On n’y joue pas du violon Tout comme dans les salons Oui mais de l’accordéon C’est bien plus chouette
Dans cette chanson interprétée par Arletty et son inimitable accent parigot, ce n’est pas le quartier des abattoirs qui est évoqué (ils ne sont là que comme un coin du décor), mais celui des bistrots et des « garnots », c’est-à-dire les hôtels de passe. L’histoire racontée est très simple, et, chose rare dans ce genre de chanson, se termine bien.

- Arletty
- Photo extraite du livre de Roger Manuell : "Love Goddesses of the Movies".D.R.
Je vais tout près de Pantin
Chez les purotins
Parmi les catins
Et le pur gratin
Des pierreuses
Près des abattoirs où l’on voit le soir
Le long des trottoirs
Surgir des coins noirs
Les rôdeuses
C’est la clé de l’humour
Et c’est pas du four
Suis d’un seul amour
Et je serai toujours
Une pauvre gueuse
Et c’est là qu’on peut
Par un soir de mai
Donner ce que l’on fait
Ne jamais retrouver
Dans le quartier
La Villette, La Villette
C’est le coin des garnots
Y a pas d’aristos
Des guinguettes, des musettes
Et des petits bistrots
Où l’on boit du gros
On n’y joue pas du violon
Tout comme dans les salons
Oui mais de l’accordéon
C’est bien plus chouette
Et on y danse la java
Bien serré dans les bras
D’un petit homme bien à soi
A la Villette
C’est aux Buttes-Chaumont
Par un soir,
tout blond,
Sur le petit pont
J’ai rencontré mon vrai
petit homme
Dès le premier regard j’ai senti son char
Comme un coup de poignard
Et mon cœur sans le char
A la gomme
Lui qui a senti le coup
Il s’est fait très beau
Et m’a dit dans le cou
Qu’il semblait du goût
Pour ma pomme
J’ai pas su refuser
Et l’on s’est marié
Sans maire, ni curé
Et sans inviter tout le quartier
La Villette, La Villette
C’est le coin des garnots
Y a pas d’aristos
Des guinguettes, des musettes
Et des petits bistrots
Où l’on boit du gros
