu le quartier de la Commune. » 



L’auteur de cette simili-dépêche est la romancière Christiane Rochefort, figure haute en couleur du mouvement littéraire français des années 1960-1990. Elle habitait en la villa Ottoz depuis 1959, où elle voisina avec d’autres personnalités de marque. Égrenons donc avec une nostalgie bien pesée les dernières riches heures de cette oasis bellevilloise de bon-vivre.


Quatre images d’une visite de 1966
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Segment initial de la villa Ottoz. Document INA, octobre 1966. Tout de suite après le franchissement du portail d’entrée, à gauche en montant, il y avait la loge de conciergerie et, à la suite, un escalier (voir son vestige en 1992 à : https://michelsfez.com/maisons-et-bâtiments/r%C2%8Ef-1159-35-2/) menant au sommet d’un tertre dont la terre était contenue par un haut mur (voir le plan inséré un peu plus haut). Ce tertre accueillait une résidence au milieu d’un assez vaste jardin. A gauche, le mur aveugle d’une boutique de la rue Piat puis la grille d’enceinte de la propriété n° 2. A l’arrière-plan du cliché, le bâtiment de l’usine de vulcanisation Dynamic, sur le trottoir opposé de la rue Piat.

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Le pavillon du 1, villa Ottoz, surplombant le rond-point. Document INA.

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Partie terminale, en impasse, de la villa Ottoz. Document INA. C’est le hameau résidentiel. Côté venelle, les résidences ne payaient pas forcément de mine mais, de l’autre côté, regardant Paris, c’était assez fastueux.

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Façades sur la venelle des n° 10 et 12. Document INA.


Sur le plan inséré plus haut, l’emplacement de la maison de Christiane Rochefort, marqué « 10 » par le cartographe, est passé par nous à la couleur rose. Nous allons spécialement nous intéresser à lui ainsi qu’au lotissement suivant, le n° 12, en jaune.
L’écrivaine, donc, arriva en 1959. A l’époque, elle était à l’aube de sa carrière dans les lettres. Les milieux du cinéma la connaissaient comme journaliste directrice du service de presse du Festival de Cannes, où cette femme, née en 1917 — et qui nous a quittés il y a quatorze ans — officiait depuis 1949. Elle avait particulièrement pour responsabilité la délivrance des accréditations aux journalistes. Elle travaillait aussi auprès d’Henri Langlois à la Cinémathèque française.


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L’écrivaine devant l’entrée du 10, villa Ottoz, côté venelle. Document INA, 1966.




Christiane Rochefort, châtelaine de « sous-sol »

Le succès formidable de son premier roman, Le Repos du guerrier (1958), lui permit, comme on dit, d’accéder à la propriété de son logement. C’est ce qu’elle relate dans Ma Vie revue et corrigée par l’auteur (titre bien dans son esprit), un ouvrage de confidences et de souvenirs publié en 1978 :


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L’auteure du « Repos du guerrier » vers 1970. Photo DR.


« Dès que j’ai eu un peu de sous, j’ai restitué ses ‘’Grands Champs’’ à la Ville de Paris et j’ai acheté le rez-de-chaussée (au-dessus, il y avait Alechinsky) d’une ancienne folie Régence en pierre avec balcons ouvragés plafonds hauts à moulures une pièce de 36 mètres carrés avec trois portes-fenêtres d’une seule vitre donnant sur perron à balustres de pierre et descendant par escalier de marbre blanc sur jardin envahi de lianes à flanc de colline panoramique d’où on voyait à droite le Sacré-cœur (tant pis) et à gauche jusqu’aux bois de Meudon et le 14 juillet tous les feux d’artifice et le soir tous ceux du couchant rose frisant à couper le souffle quotidien de beauté, et en état de semi-délabrement romantique, dans un quartier sans standing. » Dans une interview journalistique accordée au temps où elle logeait encore à Bagnolet (on y viendra plus loin) et préparait son déménagement, l’écrivaine disait encore : « Je cherche un vrai lieu. Où vivre. Belleville est encore ce fouillis de petites maisons, allées-jardins, au flanc des collines. Voilà. C’est là. Je peux m’arrêter. C’est au rez-de-chaussée d’une maison Charles X à pâtisseries, offerte, paraît-il, à sa belle par un négociant en vins. »


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Christiane Rochefort dans le « parc » de son habitation de Belleville vers 1972 : debout, assise sur les marches du perron (on discerne au-dessus de sa tête le balcon de ce qui fut l’appartement des Alechinsky) et s’apprétant à pousser la porte jardinière du côté de la rue Jouye-Rouve. Photos : DR et Jean Mounicq.


Les styles architecturaux ne sont manifestement pas au pic des connaissances de la romancière car l’examen des photos du lieu que nous reproduisons dans cet article, s’il ne pousse pas à rejeter la possibilité de réminiscences Charles X, porte néanmoins à écarter résolument tout emprunt stylistique aux folies Régence. Nous pouvons également nous demander à quelles rumeurs l’écrivaine prêtait innocemment l’oreille avec son histoire d’offre galante car, d’après la documentation conservée, la première habitation du pavillon fut toute de famille, celle d’un entrepreneur en voiturage. Le reste de la description de l’écrivaine colle cependant assez bien avec le rapport tout administratif contenu dans le carton D1P4 879 des Archives de Paris : « Propriété composée de : 1° Bâtiment double en profondeur, élevé sur sous-sol, de RDC et 1 étage carré. Construit en moellon et brique, couvert en ardoise et zinc. Au fond du jardin, en contrebas, à droite et à gauche de la sortie de la rue Jouye-Rouve. 2° Pavillon simple en profondeur élevé sur tertre, de RDC et grenier. Construit en moellon et plâtras. Couvert en bitume. Entrée de porte bâtarde. Sortie de porte cochère rue Jouye-Rouve. » Pour concordance parfaite, on considérera que le « rez-de-chaussée » mentionné par Christiane Rochefort correspond en vrai au « sous-sol » du calepin du cadastre. Le bâtiment total, dont l’édification date autour de 1860, possède ainsi trois niveaux : celui de plain-pied avec la venelle Ottoz, où l’entrée normale du n° 10 s’ouvre, celui situé au-dessous, auquel on peut aussi accéder par le jardin, et un étage mansardé.



Une petite Belgique à Belleville
La romancière, on l’a lu, nomme son voisin du dessus, Alechinsky. C’est-à-dire le peintre et graveur Pierre Alechinsky, toujours en vie – nonagénaire — en 2019 et depuis longtemps tenu pour un artiste moderne majeur. A la moitié des années 1950, en revanche, et bien qu’il ne fût plus dans les débuts de sa carrière et qu’il eût appartenu à un mouvement avant-gardiste international, Cobra, qui fit quelque sensation aux lendemains de la guerre, la vraie consécration restait encore pour lui à venir. Belge, Bruxellois même, il vint s’installer à Paris en 1951 et se fixa en 1954 à la villa Ottoz où il demeurera pendant dix ans — avec sa femme, Micky, et ses fils, Ivan et Nicolas —, y concevant quelques-unes des œuvres caractéristiques de sa manière de l’époque tels Murs d’oiseaux (1958) et Alice grandit. De fait, c’est par lui que Christiane Rochefort prit connaissance de la villa Ottoz. Par lui et, plus exactement dit, par l’entremise de cette communauté artistique qui colonisa l’oasis bellevilloise dans les années 1950 et 1960 et qu’il n’est pas déplacé de baptiser « petite Belgique ». Récit :

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Pierre Alechinsky vers 1954.

Alechinsky en fut de quelque manière le fondateur. Pas tout à fait le découvreur des lieux, toutefois, puisqu’il y fut lui-même introduit par une compatriote anversoise, kinésithérapeute, dont il prit le relais. Peu importe, et quelques mois après être devenu propriétaire du rez-de-chaussée, il signala à son excellent ami d’enfance le contrebassiste de jazz Benoît Quersin [4] la possibilité d’acheter le sous-sol. Ce que ce dernier fera lui aussi avec son épouse. Voilà nos compères qui, dès 1955, disposèrent de l’ensemble du bâtiment, lequel vit dès lors passer et séjourner, chez le peintre ou sous le toit du jazzman, selon les disponibilités du moment, nombre d’amis d’outre-Quiévrain. Notamment les anciens du mouvement Cobra Christian Dotremont et Asger Jorn, lequel, entre parenthèses, n’était belge que par assimilation car rejeton du Danemark [5]. Autre fréquent hôte de la maison, Jean Raine. Ce Bruxellois enfant du quartier de Schaerbeck provenait aussi de Cobra auquel il participa, quant à sa personne, aux titres de poète et de cinéaste (mais il tâtait également de la peinture). Comme il assistait Henri Langlois à la Cinémathèque française, le lien se fit naturellement avec le foyer de Belleville et Raine fut de toute probabilité à l’origine de la commande passée en 1956 à Alechinsky d’une encre de vastes dimensions destinée à décorer les locaux de l’institution cinéphilique alors sise rue Spontini (Paris 16e).

Hôtes et visiteurs remarquables du 10
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Chet Baker

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Christian Dotremont


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Asger Jorn

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Benoît Quersin


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André Breton. - Photos : DR



En dehors de la filière belge, on ne saurait se priver de mentionner la fréquentation de deux personnalités de haut prestige : le quasi mythique trompettiste-crooner et playboy Chet Baker, partenaire, dans les boîtes de jazz parisiennes, de Benoît Quersin qui l’hébergea chez lui. Chet à Belleville, un beau morceau de légende ! Et puis André Breton, rien que ça, le grand-maître du surréalisme [6]. C’est lui qui apprit aux résidents visités du 10, villa Ottoz cette chose extraordinaire qu’ils n’étaient pas les premiers à former un foyer de vie artistique en la place. Il y a comme ça des lieux qu’on dirait prédisposés. Quatre-vingts ans plus tôt, un certain Jean Dolent, habitant du n° 3, esthète et collectionneur de tableaux, avait en effet rassemblé chaque semaine dans son salon d’apparat des représentants du gratin artistique, littéraire voire politique du temps : Rodin, Anatole France, Mirbeau, Morice, Gauguin, Clemenceau sans doute, on en passe et des meilleurs. C’était, expliqua l’auteur de Nadja à Alechinsky et à ses co-résidents, la raison de la présence, sur un mur de la venelle Ottoz, de cette plaque commémorative au nom de Dolent qu’ils ne pouvaient avoir manqué d’observer. De lui et de ladite plaque, nous parlons, ici même sur ce Website, dans l’article « Bonjour, monsieur Jean Dolent ! »


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Christiane Rochefort et Jean Raine à la Cinémathèque - Photo DR


Travaux


Revenons pour l’heure à Christiane Rochefort. Elle fréquenta certainement la villa Ottoz quelque temps avant de venir y habiter. Elle avait pour cela un gracieux cicérone en la personne de Jean Raine, son collègue à la Cinémathèque et qui, c’est probable, lui présenta le premier Alechinsky. Lorsque Benoît Quersin décida de vendre son « sous-sol » et de rentrer en Belgique, la romancière fut alertée et emménagea bientôt à la villa Ottoz avec son compagnon, l’écrivain israélien Amos Kenan. Enrichi de ces nouveaux arrivants, le 10 de la villa Ottoz poursuivit et renforça sa carrière de communauté d’artistes. Entre 1959 et 1964, Christiane et Alechinsky travaillèrent ainsi ensemble à la réalisation de plusieurs projets dont le livre Tireurs de langue, adaptation en français d’un texte d’Amos (1961). Cette collaboration se prolongea donc après que le peintre eut quitté la ruche bellevilloise pour aller vivre à Bougival.


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Christiane Rochefort et Pierre Alechinsky en séance de travail chez l’écrivaine en 1964. Photo : Suzy Embo.

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Fresque dessinée par Amos Kenan à l’époque de la démolition des maisons de la villa Ottoz. Photo DR.



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L’écrivaine en sculptrice. Cet éléphant date de l’époque où Christiane avait son atelier à Bagnolet. L’animal, achevé, la suivit à la villa Ottoz où il prit pied près de la pièce d’eau du jardin. Lépidis l’évoque à cette place dans « Belleville au cœur ». Photo DR. L’œuvre orne aujourd’hui la tombe de la romancière, au Père-Lachaise.

Dans son sous-sol de la villa Ottoz, l’écrivaine rédigera plusieurs de ses romans fameux, par exemple Une rose pour Morrison (1966) et Printemps au parking (1972). Avec le cinéaste franco-canadien Moshé Mizrahi, elle y œuvra, en 1970, à l’élaboration du scénario du film tiré de son « best-seller » Stances à Sophie [7]. Christine avait bien des dons. Quand elle n’écrivait pas, elle s’adonnait à la musique, à la peinture et surtout à la sculpture sur pierre (voir l’image insérée ci-dessus).


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La romancière dans son 36 mètres carrés. Document INA.



La maison de Jules, dans « Jules et Jim »


Christiane Rochefort, en dépit de son immersion professionnelle dans l’univers du septième art, ne fut pas le témoin d’un évènement cinématographique important qui se produisit pratiquement sous ses fenêtres. Elle était occupée, à Cannes, à la préparation de l’édition 1961 du Festival, et donc absente de chez elle, quand François Truffaut tourna à la villa Ottoz deux scènes de son chef-d’œuvre Jules et Jim. D’après Robert Bober, qui fut l’assistant du réalisateur pour ce film (ainsi que Ne tirez pas sur le pianiste, antérieur) et avait reçu de lui la charge de repérer des places de tournage, c’est à l’appartement de Pierre Alechinsky qu’on songea d’abord pour en faire la demeure parisienne de Jules. Mais trop de toiles de peinture encombraient la place et Bober fut finalement heureux de proposer à Truffaut le pavillon d’à côté, c’est-à-dire le n° 12 — repéré en vert — de notre plan. Fort à propos, il se trouvait alors vide d’occupants, ses propriétaires l’ayant mis en vente. Selon les tableaux d’organisation pratique archivés au fonds « Truffaut » de la Cinémathèque française (aujourd’hui campée rue de Bercy, Paris 12e), les acteurs et techniciens du film colonisèrent exactement la propriété les 20 et 22 avril 1961.

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La séquence initiale de la première scène tournée présente le maître du logis, Jules, en compagnie de son inséparable Jim dans le jardin de la propriété, conversant sous une pergola. Changeant de plan, la caméra pivote et cadre au large sur le double perron de la résidence dont trois femmes, Catherine (Jeanne Moreau) et deux amies, en coquette vêture d’été Belle Époque — l’espace fictionnel du film nous transporte vers 1912 —, descendent les marches d’un même côté. Jules et Jim, cessant leur dialogue, se portent à leur rencontre. C’est l’action captée par notre illustration ci-dessus où, en prêtant attention au muret de séparation qui figure sur la gauche du cliché, on distingue au-delà l’amorce de la demeure de Christiane Rochefort. Elle est reconnaissable par comparaison avec les photos incluses plus haut dans l’article. La seconde scène du film, qui met en jeu Catherine et Jim, est intérieure et montre le jardin en vue inverse au travers des larges baies vitrées d’un salon [8].
Qui était le propriétaire ou occupant réel du lieu utilisé par Truffaut ? Les fiches techniques de tournage ne nous le révèlent pas. Peut-être s’agit-il de ce monsieur Leroy, graveur de son état, qu’indique l’annuaire des abonnés au téléphone. Du reste, des artisans d’art comme lui, ou gens de lettres et des spectacles, plus ou moins connus, les maisons de la villa Ottoz du côté de sa corniche sur Paris en accueillirent un nombre certain au fil des ans, le phénomène n’étant pas du tout nouveau autour de 1960.

Le même bottin téléphonique signale ainsi pour 1911 la présence du sculpteur Henri Krazowski, celle du lithographe Marcel Vanthiagen en 1926 ; le sculpteur Moïse Shwanenfeld et l’architecte Fuck en 1936 ainsi que le luthier Lambert… et, dans Des Dimanches à Belleville, Lépidis avance que l’artiste de cabaret et de théâtre Claude Serval (né en 1921) avait été l’un des prédécesseurs de Christiane Rochefort au 10 de la villa Ottoz, sans doute vers 1950. Parmi les anciens résidents, il importe de mentionner tout spécialement Jean Dolent, écrivain et collectionneur d’art dont le salon bellevillois, véritable musée, accueillit chaque dimanche tant de gloires autour de 1900 : Rodin, Anatole France, Gauguin… L’évocation de ce personnage tout à fait singulier mérite un article entier.



Chronique d’un combat perdu

C’est en 1975 que le havre résidentiel de la villa Ottoz vit la fin de son histoire plus que séculaire annoncée sous la forme d’un arrêté d’expropriation de ses habitants rendu par la Ville de Paris pour raison d’ « intérêt public ». Cet intérêt : la mise en place du vaste espace vert qu’est à présent notre parc de Belleville (inauguré en 1988), on ne saurait avec sérieux en contester le bien-fondé tant il est vrai que le 20e arrondissement manquait jusque-là cruellement de jardins publics – ce qui, au reste, demeure par malchance en partie vrai aujourd’hui. Il faut d’autre part reconnaître que l’agencement de ce parc est une franche réussite paysagère qui a au surplus préservé le panorama merveilleux sur Paris, même si l’on peut regretter le vieil encadrement de maisons si bien magnifié par les maîtres photographes Doisneau, Ronis, Guérard, etc.

Cela concédé, on ne se privera pas d’ajouter que les ordonnateurs et les conducteurs de la rénovation urbaine remplirent leur office selon une attitude hélas ! trop habituelle chez eux, entendre par-là : sans état d’âme ni embarras humanitaire superflus en face de la plainte des habitants brutalement arrachés de leur terreau social.

Des résistances se manifestèrent, surtout à la villa Ottoz. Cette opposition, une femme possédant le tempérament de Christiane Rochefort était bien faite pour l’exprimer. Dans sa vie, elle participa à de nombreux combats en tant que pacifiste (contre la guerre colonialiste de la France en Algérie et celle impérialiste des États-Unis au Vietnam), féministe (elle fut une figure de proue de la lutte pour l’obtention du droit l’IVG) et comme défenseur de tous les droits de l’homme bafoués, sans oublier de parler des tabous et des préjugés sociaux à la ruine desquels ses romans s’attachèrent.

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Démolition du hameau résidentiel de la villa Ottoz en 1976. Photo DR


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Ultime vestige des vieux jardins des pavillons résidentiels en 1995, avec tag de l’ami Nemo. Photo Maxime Braquet.


Venant de sa part, l’apostrophe rapportée au début de l’article : « Encore une victoire de l’immobilier : Belleville est tombé », n’a rien pour étonner. Pas davantage les termes vigoureux d’une lettre personnelle qu’elle adressa le 19 avril 1976 au préfet de Paris : « Tandis que je dois attendre dans cet appartement le bon vouloir de la Ville de Paris, la vie m’y est rendue impossible par la Ville de Paris qui a autorisé la mise en route des travaux de démolition, quand les habitants sont encore là (non indemnisés ou non relogés). Je suis cernée par les bulldozers et les foreuses, qui s’approchent chaque jour. On annonce pour bientôt le survol de mon toit par une grue (ces engins lâchent parfois leur charge). Les démolitions effectuées à la boule, le ciment concassé au sol, ébranlent la colline entière, mon lit tremble sous moi et je ne suis pas la seule, les gens sortent en chemise, certains ont déjà reçu des bouts de leur plafond dans le petit déjeuner. […] Ayez, s’il vous plaît, la grâce de me faire remettre ce qui m’est dû avant que mon plafond me tombe sur la tête. »


Dans Ma vie revue et corrigée…, où cette missive est reproduite, la romancière se remémore le jour où elle se tint plantée tout un après-midi sous un mur en démolition pour forcer les ouvriers des bulldozers — qui, les malheureux, n’exécutaient qu’une tâche commandée — à abandonner le chantier (p. 265). Amoureuse éperdue de la gente féline domestique comme elle était, Christiane la rebelle ne pouvait surtout pas s’empêcher, dans le même livre, de dénoncer ce crime abominable : « La Ville de Paris, je ne l’oublierai pas de sitôt. Je me souviens que les chats Big Lion et Petit Problème ont disparu deux jours avant que je déménage, et on ne les a jamais revus. »

Que de regrets des moments émouvants vécus là elle exprime en une litanie toute péréquienne : « Je me souviens de la nuit (sans doute à la fin de la guerre d’Algérie, NDLR) rue Piat où on a attendu les paras avec Amos Kenan, Claude Martin, Abidine, et un pistolet à eau, en lisant des poèmes de Kadafi. Non, Cavafi : En attendant les barbares. Je me souviens du Veuve Cliquot 1952, dans le jardin de la rue Piat, en 59. Je me souviens quand Belleville était à gauche. Je me souviens quand, en bas de la rue des Envierges, rue des Couronnes, a commencé de s’élever cette carcasse en béton qu’on appelait le monstre, et qui a du coup bouché toute la vue. »


À l’occasion d’une interview accordée au Magazine littéraire (n° 111) en avril 1976, elle décrivit une partie entière de sa vie avant cette date comme une course de vitesse contre les agressions de l’urbanisme : vers 1957, expliqua-t-elle, elle eut en vue un petit atelier sur le boulevard Saint-Jacques (Paris 14e) qui lui plaisait bien en raison du marronnier l’ombrageant par devant. Elle adressa pour cela, en tant que sculptrice, une demande d’attribution à la Ville de Paris, qui la repoussa car la place espérée était touchée par un projet de démolition-reconstruction (déjà !). Par compensation, Paris lui proposa un local dans le grand ensemble moderne de Bagnolet tout à l’heure nommé Grands-Champs. Là, pour donner un soupçon d’air campagnard à la rue au seuil de sa porte, Christiane planta à plusieurs reprises une manière de gazon que, obstinément, les agents locaux de la voirie vinrent lui arracher à coups de pelle en son absence.

Heureuse de pouvoir fuir la modernité hurlante en s’installant dans un coin du vieux Belleville, la romancière vit cependant sa sérénité entamée au bout de quelques mois seulement par le spectacle des premières démolitions massives dans le bas de Ménilmontant, de loin annonciatrices de celles qui l’atteindraient en 1976. « Rattrapée par les bulldozers », se désola-t-elle face à la journaliste du Magazine.


Pour terminer, voici, de l’écrivaine battante, des phrases furieuses encore tirées de Ma vie… : « La fameuse maison de la villa Ottoz, aujourd’hui tas de gravats, où il n’y a même plus où mettre une plaque et pourtant il y en a des qui mériteraient des plaques qui ont défilé en ce lieu [9] (que ceux qui ont édicté et forfait sa destruction soient maudits, d’ailleurs la première chose qu’ils ont cassée en arrivant c’est une plaque, d’un poète qui avait vécu là, c’est dire […]. » Ce poète, que Christiane ne nomme pas, c’était le Jean Dolent plus haut présenté, un homme accablé par l’oubli ingrat des temps contre lequel une vieille amie à lui fidèle avait lutté et fini par imposer à la Ville, une quarantaine d’années après sa mort, l’accrochage d’un signe de mémoire à l’entrée de la villa Ottoz. Requiem.


Maxime Braquet



Toute utilisation en dehors du cadre privé ou scolaire doit faire l’objet d’une demande auprès de l’ association la Ville des Gens : info chez des-gens.net ou de M. Braquet : bramax2013 chez outlook.fr

Notes :

[1Dans un article ultérieur, nous retracerons l’histoire de la formation de ce hameau.

[2Marchands, artisans, petits fabricants, architectes, artistes, commis, fonctionnaires…, les résidents, propriétaires ou locataires, appartinrent de tout temps à ce que nous sommes convenus d’appeler les couches sociales moyennes. Le standing ni étriqué ni cossu des habitats de la villa correspondait à ce rang intermédiaire.

[3Selon les calepins du cadastre, aux Archives de Paris, il daterait de 1889.

[4Professionnellement très recherché, à l’aise dans des styles divers, ce musicien joua avec Sidney Bechet et s’intégra aux formations be-bop de Dizzy Gillepsie lors de leurs tournées européennes.

[5Il était quant à lui davantage reconnu, alors, par les acheteurs de tableaux. A son propos, le fils aîné de Pierre Alechinsky, Ivan (Alechine aujourd’hui), relate dans son livre Oldies (Editions Galilée, 2012) qu’il peignit un jour les silhouettes de Don Quichotte et de Sancho Pança sur le placard où il serrait ses affaires d’enfant. Rappelons, sans développer cette information dans le cadre présent, que Jorn fut avec un certain Guy Debord l’un des fondateurs de l’Internationale situationniste et, juste pour le plaisir chauvin, signalons que Debord a été un enfant de Belleville.

[6Georges Sadoul aussi, sûrement, surréaliste de pointe itou et familier d’Henri Langlois, ce dernier lui-même.

[7En 1962, Le Repos du guerrier avait déjà été porté à l’écran par Roger Vadim avec Brigitte Bardot pour vedette.

[8Plusieurs autres sites bellevillois ont été investis par l’équipe de François Truffaut : la villa Castel (rues du Transvaal), le passage de la Station-de-Ménilmontant (desservant l’ancienne gare de la Petite-Ceinture ; aujourd’hui fermé aux passants et envahi d’herbes sauvages), la rue de Savies et, surtout, la guinguette Chez Victor, sise au fond de l’impasse Compans, voie sacrifiée à la modernisation du quartier de la place des Fêtes au début des années 1980. Ils apparaissent tous dans le premier quart d’heure du film. Sur le tournage de Jules et Jim, on lira avec un grand plaisir les évocations qu’en fait Robert Bober dans son original et délicat roman On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux (éd. P.O.L., 2010). Cet écrivain mais aussi cinéaste (ou l’inverse) est l’auteur du moyen-métrage En remontant la rue Vilin (1992), chef-d’œuvre documentaire absolu qui reconstitue de façon presque magique l’artère réduite de nos jours à un moignon et qui sinuait auparavant longuement à deux coups d’aile de pigeon de la villa Ottoz.

[9Parmi ceux-là, Christiane Rochefort désigne le célèbre romancier et journaliste politique des années 1930 Paul Nizan. Nous ignorons sa source d’information. Pourquoi l’écrivaine inventerait-elle ? mais, à notre connaissance, aucun écrit biographique sur l’auteur de La Conspiration ne signale l’adresse de la villa Ottoz à son propos.

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Localisation : VILLA OTTOZ : dernières riches heures avant la disparition

43 Rue Piat

- Paris - 75020.

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Réactions
par La Connectrice - le : 24 janvier 2013

Villa OTTOZ

Bonjour Maxime,

Je vous remercie pour ce beau témoignage qui m’a permis d’identifier le lieu où j’avais rendu visite à Christiane Rochefort avec des amies féministes, dans les années 70.
Je ne savais pas trop où j’étais dans ce lieu singulier hors du temps et du tumulte. Je me souviens de vieilles pierres et d’arbres, d’un accès par une petite allée chaotique et d’une maison qui sentait la campagne et l’humidité.
L’entrée était encombrée de vêtements et de chaussures et nous devions franchir de courtes volées de marches pour aller d’une pièce à l’autre. Des chats se promenaient ça et là.
Je crois me souvenir que nous étions dans la soirée d’une journée d’hiver car les images qui m’en restent sont sombres et ténues.
Grâce à vous, je viens de reconstituer ce souvenir pittoresque et sympathique. Christiane Rochefort était une femme charmante et drôle.

Amicalement
LC

Répondre à La Connectrice

par Ivan Alechine - le : 25 janvier 2013

VILLA OTTOZ : dernières riches heures avant la disparition

… mon livre, OLDIES, paru aux éditions Galilée printemps 2012 --- … plusieurs chapitres consacrés au 43 rue Piat, à Christiane, à Quersin, aux COBRA , au Ballon Rouge & plus si affinités --- Ivan Alechine (Mexico)

Répondre à Ivan Alechine

le : 26 novembre 2013 par Maxime Braquet en réponse à Ivan Alechine

VILLA OTTOZ : dernières riches heures avant la disparition

Bonjour monsieur Ivan Alechine
J’ai lu votre bon et beau livre "Oldies" et je pense en inclure des citations dans une rédaction révisée de mon article.Une chose m’intrigue : dans votre narration des années à la villa Ottoz, vous dites que le logement de vos parents était au-dessous de celui de Christiane Rochefort (qui, vous me l’apprenez, avait pris la suite de Benoît Quersin) alors que l’écrivaine, dans ses propres mémoires, dit l’inverse. Plusieurs photos la montrent occupante du rez-de-chaussée.
Très honoré de prendre contact avec vous. J’aurais bien d’autres questions à vous poser sur la vie de la villa Ottoz et du quartier autour vers 1960 si je ne craignais de prendre trop de votre temps.
Maxime Braquet

par Catherine Baji - le : 26 août 2014

VILLA OTTOZ : dernières riches heures avant la disparition

Bonjour, je suis une ancienne occupante de la villa Ottoz, Enfants d’émigré hongrois établi dans un petit logement de la villa Ottoz, nous étions proche de la famille Alechinski et Ivan et Nicolas étaient nos compagnons de jeu, et j’ai le souvenir d’accéder au jardin de leur maison, l’appartement était il situé au même niveau, ça , je ne m’en souviens plus….Je vais lire le livre d’Ivan en tout cas.
Merci pour l’évocation de ces souvenirs d’une enfance heureuse et mes amitiés à tous les anciens de la villa Ottoz.

Répondre à Catherine Baji

par Catherine Baji - le : 26 août 2014

VILLA OTTOZ : dernières riches heures avant la disparition

oups l’orthograf !! pardon à Pierre Alechinsky et à Micky et leurs enfants

Répondre à Catherine Baji

par Ivan Alechine - le : 19 juin 2015

VILLA OTTOZ : dernières riches heures avant la disparition

un bonjour du Mexique à Catherine Baji !

Répondre à Ivan Alechine

par ivan alechine - le : 28 octobre 2018

VILLA OTTOZ : dernières riches heures avant la disparition

… cher Monsieur Maxime Braquet

je lis seulement maintenant votre réponse à mon courrier --- citant OLDIES , éditions Galilée --- … C’est curieux , je n’ai jamais écrit que nous vivions "en dessous " de chez Christiane … !
jamais ! au contraire… je vous assure !

A part ça… je publierai un carnet photographique en 2019 sur la rue Piat et Belleville 1968/1969/1973
aux editions Yellow Now, Liège Belgique --- je crois que le titre sera Le Mal de Belleville.

Amitiés I v a n A l e c h i n e

Répondre à ivan alechine

le : 30 octobre 2018 par inconnu en réponse à ivan alechine

VILLA OTTOZ : dernières riches heures avant la disparition

Cher monsieur Aléchine
J’aurais très sûrement lu de travers, c’est une pure coquille, il ne faut pas aller chercher plus loin. N’empêche, acceptez de m’excuser. Dans mon courrier de réponse de 2013, je vous disais aussi : "Très honoré de prendre contact avec vous. J’aurais bien d’autres questions à vous poser sur la vie de la villa Ottoz et du quartier autour vers 1960 si je ne craignais de prendre trop de votre temps."
Je ne comprends pas pourquoi , l’un et l’autre, nous n’avons pas donné de suite. Est-ce encore possible aujourd’hui de réparer le retard ? En tout cas, j’attends déjà avec impatience la sortie de votre carnet photographique.
Cordiales salutations,
Maxime Braquet

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