Exposition collective

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« du NOIR au BLANC »

Le cabinet d’amateur présente les travaux en noir et blanc de six artistes urbains. Noir sur blanc, noir au blanc, ton sur ton et toutes les nuances de gris…


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Philippe Hérard, peintre en l’être

Confiné dans son appartelier, attelé à la redoutable tâche de traduire l’inconfort de l’homo modernus, faisant sienne(s) les couleurs de notre bonne vieille palette terre : ocre, brique, marron brun, vert, sable orangé… Philippe Hérard est un artiste rare.

Ses « gugusses » comme il les nomme, anonymes, aux fêlures invisibles, aux postures improbables, sur une chaise bancale, une échelle de guingois, une mappemonde instable, couverte de journaux narrant le drame qui l’habite ou se débattant avec une bouée de sauvetage, à la recherche d’un équilibre, d’une place dans le monde… ce sont nos frères, nos cousins… nous ?
 
C’est avec une grande motivation et une force de travail impressionnante que Philippe Hérard a mis en œuvre son retour en galerie en novembre. Son appétence de créativité, ses instants de bonheur rejaillissent sur des œuvres toutes nouvelles et apprêtées pour une première sortie spectaculaire et ludique. Fraîcheur et enthousiasme, innovation et fidélité seront au rendez-vous, de quoi conforter les afficionados et faire entrer dans la ronde de nouveaux adeptes.
 
Philippe Hérard, peintre en l’être
Par Jean-Luc Hinsinger
 
Pour en savoir plus :


Charles Leval, dit Levalet

Né en 1988 à Epinal, il grandit en Guadeloupe, région où il entre au contact de la culture urbaine, puis des arts plastiques. Il poursuit ses études d’arts visuels à Strasbourg ; son travail, alors davantage tourné vers la vidéo, se nourrit d’une pratique théâtrale assidue. Il obtient l’agrégation en 2012, année où son travail commence à prendre place dans les rues de Paris. Il a depuis participé à de nombreuses expositions dont plusieurs Solo shows, et participé à quelques rencontres internationales.

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L’œuvre de Levalet est avant tout un travail de dessin et d’installation. Il met en scène ses personnages dessinés à l’encre de chine dans l’espace public, dans un jeu de dialogue visuel et sémantique avec l’environnement présent. Les personnages interagissent avec l’architecture et se déploient dans des situations frôlant souvent l’absurde.
 


Lyyst

Les travaux de Lyyst portent sur l’accumulation, la colonisation du support de l’oeuvre par une infinité de formes de gabarit régulier. Ces figures aux contours arrondis, pourtant abstraites, permettent de créer une obscure matière organique qui s’adapte à son environnement.

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Cette matière pourtant faite en ligne claire et avec peu de volume semble être en mouvement et vibrer à la manière d’une oeuvre cinétique. Ces travaux traitent de la nature même de la courbure, celle que l’on retrouve dans la faune, la flore ou toute matière organique. C’est une proposition de contraste entre l’infiniment petit des formes uniques et un tout solide formé par l’ensemble de l’accumulation.
 
Les formes que je produis ne sont pas tant des corps organiques que des compositions abstraites de succession de courbes parfaites. Ces courbes sont l’essence même d’un mouvement naturel. Le trait est équivalent sur tout son trajet, pas de points ni d’intersections futiles. D’épaisseur idéalement identique, il demande règles et contraintes pour s’exprimer en tant qu’idéal. Ne pas se croiser, ne pas forcer la courbe, ne pas sortir de l’univers, ne pas se longer. Une courbe, selon son ampleur, nécessite un temps défini par elle-même avant de pouvoir changer de sens. Les formes se composent seules. La courbe donne vie à la forme, un être qui existe juste en étant structurellement clos.
Des corps se génèrent, respectent l’inattendu, s’adaptent à mes règles et à la surface, se multiplient. L’expansion de clones d’une forme basique sature l’œuvre de choix. Le spectateur se retrouve face à cet amoncellement de corps sans aucune consistance ni réalité et s’y retrouve. Par son imagination, les traits aériens délicatement glissés sur le papier se transforment en des corps anthropomorphiques.
 
Pour en savoir plus : Interview de Lyyst


Saint-Oma

Saint-Oma aka Thomas Durcudoy est né 1973. Issu des Beaux-arts, Saint-Oma est un dessinateur d’idées. Il pratique tout autant le dessin que la peinture sur toile. Un des aboutissements de ses travaux est le collage sur les murs de Paris.

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Parallèlement à son travail à la bibliothèque des lettres de l’ENS et son travail d’animateur 2D en freelance, il remplit inlassablement ses carnets de dessins pertinents et empreints d’actualité. Il se joue des expressions, des jeux de mots et des métaphores. Il a été représenté par la galerie Agnès B. au salon Drawing Now 2014 à Paris.
 
Les dessins en noir et blanc de Saint-Oma donnent une priorité à la narration par l’image. Le fil conducteur est une réflexion noire et amusée, une observation tragi-comique de notre condition. La société et ses travers, le rapport à soi et le rapport aux autres en sont le socle, faisant écho à notre manque de distance, à nos limitations, au dépassement, à la lutte, à l’éternelle retour, à l’asservissement, au rapport victime/bourreau, à nos croyances et nos dépendances…
 
J.-L. Hinsinger


Tetar Max

En ce XXIe siècle envisagé comme spirituel, Tetar Max choisit le chuchotement des signes pour conter l’histoire des civilisations… une aventure commencée il y a quelques millénaires…

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Du fin fond des âges, la mythologie et les sagas des dieux nous apprennent que ceux-ci chargèrent l’homme, « leur serviteur », de transmettre la bonne parole de par le monde en devenant « leur messager ». Quelque tablette d’argile rehaussée de pictogrammes comblera dans un premier temps leur ambition.
 
C’est donc à une balade improvisée et intemporelle que Tetar nous convie par ses fresques murales, naviguant des écritures ancestrales aux glyphes et graphismes contemporains.
 
Cette croisière spatio-temporelle multiplie les escales. Pour n’en citer que quelques-unes : la Mésopotamie et ses logogrammes cunéiformes, l’Egypte et ses figuratives hiéroglyphes, en passant par la Scandinavie et la magie des caractères runiques, ou l’Australie et les rêves chamaniques aborigènes et encore le Brésil, plus particulièrement São Paulo et ses favelistiques pixadores…
 
Tout voyage est propice à de fortuites rencontres avec de sympathiques et novateurs compagnons, parmi lesquels l’activiste américain Keith Haring et ses « picture stories », l’iconoclaste Ernest T. et ses archives « chapelières » du Voinic (faisant écho à un mystérieux et indéchiffrable manuscrit du XVe siècle), l’infatigable maître du temps Roman Opalka ou encore l’historique nouveau-réaliste Jacques Villeglé et son « alphabet politique ».
 
De cette surnaturelle aventure, Tetar Max engendre une alfabetic fantasy où passé et futur déboussolés trouvent un langoureux refuge dans le présent.


David Veroone

David Veroone est né en 1984, il vit et travaille à Lille. Passionné par la typographie et la calligraphie, il étudie la technique à l’institut St Luc de Tournai. Il crée des glyphes et invente des polices de caractères.

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Parallèlement à ses études, il découvre le graffiti (plus particulièrement le tag) et s’imprègne de la force et la spontanéité de cet univers. Pas de pseudonyme, pas de conquête de notoriété, seulement une recherche du « geste parfait » comme en calligraphie. Il utilise alors des textes, souvent sans ponctuation ou l’écriture automatique.
 
Son univers pictural évolue alors vers un style brut où le mouvement du pinceau dicte spontanément la forme définitive de chaque lettre. La surface blanche laissée non-peinte participe à l’équilibre de l’œuvre elle-même et crée un effet de profondeur.
 
Il utilise alors la découpe (le papercut) pour accentuer cet aspect. Le blanc de la feuille est subtilisé, et la calligraphie se trouve mise à nu, projetant son profil en ombres portées. En superposant ses papercuts, il crée un parallèle avec les murs sans cesse repeints par les graffitis, et nous les présente comme des strates.


« du NOIR au BLANC »

Exposition collective

Du jeudi 14 au dimanche 31 janvier 2016

Vernissage le jeudi 14 janvier à partir de 18h

Le Cabinet d’Amateur - 12 rue de la Forge Royale - 75011 Paris - Métro Faidherbe-Chaligny / Ledru-Rollin

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